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Industrie de la peinture: Le glas de la guerre des jetons

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5718 Le 13/03/2020 | Partager
Les fabricants convoqués, ce vendredi 13 mars, par le Conseil de la concurrence
Au menu, le plan d’action pour en finir avec cette pratique

La guerre commerciale par jetons de peinture connaîtra-t-elle enfin son dénouement aujourd’hui? Les professionnels retiennent leur souffle: la plupart des industriels devraient participer, vendredi 13 mars, à une réunion sous l’égide du Conseil de la concurrence, consacrée à la question des jetons.

Le gendarme de la concurrence avait reçu une plainte, en mars 2019, de la part d’une entreprise qui considérait qu’un fabricant «aurait exploité abusivement sa position dominante par le biais de la pratique des jetons». Le Conseil de la concurrence a arrêté un plan d’action pour en finir avec ce phénomène.

Selon nos informations, les fabricants de peinture devront signer aujourd’hui un engagement pour arrêter de proposer des jetons. Pour les pots de peinture déjà dans le circuit commercial, le Conseil décrétera que les jetons n’ont plus aucune valeur dans un délai qui reste à fixer, un à deux mois.

La mesure évitera de procéder au retrait de milliers de jetons. Les fabricants devront rembourser leurs distributeurs à hauteur de la valeur du jeton, comprise dans le prix global du pot de peinture. Un cabinet d’audit sera désigné par le Conseil de la concurrence pour assurer le suivi de toute cette opération.

Financé par les opérateurs eux-mêmes, il sera également chargé de constater les manquements. La question est de savoir combien d’entre eux assisteront à la réunion d’aujourd’hui, et combien d’entre eux signeront l’engagement de mettre un terme à la pratique du jeton (cf. L’Economiste n°3947 du 14/01/2013).

Mais à l’inverse de la première saisine qui remonte à 2010, le Conseil de la concurrence n’est plus qu’un organisme consultatif. Il dispose d’un pouvoir de sanction. Par conséquent, tous les fabricants seront obligés de se plier à sa décision. Le principe consiste à introduire un jeton à l’intérieur d’un seau de peinture que le peintre peut échanger contre une commission pouvant atteindre jusqu’à 40% du prix du produit contre 2 à 5% au début de la pratique.

Du coup, les peintures s’orientent évidemment vers le plus offrant. Motivés par la valeur du jeton, ces derniers ont ravi aux distributeurs le rôle de prescripteur. «Le montant de la commission constitue le principal critère de choix des peintres», déclare un professionnel. Ce qui est à l’origine de dérives pénalisantes pour le consommateur final.

Ainsi, certains peintres achètent parfois plus de peinture qu’il n’en faut pour un bâtiment. Le reste étant soit utilisé pour une couche supplémentaire, soit délibérément coulé dans les toilettes ou encore discrètement récupéré. L’objectif étant de ne pas laisser de traces.

«Les producteurs de peinture ont perdu des années à se livrer bataille sur les jetons qui n’existent nulle part dans le monde au lieu de se consacrer à la mise à niveau, à l’innovation, à la labellisation, à la recherche de marchés extérieurs…», regrette un petit fabricant.

Le consommateur, principale victime

La pratique du jeton fausse le jeu de la libre concurrence même entre les peintres. Les plus professionnels, qui exigent une rémunération conséquente, sont lésés par ceux qui proposent des tarifs bas pour se rattraper via les jetons. Dans ce deal, le consommateur final a l’impression d’avoir fait une bonne affaire parce que le peintre a proposé un prix intéressant, mais ne sait pas qu’il a été victime d’une escroquerie puisque le peintre lui a fait acheter une peinture plus chère ou ne correspondant pas tout à fait à ses besoins.
Pour maquiller cette pratique, certains peintres proposent des tarifs forfaitaires. L’écrasante majorité des fabricants offrent des jetons pour ne pas être évincés du marché.

Hassan EL ARIF

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