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Enseignement: Casablanca quadruple son budget

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5670 Le 07/01/2020 | Partager
Il passe de 598 millions en 2016 à 2,4 milliards de DH en 2020
Services sociaux aux élèves, réhabilitations, préscolaire… l’académie met le turbo
La guerre contre le préfabriqué continue
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Dans le budget 2020, la moitié du budget est réservée aux dépenses du personnel, avec 1,18 milliard de DH. En 2017, cette part était de seulement 26%. Les recrutements d’enseignants des quatre dernières années ont pesé lourd dans les finances de l’Aref

La plus grosse part du budget de l’Etat est aujourd’hui allouée à l’enseignement. Pour 2020, le ministère de l’Education nationale a eu droit à près de 76,9 milliards de DH (Enseignement supérieur et formation professionnelle compris). Depuis 2000, l’enveloppe allouée au secteur a presque triplé. L’effort financier consenti est considérable (même si les résultats ne suivent toujours pas…), et il est visible au niveau des académies régionales de l’éducation et de la formation (Aref).

Celle de Casablanca-Settat, la plus grande au Maroc, avec plus de 1,4 million d’élèves, a vu son budget quadrupler en l’espace de 4 ans (voir illustration), passant de 598,2 millions de DH en 2016 à plus de 2,4 milliards de DH en 2020. Il a été approuvé par son conseil d’administration lundi dernier. 

Des inscriptions en augmentation, notamment dans le secondaire, une demande plus forte en soutien social, des infrastructures à réhabiliter, des écoles à construire, des classes encombrées à alléger… L’Aref fait face à de multiples défis. Mais ce qui pèse le plus dans son budget, ce sont ses enseignants. En quatre ans, l’académie a dû en embaucher 12.137. Les dépenses du personnel engloutissent désormais la moitié (49%) du budget, avec près de 1,2 milliard de DH.

Le deuxième plus grand poste de dépenses est celui des constructions/extensions d’établissements scolaires (202,6 millions de DH). Cette année, l’on prévoit de bâtir une quinzaine d’écoles primaires, d’écoles communautaires, collèges et lycées. Le focus est également mis sur le préscolaire, avec une enveloppe de 175 millions de DH, qui servira à ouvrir 334 salles, d’en réhabiliter 124 et d’organiser des formations pour les éducatrices.

Grâce aux partenariats avec les autorités locales, acteurs de la société civile et secteur privé le taux de préscolarisation des 4-5 ans augmente plus rapidement que prévu, pour atteindre 68% cette année. «Si nous continuons avec ce rythme, nous pourrons généraliser le préscolaire d’ici 2023/2024, soit quatre ans avant l’échéance prévue», relève Abdelmoumen Talib, directeur de l’Aref. «L’école est l’affaire de tous. Les partenariats, notamment avec le secteur privé, sont essentiels pour avancer dans le chantier de la réforme», insiste-t-il.            

Pour l’appui social aux élèves, 123,8 millions de DH ont été alloués (restauration, hébergement, bourses…). L’académie continuera, par ailleurs, à mener sa guerre contre le préfabriqué. Le chantier, lancé en 2014, était censé prendre fin en 2020.

Toutefois, vu la complexité de l’opération, il faudra compter encore deux à trois ans avant de pouvoir éradiquer à 100% ce type de construction. Un budget de 104 millions de DH a été réservé au remplacement de 540 classes en préfabriqué (406 l’an dernier). Afin de poursuivre les efforts de réhabilitation des établissements, 100 millions de DH ont été mobilisés.

Cette année, une enveloppe «record» est consacrée à la formation des enseignants, soit 14,6 millions de DH. «Cela reste évidemment peu, néanmoins, jamais nous n’avons atteint ce montant pour la formation», souligne Talib. En matière d’éducation non formelle, quelque six centres de la deuxième chance nouvelle génération ouvriront leurs portes dans des établissements publics, et trois autres seront créés dans le cadre de partenariats.

Les chantiers à gérer sont encore nombreux (intégration des nouvelles technologies, accès des élèves à besoins spécifiques, vie scolaire…). Pour s’en sortir, l’Aref mise sur la décentralisation. Près de 85% de ses crédits sont désormais gérés par ses directions provinciales. Elle prévoit, aussi, de miser plus sur la gestion déléguée, afin de se concentrer sur son cœur de métier, l’éducation.

Cruel déficit en administratifs

«Ces dernières années, nous nous sommes surtout concentrés sur le recrutement d’enseignants. Or, au niveau des administratifs, le besoin est très important», confie le directeur de l’académie de Casablanca-Settat, Abdelmoumen Talib. Le déficit, traîné depuis la vague de départs volontaires du début des années 2000 s’est aggravé avec l’intensification des retraites anticipées. «Il est temps de nous attaquer au remplacement de ces départs, afin d’opérer un meilleur suivi de nos différents projets, et d’assurer la qualité tant souhaitée», insiste Talib. Toutefois, le ministère des Finances concèdera-t-il suffisamment de postes budgétaires?

Ahlam NAZIH

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