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    Enseignement supérieur/Recherche: Moins d’un demi-article par prof et par an!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5690 Le 04/02/2020 | Partager
    Une moyenne nationale de 0,47 article par enseignant-chercheur
    En sciences humaines et sociales, le manque est encore plus flagrant
    Le Maroc, sixième en Afrique en termes de productions scientifiques
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    Plus de la moitié des PES les plus gradés des universités publiques (au nombre de 1.952) n’ont rien publié entre 2014 et 2018. Ils sont pourtant censés être les plus expérimentés et les plus méritants. Moins du quart a édité jusqu’à cinq publications indexées durant la même période. Seuls 15% ont produit plus de dix articles.  

    Afin de libérer les professeurs universitaires pour la recherche et l’encadrement des étudiants (thèses, projets de fin d’études, mémoires…), la réglementation ne leur impose que peu d’heures de cours magistraux par semaine.

    A savoir, 8 heures pour les professeurs de l’enseignement supérieur (PES), 10 heures pour les professeurs habilités (PH) et 14 heures pour les professeurs assistants (PA). Cela dit, qu’il s’agisse de leur volume horaire hebdomadaire (voir article précédent), de l’encadrement des étudiants ou de la recherche, le rendement d’une bonne partie d’entre eux reste très faible, et plus particulièrement en matière de production scientifique.

    Dans les universités publiques, la moyenne des publications dans des revues indexées est de 0,47 article par enseignant et par an, selon les statistiques du Centre national de recherche scientifique et technique (CNRST). Dans certaines, la moyenne ne dépasse pas 0,3 article (voir tableau). Une productivité pour le moins décevante.

    Parmi les PES les plus gradés et les plus expérimentés, plus de la moitié n’a rien publié sur les quatre dernières années (voir camembert). Comment booster la recherche scientifique avec des enseignants-chercheurs aussi peu productifs? Pourtant, la production scientifique compte bien dans leur évolution de carrière, contrairement à l’innovation pédagogique qui reste occultée. 

    La fondation Al Saoud, avec sa bibliothèque de plus d’un million de notices bibliographiques avait également livré des chiffres chocs sur la production scientifique des universitaires. Selon la fondation, la moitié des professeurs chercheurs en sciences humaines et sociales n’ont rien édité entre 2000 et 2017, et 47,5% n’ont rédigé qu’un seul article sur cette période.

    Aux yeux des enseignants-chercheurs, la recherche n’est peut-être pas suffisamment rentable. Auprès des jeunes, aussi, elle peine à séduire. Parmi les doctorants, 9 sur 10 abandonnent leur thèse, selon le ministère de l’Education nationale. Cette part est de 41% auprès des doctorants boursiers, selon le conseil supérieur de l’éducation.  

    Quatre universités assurent
    les ¾ des publications

    Pour le CNRST, il est important que les universités généralisent des incitations à l’intention de leurs chercheurs, tels que des primes à la publication et au brevet. Il serait, en outre, judicieux d’orienter les travaux vers la recherche appliquée répondant à des problématiques réelles des territoires, de favoriser la mobilité des enseignants et doctorants, de créer des revues indexées, de faciliter les procédures de déblocage des fonds et d’encourager les profs à encadrer les doctorants. Certains n’encadrent aucun thésard durant toute l’année universitaire… Au final, toute une stratégie de promotion de l’innovation et de la recherche reste à mettre en place.     

    Au total, en 2018, les professeurs des douze universités publiques ont publié 6.405 articles dans des revues indexées, selon la base de données Scopus. A elle seule, l’université de Rabat en fournit le tiers (33%), suivie de celles de Casablanca (15%), Fès (13%) et Marrakech (13%).

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    Les enseignants-chercheurs de l’université Ibn Tofaïl de Kénitra semblent être les plus productifs. Ce sont les seuls à produire en moyenne un article par an dans une revue indexée. Ils sont suivis de ceux de l’université Mohammed V de Rabat (qui assure pourtant le tiers des productions scientifiques universitaires) et de l’université Hassan Ier de Settat. Ceux de Agadir et de Béni Mellal sont les moins productifs, avec à peine 0,3 publication par an.  

    Ces quatre institutions assurent les trois quarts des publications indexées. Il est vrai que ce nombre est en progression sur les dernières années (4.050 publications en 2015), cependant, il reste faible. A l’échelle du continent, le Maroc arrive sixième en matière de production scientifique (assurée à 85% par les universités). Le pays est loin derrière l’Afrique du Sud, l’Egypte, la Tunisie, le Nigéria, et l’Algérie.

    Une certaine dynamique a été enclenchée ces dernières années, à travers des conventions entre universités et partenaires publics et privés, permettant de diversifier les sources de financement de la recherche. En 2017, par exemple, 55 partenariats ont été noués avec des acteurs économiques et industriels.

    Des accords ont également été paraphés avec des régions, avec à la clé des financements de plusieurs dizaines de millions de DH pour la recherche. Les universités tentent par ailleurs, de mieux valoriser les résultats de leurs recherches. Elles déposent désormais, en moyenne, une centaine de brevets d’invention par an, et comptent pour 65% des dépôts au niveau national. Toutefois, ces efforts restent insuffisants.

    Ahlam NAZIH

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