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    Economie

    Projet de dessalement d’eau: Coup d’envoi royal du réseau d’irrigation

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5698 Le 14/02/2020 | Partager
    290 km pour la sauvegarde de la plaine de Chtouka
    15.000 ha et 2.500 agriculteurs bénéficiaires

    Le projet de dessalement d’eau de mer entame sa phase finale. Prévue pour juillet 2021, sa mise en service sera probablement effective à cette date. En témoigne, le lancement jeudi 13 février par le Souverain du chantier de construction du réseau d’irrigation. A la hauteur du gigantisme du projet, ce réseau devrait s’étendre sur 290 km, à partir d’un conducteur principal, depuis l’usine de dessalement, de 18 km.

    Pour le moment, le projet enregistre un taux d’avancement de 65%, signale une source proche du dossier. Et tout porte à croire qu’il sera livré dans les délais. L’enjeu est en effet de taille. Il s’agit de sécuriser l’alimentation en eau potable du grand Agadir et l’irrigation de la zone de Chtouka Aït Baha par l’apport de l’eau dessalée en substitution aux prélèvements sur la nappe phréatique.

    Cette dernière accuse annuellement un déficit de 90 millions de m3 contre 60 millions entre 2000 et 2014 et à peine 25,4 millions de m3 vers les années 1970. L’objectif est d’éviter le scénario d’El Oualidia où la salinité des eaux avait atteint des niveaux alarmants.  Au démarrage, la capacité serait de 275.000 m3/jour dont 125.000 pour l’irrigation et 150.000 m3/jour d’eau potable.

    Le contrat passé avec le concessionnaire (l’entreprise espagnole Abengoa) prévoit la possibilité d’élargissement de la capacité de production jusqu’à 400.000 m3/jour et la construction du réseau d’irrigation correspondant pour une superficie de 15.000 ha. L’option de fonctionnement à partir d’énergie propre y est également présente. (Voir carte ci-contre).

    projet-de-dessalement-deau-098.jpg

    Ce projet d’envergure, le premier du genre, est né de la prise de conscience de l’ensemble des acteurs (politiques, économiques et professionnels), de la baisse alarmante de la disponibilité des ressources en eau dans la région d’Agadir.

    Une région qui assure 70% des exportations de fruits et légumes et l’approvisionnement à hauteur de 80% du marché intérieur pour ces mêmes produits. Il se situe dans la plaine de Chtouka Aït Baha, à une trentaine de kilomètres au sud d’Agadir et à l’est du Parc national du Souss-Massa.

    Selon nos informations, l’idée du projet trouve son origine dans l’étude de préfaisabilité, réalisée par le ministère de l’Agriculture avec le soutien de la FAO et finalisée par celle élaborée par l’Agence du bassin hydraulique du Souss-Massa.

    Ces études ont mis en évidence le fait que le projet d’irrigation dans la zone de Chtouka à partir d’une ressource en eau non conventionnelle, l’eau de mer dessalée, en l’occurrence est indispensable en parallèle à des mesures de contrôle des prélèvements sur la nappe.

    Cette nouvelle ressource vient en substitution partielle ou totale de l’eau prélevée dans la nappe et en complément de celle du barrage Youssef Ben Tachfine pour les exploitations du périmètre public du Souss-Massa.

    Avec une capacité à moyen terme de 400.000 m3/jour, la future usine de dessalement d’eau de mer d’Agadir, s’érige en premier projet d’envergure dans le monde. Elle aura pour rôle également de sauvegarder l’aquifère et parer aux  risques environnementaux majeurs de la zone, particulièrement celle du Parc national Souss Massa. Sans oublier l’impact positif sur les cultures d’exportation.

    Ciblant une superficie totale de 15.000 hectares, l’usine de dessalement et de prise d’eau en mer s’étalera sur une surface de 20 hectares au nord de la localité de Douira. Grâce à la technologie de dessalement dite Osmose inverse, l’usine s’appuiera sur des infrastructures de pointe.

    Il s’agit, notamment d’un réservoir d’eau d’irrigation de 42.480m3, un autre pour l’eau potable de 35.000m3 et cinq stations de pompage. A cette infrastructure s’ajoutent, comme signalé, un adducteur principal et un dense réseau d’irrigation.

    Les partenaires en présence

    Le complexe de dessalement d’eau de mer est le fruit d’un partenariat porté par le ministère de l’Agriculture, de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), et des opérateurs privés. Son coût est estimé à près de 4 milliards de DH. L’investissement est réparti entre l’Etat (Agriculture et ONEE), le bailleur de fonds, le groupe bancaire BMCE Bank Of Africa (1,5 milliard de DH) ainsi que le consortium espagnol Abengoa (25 millions de DH). Avec une mise en service prévue en juillet 2021, le projet devrait générer quelque 627 emplois.
    Pour le moment, la région est alimentée à raison de 80% par les ressources superficielles des barrages de Moulay Abdellah et d’Abdelmoumen et pour le reste par la nappe phréatique. C’est donc une alternative salvatrice pour faire face au stress hydrique que connaît la région. Et cerise sur le gâteau, il fonctionnera à l’énergie éolienne. Les délais de réalisation sont estimés à 32 mois pour l’unité de dessalement et 36 pour le réseau d’irrigation. La gestion et la maintenance de l’usine seront assurées par Abengoa pendant 27 ans.

    A.G

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