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    Politique

    PAM: Le grand chaos du 4e Congrès

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5694 Le 10/02/2020 | Partager
    Pagaille, pugilat, bousculades, manque d’organisation…
    Une première mi-temps dans la douleur
    A l’heure où nous mettions sous presse, les congressistes procédaient encore à l’élection des membres du Conseil national

    L’avenir du PAM continuera-t-il à s’écrire à reculons?

    A l’issue des premières journées du 4e Congrès  qui se sont déroulées du 7 au 9 février à El Jadida, il est permis de le penser. 

    Dès le matin de vendredi dernier, premier jour du congrès, les prémices d’un manque flagrant d’une bonne organisation étaient visibles. A l’entrée du Parc d’exposition, des vigiles  soumettaient bien  les congressistes à un contrôle rigoureux et à une fouille systématique leur réclamant invitations et cartes d’adhérents. Normal, pourrait-on dire, d’autant plus qu’ils sont près de 3.500 à avoir été conviés à ce congrès. Mais, ce n’était pas du goût de tout le monde surtout que beaucoup se sont vu refuser l’accès malgré leurs invitations parce que, leur a-t-on dit, leurs noms « ne figurent pas sur les listes» fournies aux vigiles.

    Premiers couacs donc dans l’organisation. Des groupes de dizaines de personnes contestant cette situation ont commencé alors à se former sur les aires des parkings intérieurs et auxquels sont venus s’ajouter d’autres qui manifestaient contre leurs «conditions d’hébergement et de transport». Et c’est là où la situation a dégénéré.

    En effet, plusieurs congressistes ont été violentés et tabassés par les agents de sécurité. Certains ont été évacués vers l’hôpital par la Protection civile dont une femme qui a été blessée à l’œil. L’ouverture du congrès a finalement pu se faire en début de soirée. Mais, le pire allait venir.

    En effet, de violentes empoignades ont obligé le secrétaire général, Hakim Benchamach, à quitter la salle sous l’escorte des agents de sécurité. Ce fut également le cas pour des diplomates, invités étrangers et représentants des partis politiques marocains.

    Les partisans des deux courants, celui dit de «la légitimité» dirigé par Benchamach et celui de «l’avenir» mené par Samir Goudar président du Comité préparatoire du congrès, Fatima Ezzahra Mansouri, présidente sortante du Conseil national et Abdellatif Ouahbi, candidat à la succession de Benchamach.

    Dès sa prise de parole, Goudar a été pris à partie par des dizaines de partisans de Benchamach appelant à son départ. Les amis de Goudar n’étaient pas en reste. Le podium a ensuite été pris d’assaut obligeant plusieurs dirigeants à quitter les lieux sous bonne escorte. Des congressistes ont été blessés et évacués sur les civières de la protection civile.

    Après des heures d’interruption, le congrès a pu reprendre ses travaux suite à une réunion entre des dirigeants des deux courants qui se disputent le leadership du parti depuis plus d’un an. «J’appelle au calme et à la discipline s’il y a encore un minimum de respect entre nous», a lancé, pathétique, Benchamach dans son discours d’ouverture.

    «Nous sommes des frères, nous avons partagé beaucoup de bonnes choses. Avez-vous oublié nos traditions marocaines?… vous nous avez donnés en spectacle pour nos ennemis», a-t-il ajouté. Il a ensuite invité les congressistes à se comporter «de manière civilisée et à achever les travaux du congrès ».

    Le même appel a été également lancé par Mohammed Al Hamouti, l’un des leaders du courant de «l’avenir». Les partisans du camp Ouahbi ont gagné la bataille du maintien du règlement intérieur, qui veut que l’élection du secrétaire général du parti relève des compétences du Conseil national et non du congrès. Le courant de Benchamach a beau tenter de modifier les statuts internes du parti, mais sans succès.

    Pourtant, les responsables de la formation politique n’ont pas cessé d’affirmer haut et fort quelque temps avant la tenue de ce congrès qu’il allait se dérouler «dans un contexte de réconciliation» entre le patron sortant du parti, Benchamach, et le courant «L’appel à l’avenir».

    Et pour cause, une décision de la Cour d’appel a donné, le 4 décembre dernier, légitimité au clan opposant à Benchamach, pour présider, à travers Samir Goudar, la commission préparatoire du 4e congrès du parti. Les militants en ont pris acte allant même jusqu’à estimer que leur parti devrait profiter de l’étape de ce congrès pour se refaire une santé. Et, par conséquent, faire table rase des dissensions qui l’ont miné dernièrement et ont même failli provoquer son implosion.

    Le rendez-vous d’El Jadida était donc d’une importance capitale pour l’avenir politique du PAM et le repositionner sur l’échiquier politique national. Malheureusement pour ce parti, ce ne fut pas le cas. Et le 4e congrès a été l’occasion pour les «pamistes» d’étaler, cette fois en public, leurs divergences, leurs crises et leurs querelles intestines qui n’en finissent pas.

    A l’heure où nous mettions sous presse, les congressistes procédaient encore à l’élection des membres du Conseil national qui, à leur tour, devaient élire, hier dans la soirée, le nouveau secrétaire général.

    Procédure

    Plus de 3.500 congressistes représentant les 12 régions du Royaume au 4e congrès du parti devaient élire les membres du conseil national. C’est à ce dernier que revient la tâche de désigner le nouveau secrétaire général parmi les trois candidats qui étaient encore en lice, Biadiallah ayant annoncé le retrait de sa candidature. On note qu’aucune femme n’a brigué ce poste. Concernant la procédure d’élection des membres du bureau politique, c’est le mode de vote par liste qui sera adopté.

    Jamal Eddine HERRADI

     

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