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    Economie

    Chômage: Une embellie plus que trompeuse

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5692 Le 06/02/2020 | Partager
    9,2% en 2019 mais les taux d’activité et d’emploi décrochent
    Femmes, jeunes et diplômés très au-dessus de la moyenne nationale
    L’économie a créé 165.000 emplois

    Pas de quoi se frotter les mains! Le taux de chômage a certes baissé à 9,2% en 2019: 12,9% dans les villes et 3,7% dans le rural. L’économie a créé 165.000 postes d’emploi contre 111.000 l’année dernière. Mais les découragés qui quittent le marché de l’emploi restent nombreux.

    Deux indicateurs remettent en cause l’embellie que laisse suggérer la baisse du taux de chômage: le recul du taux d’activité et celui du taux d’emploi. Le premier est à 45,8% et le taux d’emploi à 41,6%. Des niveaux qui devraient alerter les pouvoirs publics car depuis 1999 le taux d’activité est en dégradation continue. A cette date, il était à 54,5% avant de se replier de 8,7 points à fin 2019. 

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    Les services ont assuré 267.000 postes alors que l’agriculture a enregistré des pertes importantes: 160.000 emplois dans le rural

    Cette baisse provient de la faible participation des femmes à l’activité économique et au manque d’opportunité pour les jeunes. Le taux d’activité des femmes ne dépasse pas 21,5% contre 71% pour les hommes. Celui des jeunes âgés de 15 à 24 ans est de 25,1%.

    Pour sa part, le taux d’emploi des femmes s’établit à 18,6% contre 65,5% pour les hommes. Avec ces taux le Maroc reste loin derrière les pays ayant un niveau de revenu similaire. «L’amélioration substantielle de la participation des femmes au marché du travail constitue ainsi un enjeu majeur pour le décollage économique du pays», relevait la Banque mondiale dans son mémorandum sur le Maroc. L’année dernière, la population en âge d’activité (15 ans et plus) a progressé à un rythme plus important (1,6%) que celui de la population active (1,1%)!

    Les derniers chiffres sur l’emploi du Haut-Commissariat au Plan montre encore une fois que le chômage touche toujours les mêmes catégories: les femmes, les jeunes et les diplômés. Ceux âgés de 15 à 24 ans sont à un taux de chômage de 24,9%, soit 15,7 points de plus que la moyenne nationale. Les diplômés sont à 15,7% de taux de chômage: chez les diplômés de la formation professionnelle, il atteint 22%.
    La population au chômage compte 57,2% de primo-demandeurs d’emploi et 68,2% de chômeurs de longue durée.

    L’année dernière, marquée par un ralentissement de la croissance économique à 2,3% (selon le HCP), 165.000 emplois nets ont été créés. Dans le milieu urbain, les opportunités restent plus importantes: 250.000 postes. En revanche, le milieu rural a connu la perte de 85.000 emplois.

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    Les jeunes âgés de 15 à 24 ans sont à un taux de chômage de 24,9%. Il a certes baissé par rapport à l’année dernière de 0,7 point mais dépasse la moyenne nationale de 15,7 points

    Le secteur des services a assuré 267.000 postes. Contrairement aux années précédentes, le HCP ne précise pas les activités où ces emplois ont été créés. Cette information renseigne généralement sur la qualité des postes, s’ils relèvent soit des activités organisées ou de l’informel. Le secteur des BTP  a pourvu 24.000 emplois alors que l’industrie, y compris l’artisanat, a créé 17.000 postes.

    L’agriculture, forêt et pêche a perdu 146.000 postes. Ce secteur a créé 14.000 emplois dans les villes et détruit 160.000 dans le rural!   Ceci étant, le taux de sous-emploi, que certains observateurs qualifient de chômage déguisé, reste important: 9,2% en recul de 0,1 point par rapport à l’année dernière. Plus d’un million de personnes sont concernées!

    Le sous-emploi est constitué  de deux composantes. La première, liée au nombre d’heures travaillées, touche 385.000 personnes au niveau national, soit un 3,5%. La deuxième composante relative à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi concerne 616.000 personnes (5,7%). Bref, une fabrique de travailleurs pauvres.

    Les cinq régions les plus touchées

    Près des trois quarts des personnes au chômage sont concentrées au niveau de cinq régions. Casablanca-Settat avec 25%, suivie de Rabat-Salé-Kénitra avec 15,8%. Viennent ensuite les régions de Fès-Meknès avec 11% de taux de chômage, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et l’Oriental (9,9%). A l’exception de Béni Mellal-Khénifra et de Drâa-Tafilalet , toutes proches du plein-emploi, avec  respectivement  5,4% et 5,6% de taux de chômage, toutes les autres sont au-dessus de la moyenne nationale.

    Khadija MASMOUDI

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