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Industrie de la peinture: Jetons, un surcoût de 40%!

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5718 Le 13/03/2020 | Partager
Les bons de réduction aux peintres représentent 400 millions de DH
Le diagnostic que le Conseil s’apprête à rendre public

Sollicité par un opérateur, le Conseil de la concurrence s’apprête à rendre un avis sur les jetons de peinture. Le régulateur estime qu’il y a quatre principales préoccupations de concurrence affectant le marché de la peinture.

«Le jeton constitue une barrière à l’accès au marché», indique le Conseil. Sans cet intéressement des peintres, un fabricant ne peut opérer dans le secteur. De par les auditions des opérateurs, la production de la peinture ne nécessite pas beaucoup de moyens.

Toutefois, tout investisseur potentiel doit intégrer dans son étude de faisabilité le principe du jeton comme système d’incentive pour les peintres qui sont devenus des prescripteurs et les distributeurs qui jouent le rôle d’intermédiaires avec les fabricants. Par conséquent, ces jetons sont devenus «un élément déterminant pour recruter les peintres et les drogueries, qui assurent la distribution de près de 80% de la production de peinture de bâtiment».

Les professionnels estiment la production de peinture à environ 300.000 tonnes par an, dont 85% est destiné au bâtiment, le reste à l’industrie et à la carrosserie automobile. Le fait de ne pas proposer de jetons a pour conséquence inéluctable d’évincer les opérateurs.

Lorsqu’un client achète de la peinture, il est rare qu’il sache qu’un jeton glissé dans le seau contribue à gonfler le prix. Un surcoût qu’il doit supporter sans en profiter et qui s’ajoute à la rémunération versée au peintre qui récupère le jeton. D’après les estimations du Conseil de la concurrence, à cause du jeton, le consommateur supporte un surcoût de 20 à 40% du prix normal.

Selon les conclusions du Conseil, la pratique du jeton représente également «un obstacle pour la formation des prix de la peinture par le libre jeu du marché. Par conséquent, elle fausse la compétition». En effet, la valeur du jeton, qui est passée de 2 à 5% du prix de la peinture, atteint maintenant 40%, soit environ 100 DH. C’est une «valeur anormalement élevée».

Le montant ne cesse d’augmenter car dès qu’un opérateur procède à une revalorisation, il est suivi aussitôt par la concurrence. Certains vont même jusqu’à offrir des jetons supplémentaires aux peintres. Le montant de l’intéressement peut parfois atteindre 280 DH par seau de peinture au lieu de 100.

Une remise de 25% peut également être accordée aux distributeurs. «Le prix de la peinture du bâtiment ne reflète plus la vraie valeur du produit» vu qu’il n’est pas déterminé uniquement par la loi de l’offre et de la demande, mais intègre la valeur du jeton. Le marché n’est donc pas concurrentiel.

Forte concentration

Le secteur de la peinture est fortement concentré. En effet, sur près de 90 sociétés, une dizaine de fabricants trustent 90% du marché. Les autres entités opèrent au niveau local. Estimée à 10%, cette part de marché n’a pas évolué au cours de ces cinq dernières années dans la mesure où la pratique favorise en premier lieu les grandes sociétés.
Ces structures s’appuient également sur «un réseau de distribution “très dense”, constitué et fidélisé au cours de ces dernières années», de 12.000 drogueries et de 20.000 peintres. Par ailleurs, un seul opérateur est leader du marché, «suivi de loin par un deuxième concurrent». Du coup, le Conseil de la concurrence considère que «la pratique du jeton a affecté le fonctionnement du marché de la peinture de bâtiment, en renforçant la puissance des groupes leaders déjà installés et en désavantageant les petits producteurs qui n’ont ni les moyens, ni la capacité financière ni le réseau de distribution des grandes sociétés».

Hassan EL ARIF

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