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Généralisation du préscolaire: Pays arabes: 70% des enfants ne vont pas à la crèche

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5651 Le 10/12/2019 | Partager
Le Maroc fait figure de bon élève en Afrique et dans la région Mena
Un taux de préscolarisation d’à peine 12% dans certains Etats
«La déclaration de Casablanca» appelle à un cadre africain pour la qualité
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Pratiquement 85% des petits Libanais sont préscolarisés. Le Liban est bien avancé dans le domaine. Son taux de préscolarisation est même supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE. Contrairement à d’autres pays arabes, le Liban a mieux valorisé ses ressources humaines. Son capital humain compte pour 65% dans sa richesse nationale. Cette part est de seulement 41% au Maroc, selon la Banque mondiale

Investir dans les Hommes est tout ce qu’il y a de plus rentable, dirait la Banque mondiale, qui, après avoir long­temps poussé les pays à privilégier leurs équilibres macroéconomiques, a complète­ment changé de paradigme. L’institution a compris (trop tard?) que le capital humain est de loin le plus précieux. Les pays qui y misent le plus d’argent sont ceux qui réa­lisent les plus fortes croissances de PIB. Et cela commence dès la petite enfance.

Les pays d’Afrique et du Moyen-Orient ont commis l’erreur de sous-investir dans leurs ressources humaines, et ils en paient aujourd’hui le prix. Le préscolaire, dont toutes les études ont démontré le caractère décisif dans la réussite scolaire des enfants, a été le cycle le plus négligé.

Les partici­pants au colloque africain sur la qualité de l’éducation de la petite enfance (EPE) et la professionnalisation des éducateurs, organisé mercredi dernier à Casablanca (voir article précédent), étaient unanimes sur la question: la région a pris un énorme retard dans le domaine. Le taux moyen de préscolarisation des tout-petits est d’à peine 30%.

Dans certains Etats, il ne dépasse pas les 12% (voire moins). C’est le cas, par exemple, de la Mauritanie. Le pays, qui s’est doté d’une politique nationale de la petite enfance en 2005, a néanmoins tenté des expériences prometteuses.

Comme l’ouverture d’un centre spécialisé dans la formation des éducateurs, des crèches communautaires dans le monde rural, ou encore des crédits à taux avantageux pour encourager les éducatrices expérimentées à créer des jardins d’enfants dans les quar­tiers défavorisés. Le gouvernement espère préscolariser 100.000 enfants supplémen­taires d’ici 2024, contre seulement 36.000 actuellement.

Au Bénin aussi, environ 12% des 4-5 ans sont préscolarisés. L’on ambi­tionne d’atteindre les 40% à l’horizon 2030. L’Algérie prévoit, également, la généralisa­tion du préscolaire à cette date. Cependant, face aux défis rencontrés, cet objectif paraît difficilement réalisable: des éducateurs peu qualifiés, des formations inadaptées, de maigres salaires… Avec son taux de pré-scolarisation de presque 56%, le Maroc fait figure de bon élève.

Les pays d’Afrique et du Moyen-Orient partagent globalement les mêmes défis. Le corps pédagogique est généralement peu armé pour s’occuper des tout-petits. Faiblement rémunéré, il évolue souvent dans la précarité. Dans le monde rural, le challenge est encore plus impor­tant. Au Nigéria, l’un des plus grands pays d’Afrique, les éducateurs, dont 92% sont des femmes, rechignent à s’installer dans les zones reculées, surtout en l’absence de conditions de sécurité et de sûreté.

Le Centre régional de la qualité et de l’excellence en éducation, basé en Arabie saoudite, a réalisé une étude sur le secteur dans sept pays arabes: le Maroc, la Tunisie, la Jordanie, la Palestine, le Liban, le Yémen et le Soudan. La plupart disposent de straté­gies dédiées. Toutefois, ils n’ont pas mis en place de mécanismes de contrôle, de suivi ou d’évaluation.

L’opérationnalisation des orientations prises se heurte, en outre, au manque de financement, à la multiplicité des intervenants, à l’absence de coordina­tion, à la rareté des formations et des com­pétences, à la faiblesse des infrastructures d’accueil…

Le centre recommande, entre autres, la création de régulateurs nationaux du secteur, l’élaboration de dispositifs de financement unifiés, la qualification des éducateurs, le développement de la re­cherche dans le secteur, de la coordination entre cycles scolaires et la mise en place de critères de qualité.

Le colloque de mercredi dernier s’est clôturé avec un document commun: la déclaration de Casablanca, qui a repris en substance ces recommandations. Pour les participants, représentant 18 pays, l’EPE est le fondement de l’apprentissage tout au long de la vie, et un investissement impor­tant sur la voie du développement durable.

C’est aussi un gisement d’emploi dans l’économie des services à la personne, et une opportunité pour les parents, notam­ment les mamans, d’être actifs sur le marché du travail. La déclaration, de 19 points, ap­pelle les gouvernements à établir des cadres juridiques, institutionnels et politiques ren­dant l’EPE de qualité accessible à tous les enfants sans discrimination.

Sachant que l’EPE de qualité fait partie de l’Objectif de développement durable 4 – Education 2030 des Nations unies. Le document recon­naît, par ailleurs, la qualité des éducateurs comme «la clé» d’une éducation de qualité, et insiste sur l’égalité des genres. Il suggère, enfin, l’adoption d’un cadre africain pour la qualité de l’EPE.

FMPS, Zakoura… Des success stories marocaines

Pendant des années, des acteurs de la société civile se sont investis pour développer des modèles préscolaires de qualité, et ont cumulé une expé­rience considérable dans le domaine. C’est le cas de la Fondation marocaine pour la promotion de l’enseignement préscolaire (FMPS) et de la Fondation Zakoura. En dix ans d’existence, la FMPS a pu créer près de 2.000 classes et scolariser 50.000 enfants. 80% de son offre sont concentrés en milieu rural et 15% dans des quartiers défavorisés. Pour constituer un réservoir de compé­tences spécialisées dans la petite enfance, la FMPS a monté une quarantaine de centres de formation avec 200 formateurs. Elle a, en outre, développé un label de qualité à l’intention des opérateurs du secteur. De son côté, la Fon­dation Zakoura a fait du préscolaire sa raison d’être. Son programme ANEER (Action nationale pour l’éducation de la petite enfance en zone rurale), lancé en 2015, a permis d’ouvrir 119 écoles à fin 2018. Il a bénéficié à quelque 8.500 enfants. En parallèle, la fondation a élaboré un programme d’éducation parentale qui a touché environ 5.600 parents.

Ahlam NAZIH

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