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Economie

Enseignement à distance: «Une expérience humaine hors du commun»

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5741 Le 15/04/2020 | Partager
Le ministère de l'Education a veillé à assurer la continuité pédagogique
La plateforme Telmidtice accueille plus de 600.000 utili­sateurs quotidiens
2.600 cours enregistrés et diffusés sur les chaînes nationales

Près d’un mois après le démarrage de l’enseignement à distance, c’est l’heure de dresser le bilan. Le ministre de l’Educa­tion nationale estime avoir vécu une expérience humaine hors du commun.

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Pour le ministre de l'Education nationale, Saaid Amzazi, «les enseignants, les inspecteurs, responsables pédagogiques et administratifs, ainsi que les cadres du ministère, ont répondu avec un volontarisme hors pair à ce défi qui devait être relevé dans la plus grande urgence» (Ph. Bziouat)

«J’ai été aux premières loges pour assister à une mobilisa­tion véritablement exemplaire de tous les acteurs de notre système éducatif. Ils ont tous répondu à l’appel et étaient à pied d’oeuvre dès le lendemain de l’annonce de la suspension des cours afin d’as­surer coûte que coûte la continuité pédagogique des enseignements dès le lundi 16 mars», souligne Saaid Amzazi.

Pour lui, les enseignants, les inspecteurs, responsables péda­gogiques et administratifs, ainsi que les cadres du ministère, ont répondu avec un volontarisme hors pair à ce défi qui devait être relevé dans la plus grande urgence. En tout cas, en matière de e-learning, le ministère a augmenté le nombre de ressources pédagogiques numériques produites qui est passé de 600 à 3.000 dans un délai d’un mois. Ces moyens ont aussitôt été mis à disposition des élèves sur la plateforme Telmidtice, qui accueille aujourd’hui plus de 600.000 utilisateurs quotidiens.

De même, le ministère a enregistré plus de 2.600 cours qui sont diffusés sur les chaînes nationales (Athaqafia, Laayoune et Amazighia), à raison de 56 par jour. Parallèlement, plus de 700.000 classes virtuelles ont été créées en recourant aux outils infor­matiques Massar et Teams, afin de  permettre aux enseignants de dis­penser leurs matières en direct avec leurs classes respectives, approchant ainsi les 100% de couverture. Tou­tefois, seuls 100.000 enseignants utilisent ces techniques. Les autres leur préfèrent des outils comme les groupes Whatsapp ou Facebook.

Le ministre est toutefois lucide. Pour lui, l’enseignement à distance, mis en place dans l’urgence et en réponse à une situation de crise pan­démique, «ne peut être parfait. Il ne pourra pas remplacer l’enseigne­ment en présentiel. Nous sommes tout à fait conscients qu’il reste malheureusement des catégories d’élèves, surtout en milieu rural, qui n’ont pas d’accès à internet ou qui ne disposent pas d’outil infor­matique».

Il note toutefois «des ini­tiatives régionales très louables» de distribution de tablettes à cette catégorie d’élèves. C’est le cas des conseils provinciaux d’Assa-Zag, de Tan Tan, de Sidi Ifni, et du conseil régional de Dakhla Oued Eddahab.

Par ailleurs, le ministre est sen­sible à l’importance des moyens d’interaction avec les parents d’élèves pour évaluer le système d’enseignement à distance. Dans cette opération, «le rôle des parents est une question fondamentale, qui détermine directement l’efficacité de tout ce qui a été mis en place».

Le ministère a cherché à sensibi­liser de façon soutenue les élèves, les étudiants, surtout les familles: «l’arrêt des cours en présentiel ne signifiait pas le début d’une pé­riode de vacances. Les enseigne­ments continuaient à distance, via internet et par retransmission télé­visée».

Là, le ministre introduit une nuance. Dans le cas des élèves du primaire et du collège, qui ne sont pas encore totalement autonomes, les parents doivent veiller au main­tien du rythme de travail de leurs enfants. Il ne fallait pas qu’il n’y ait d’interruption dans leur proces­sus d’apprentissage.

«Nous avons toutefois invité les parents à faire de cette continuité pédagogique à la maison un moment de plaisir et d’échanges agréables et fructueux avec leurs enfants. Il s’agit de veil­ler à une bonne organisation de la journée entre travail, divertisse­ment et repos ou autres activités extrascolaires», note Saaid Amzazi. L’idée est de ne pas surcharger les enfants de travail et ne pas dépasser plus de 5 h d’études par jour.

Partenariat avec l’OCP

Le ministre rappelle la mise en place, en partenariat avec l’OCP, d’un numéro vert pour recueillir les interrogations des parents. Ce numéro reçoit plus de 1.000 appels par jour, qui expriment notamment une inquiétude généralisée concernant le déroulement des examens. «Ces échanges nous permettent également de prendre en compte les réclamations les plus récurrentes pour améliorer notre système d’enseignement à distance», indique Saaid Amzazi.

                                                                                             

«Aucun élève ne doit être exclu pour non-paiement des frais de scolarité»

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Saaid Amzazi n’élude aucune question. Il donne un avis nuancé sur les écoles privées qui exigent des parents d’élèves le paiement des frais de scolarité alors que l’enseignement est suspendu. Selon lui, l’objectif de l’enseignement à distance mis en place est avant tout la continuité pédagogique.

Celle-ci sous-entend la continuité des apprentissages de la part des élèves, mais aussi l’action des enseignants qui doivent persister à dispenser leurs cours et à suivre le travail de leurs élèves, via des devoirs. Certains établissements ont mis en place des actions véri­tablement exemplaires en ce sens. D’autant plus que 92.000 classes virtuelles ont été créées dans ce but par le ministère via Massar-Teams au niveau du système privé.

«Du moment qu’un établissement as­sure cette continuité pédagogique dans des conditions satisfaisantes et au quotidien, j’estime qu’il a rempli son rôle. Car, les parents ne payent pas pour la présence de leurs enfants au sein de l’école mais pour l’instruction qu’ils reçoivent», dit-il.

Toutefois, dans le contexte de crise pandémique et au regard de la multitude de répercussions sociales, il relève l’exemplarité de nombre d’établissements. Certains ont différé les paiements des frais de scolarité, en les réduisant pour les familles dont les revenus ont été affectés. D’autres les ont supprimés pour les familles en grandes diffi­cultés, confrontées notamment à la perte d’emploi du chef de famille.

En outre, les frais de cantines ont été remboursés et ceux du transport scolaire ont été réduits, précise-t-il. Cependant, il rappelle que nombre d’établissements privés sont des TPE, qui sont dans l’obligation de continuer à payer leurs personnels. «Nous devons tout faire pour que celles-ci ne soient pas non plus réduites à faire faillite», lâche-t-il.

Face aux quelques cas de menaces de certains établissements scolaires, relatives au paiement des frais de scolarité, le ministre a donné des consignes fermes aux différentes Académies régionales pour jouer le rôle d’intermédiaires entre les établissements privés et les parents d’élèves. «L’objectif est clair: qu’aucun élève ne soit exclu pour cause de non-paiement des frais de scolarité», dit-il.

M.C.

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