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Analyse

Chômage: La malédiction des diplômés

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5704 Le 24/02/2020 | Partager
15,7% d’entre eux à la recherche d’un emploi contre 3,1% pour les non qualifiés
Les lauréats des facultés et de la formation professionnelle dépassent les 20%

Plus on est formé, moins on a de chances de trouver du travail? C’est l’image que renvoient les chiffres du Haut commissariat au plan: le taux de chômage des personnes sans qualification est à 3,1% contre 15,7% pour les diplômés. Il est de 12,4% parmi les personnes qui détiennent un diplôme moyen et atteint des sommets chez les diplômés du supérieur: 21,6% dépassant ainsi le niveau national de 12,4 points!

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Le taux de chômage atteint 24,9% parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans contre 7% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus. Ce taux est respectivement de 39,2% et 9,9% en milieu urbain

Chez les diplômés des facultés, la situation est encore plus grave: 23,6% de personnes sont sans emploi. La même tendance est observée auprès des diplômes de techniciens et cadres moyens: 23,9% n’arrivent pas à trouver du travail. Les certificats en spécialisation professionnelle ne sont pas mieux lotis: 20,9%. Les lauréats de la formation professionnelle restent aussi sur des taux de chômage important:  22% cherchent sans trouver de travail.

La situation que vivent les diplômés semble assez par(adoxale dans un pays qui survalorise le diplôme. Mais le fait que le chômage des diplômés soit plus élevé que celui des non-diplômés pourrait en partie s’expliquer par les taux d’activité. Les diplômés sont à un taux d’activité de 46,8% contre 45% pour les non diplômés. Cela veut dire qu’ils cherchent plus activement du travail.

L’économie a également du mal à offrir assez d’opportunités. Ce qui renvoie à la lente  transformation structurelle, laquelle ne permet pas d’accompagner la croissance rapide des flux de diplômés comme cela est souvent relevé par les institutions internationales.  Et ce, malgré les réussites réalisées dans certains secteurs d’activités comme l’automobile par exemple.

Le chômage reste un phénomène urbain: 8 chômeurs sur 10 résident dans les villes. En 2019, le profil des chômeurs n’a pas connu de grands changements  comparativement aux années précédentes. Le phénomène touche les femmes tout autant que les jeunes et les diplômés. 80,3% des personnes à la recherche d’un emploi sont âgés de 15 à 34 ans! Et 40,8% sont détenteurs d’un diplôme du supérieur!

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70% des jeunes, des femmes et des diplômés sont à la recherche d’un emploi depuis plus d’une année

La population active au chômage se caractérise aussi par le nombre important de primo-demandeurs: 57,2%. A ce niveau aussi, la proportion des femmes est plus importante: près de 7 femmes sur 10 sont à la recherche de leur premier poste de travail. Ces primo demandeurs vivent dans les villes (85,2%) et plus 9 sur 10 sont âgés de 15 à 34 ans  et détiennent un diplôme. 

Les trois quarts de cette population sont concentrés dans 5 régions:  Casablanca-Settat avec 21%, Rabat-Salé-Kénitra (18%), Fès-Meknès (12,9%), Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (12,4%) et Marrakech-Safi (8,7%).

Le marché du travail se caractérise aussi par un chômage persistant, celui de longue durée. Il concerne les deux tiers des demandeurs d’emploi. Là aussi les femmes sont plus touchées que les hommes: 75,9% pour les premières contre  63,5% pour les seconds.

Le chômage de longue durée est plus important auprès des jeunes de 15 à 34 ans (71,1%) que dans la catégorie de plus de 35 ans. Il est également prédominant auprès des détenteurs d’un diplôme supérieur: 78% contre 67,5% pour les personnes qui ont un diplôme moyen. Or lorsque la durée du chômage augmente, la probabilité d’en sortir diminue.

Beaucoup de facteurs expliquent l’ampleur du chômage de longue durée. C’est le cas notamment du faible contenu de la croissance en emplois, l’inadéquation de la formation et de la demande sur le marché du travail ainsi que la méconnaissance du marché par les jeunes.

K. M.

 

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