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    Dossier Spécial

    Rétro 2019/Enseignement: Une année bien mouvementée!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5666 Le 31/12/2019 | Partager

    ■ Les 2/3 des écoliers sortent illettrés… le choc!

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    En novembre dernier, une énième étude vient confirmer une réalité bien amère: L’école publique fabrique des illettrés. Le nouvel indice de la Banque mondiale sur «la pauvreté en apprentissage» révèle que 66% des Marocains sont incapables de lire et de comprendre un texte avant l’âge de 10 ans, et que 64% des lauréats du primaire sortent pratiquement analphabètes. La situation des petits marocains est 2,5 fois pire que celle de la moyenne de la région Mena! Une année plus tôt, l’institution révélait son indice du capital humain, selon lequel les Marocains sont privés de la moitié de leurs compétences, faute de services d’éducation et de santé performants. Ceci renvoie vers un seul constat: Le Maroc souffre d’une crise profonde de capital humain.
    L’école publique porte depuis des décennies les germes de sa destruction: des profs non qualifiés, démotivés et désengagés, des approches pédagogiques approximatives, des programmes non actualisés, un management défaillant… Le tout couronné par une discontinuité chronique des réformes. Celle de 2030 sera-t-elle la bonne? Il faudra encore une génération pour en évaluer les résultats…  
     
    ■ … PISA enfonce le clou
    Moins d’un mois après l’indice de la Banque mondiale, les très attendus résultats de l’enquête internationale PISA, à laquelle le Maroc participe pour la première fois, tombent. Les performances des élèves de 15 ans en mathématiques, sciences et lecture déçoivent. Les Marocains se classent 75e sur 78 pays. Ils cumulent ainsi des lacunes profondes depuis le primaire. Face à ces résultats, l’idée de la Banque mondi ale, selon laquelle «un miracle éducatif» est nécessaire au Maroc prend tout son sens.  

    ■ Une scolarité perturbée

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    Les 70.000 enseignants cadres des académies régionales de l’éducation et de la formation ont mené plusieurs semaines de grève durant l’année scolaire écoulée. Des débrayages qui ont perturbé la scolarité de centaines de milliers d’élèves, selon l’Education nationale. Embauchés en tant qu’employés des académies, ils continuent de revendiquer, mordicus, le statut de la fonction publique. En novembre dernier, ils menaçaient encore de faire grève.  

    ■ … Mais un bac record!

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    En juillet dernier, près de 8 candidats sur 10 (77,9%) ont obtenu leur diplôme (plus de la moitié avec mention), contre moins de la moitié en 2008 (44,2%). Une performance jamais enregistrée. Il s’agit pourtant de la génération évaluée par des enquêtes nationales et internationales lorsqu’elle était au primaire, au collège et à la 1re année du lycée (PNEA 2016, TIMSS & PIRLS 2011 et 2015), et dont les résultats étaient pour le moins catastrophiques. Selon le ministère, le relèvement du seuil de réussite à 5/10 au primaire et à 10/20 au secondaire a permis de faire le tri. Ainsi seuls les élèves les plus méritants arrivent au bac.
    Cette année 2020, le ministère s’attaquera à la réforme du bac. Il est question de réduire le nombre de filières de moitié, les faisant passer de 14 à 6. Pour le bac pro, en revanche, le nombre de spécialités sera augmenté. La tutelle étudie aussi la possibilité de se passer du bac régional pour ne garder que le national.

    ■ Formation professionnelle: La stratégie validée, après 2 refus

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    La feuille de route pour la réforme de la formation professionnelle a enfin été acceptée par le Roi en avril dernier, après deux refus. Le projet s’articule essentiellement sur la création d’une nouvelle génération de centres de formation professionnelle: Les cités des métiers et des compétences. Chaque région sera dotée de sa propre cité, répondant à ses besoins et spécificités. Les chantiers devraient être lancés début 2020, pour un investissement de 3,6 milliards de DH.      

    ■ Le bachelor remplace la licence

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    C’est sans doute la plus grande annonce relative à l’enseignement supérieur cette année. La licence en 3 ans cèdera la place à un bachelor sur 4 ans. La première promotion du bachelor devrait démarrer ses études en septembre 2020. Le projet du ministre de l’Education nationale, Saaïd Amzazi, prévoit une «foundation year» où l’accent sera mis sur les soft skills, avant de passer progressivement à plus de modules disciplinaires. Le diplôme sera conditionné par la maîtrise du français. Un portail national d’orientation devrait être lancé afin de permettre aux bacheliers de choisir leurs spécialités et de les valider avant la fin de l’année scolaire. Les établissements pourront réorienter les candidats en fonction de leur capacité d’accueil.     

    ■ La loi-cadre sur l’enseignement enfin au BO
    Quatre ans après avoir été commandée au gouvernement Benkirane, la loi-cadre sur l’enseignement est enfin publiée au BO le 28 août dernier. Le texte avait été bloqué pendant plusieurs mois à la Chambre des représentants, en raison du rejet du groupe PJD, opposé à l’enseignement des matières scientifiques en français. Depuis, une commission chargée du suivi de la mise en œuvre des orientations de la loi-cadre a été mise en place.      

    ■ Etudiants en médecine: Un bras de fer de 6 mois

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    Après avoir enchaîné les grèves pendant plus de six mois et boycotté leurs examens, les étudiants en médecine remportent leur bras de fer avec l’Etat. Le 28 août dernier, ils signent un accord avec l’ensemble des doyens des facultés publiques et directeurs des CHU, dans lequel ils décrochent des concessions sur pratiquement toutes leurs revendications. Ils obtiennent même l’exclusion des étudiants du privé et privé à but non lucratif des concours d’internat et des terrains de stage publics, ainsi que la suspension de la 6e année d’études en médecine dentaire. Des examens de rattrapage ont également été organisés en septembre.      

    ■ Un programme national d’éducation inclusive
    Les enfants en situation de handicap sont les grands oubliés de l’école publique. En juin dernier, le ministère de l’Education nationale a enfin lancé un programme d’éducation inclusive les ciblant, en partenariat avec l’Unicef. A travers ce plan, la tutelle change de paradigme. Au lieu de regrouper les enfants à besoins spécifiques dans des salles, ils seront intégrés dans des classes normales. Durant la dernière année scolaire, près de 80.000 étaient scolarisés dans des classes ordinaires, dans 10% des établissements. Ce taux devrait passer à 20% en 2019-2020, avant de monter à 100% en 2027-2028.

    Ahlam NAZIH

     

     

     

     

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