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    Croissance des entreprises : 4 sur 10 veulent s’étendre en Afrique

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5651 Le 10/12/2019 | Partager
    85% disposent d’un plan de développement stratégique
    Performance organisationnelle et satisfaction client en priorité pour les 5 prochaines années
    80% de celles opérant dans le BTP souhaitent améliorer la gestion du capital humain
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    La transformation digitale, l’accroissement des parts de marché et l’amélioration de la rentabilité sont délaissés par les compagnies locales qui se préoccupent davantage de l’expansion en Afrique. En revanche, qu’elles soient des entreprises marocaines ou multinationales, elles s’accordent sur l’importance de certains projets où l’écart ne dépasse pas 3 points, à savoir: la performance organisationnelle, la satisfaction client, la gestion du capital humain ou encore l’optimisation des coûts

    Changer ou disparaître. Voilà ce à quoi sont confrontées les entreprises à l’ère de l’émergence de l’industrie 4.0 et de la révolution numérique la plus exponentielle. Face à un marché fort concurrentiel et une guerre des talents accrue, plus de 8 entreprises sur 10 ont décliné un plan stratégique pour les 3 à 5 prochaines années.

    Les multinationales sont les plus rigoureuses dans cet exercice puisque 93% d’entre elles l’ont établi, contre 76% pour les entreprises marocaines, relève l’enquête de Think: «Croissance: les talents en jeu» produite et publiée par IBB Institute.

    Les orientations stratégiques diffèrent selon les priorités, le secteur d’activité, la taille de l’entreprise. Ainsi, plus de la moitié des entreprises sondées se sont fixé comme priorités l’amélioration de la performance organisationnelle (56%) et la satisfaction client (52%). La gestion du capital humain vient en troisième place (48%), suivie de la transformation digitale (46%) et l’accroissement des parts de marché (45%).

    «Jusqu’à récemment, la quasi-totalité des projets que nous menions avaient pour objectifs des réflexions autour de la croissance de l’entreprise, que ce soit pour gagner des parts de marché, lancer de nouveaux produits, s’étendre en Afrique, ou mener des projets d’acquisition... Depuis ces 3 à 4 dernières années, nous assistons de manière très notable à un basculement des priorités. Les entreprises cherchent à amorcer des réflexions autour de l’optimisation de leur fonctionnement de manière générale, voire de leur transformation», explique Mehdi Lahlou, managing partner de Roland Berger Casablanca.

    En revanche, seules 2 entreprises sur 10 planifient d’investir en innovation et R&D durant les prochaines années, alors que c’est un atout stratégique essentiel si elles veulent améliorer leur positionnement dans le marché et attirer les talents.

    Selon l’étude, les entreprises marocaines optent davantage pour des projets plus expansifs que les multinationales. Elles sont 41% à vouloir se déployer sur le continent et développer de nouveaux produits, contre respectivement 25% et 34% pour les multinationales. «Cela démontre que les entreprises locales s’inscrivent dans une tendance d’investissement», souligne Abdelaziz Bennis, DG d’IBB Executive Search.

    En revanche, les multinationales, plus orientées résultats et chiffres, sont axées sur l’accroissement des parts de marché et l’amélioration de la rentabilité (voir infographie). Ces choix sont principalement stimulés par la forte concurrence internationale et les instructions de leur maison-mère.

    Les axes de développement stratégique sont aussi priorisés différemment selon le secteur d’activité. Pour celui du retail et FMCG (fast-moving consumer goods) par exemple, 84% des entreprises souhaitent améliorer leur performance organisationnelle et 47% veulent augmenter leur part de marché national et optimiser leurs coûts. «En quête de renouveau, les entreprises FMCG recherchent un modèle plus agile pour maximiser leurs ressources et rester compétitives», explique Marie Agot, manager à IBB Management.

    Pour le secteur de l’immobilier et BTP, l’urgence est à l’amélioration de la gestion des ressources humaines. 8 entreprises sur 10 intègrent ce projet dans leur plan de développement. Viennent après la satisfaction client, le renforcement des parts de marché, l’optimisation des coûts et la rentabilité, à hauteur de 60%. Le secteur financier, pour sa part, priorise plus que tout autre secteur la digitalisation.

    Déjà bien en avance dans le domaine, 86% des entreprises opérant dans le domaine comptent entamer leur transformation digitale durant les 3 à 5 ans à venir. Près des deux tiers souhaitent améliorer leur performance organisationnelle et la satisfaction de leur client.

    «Paradoxalement, c’est aussi le dernier secteur à prévoir de travailler à l’amélioration du capital humain alors qu’il sera particulièrement impacté par la transformation RH résultant de la digitalisation de certaines activités», indique Abdelaziz Bennis.

    En revanche, pour le secteur IT et télécoms, c’est la digitalisation qui est un axe prioritaire (83%). Elle est suivie de la gestion des ressources humaines et le développement de nouveaux produits qui sont cités par les deux tiers des répondants. Ce secteur est également celui qui se focalise le plus sur l’innovation et R&D. 67% des entreprises comptent y investir, tandis que moins du quart des entreprises des autres secteurs s’y intéressent.

    L’accroissement des parts de marché au niveau national figure parmi les priorités de 6 entreprises sur 10 opérant dans le secteur de la distribution. Plus de la moitié prévoit d’entamer sa transformation digitale. «Il s’agit de deux projets cruciaux dans un secteur où la proximité avec le consommateur et la facilitation des achats pour les clients sont devenues des avantages concurrentiels indéniables», explique Marie Agot. Sans grande surprise, les entreprises opérant dans les services sont les premières à prioriser l’amélioration de la satisfaction client (71%).

    «Parmi tous les secteurs d’activité, celui de l’industrie s’engage sur tous les fronts puisqu’aucun projet ne se démarque véritablement des autres», relève l’étude. Plus de la moitié des entreprises se consacre à la gestion du capital humain, à l’amélioration de la performance organisationnelle et à celle de la satisfaction client. Cependant, ce secteur est celui qui souhaite le plus se déployer en Afrique (43%) et développer sa croissance externe (22%). Il est également celui qui délaisse le plus la transformation digitale (26%).

    Echantillon

    L’enquête a été menée auprès de 101 dirigeants et hauts cadres entre mars et mai 2019. 60% d’entre eux occupent le poste de DRH, le reste est composé de PDG, DG et secrétaire généraux d’entreprises. Moins de la moitié (45%) des entreprises qui ont participé sont des multinationales. Près des deux tiers des entreprises du panel réalisent un CA de plus de 500 millions de DH. Le quart des sociétés opère dans le secteur de l’industrie, 19% dans le FMCG, 16% dans la finance et le conseil, 14% la distribution, 13% les services. Le reste est réparti entre les télécoms/IT et BTP/immobilier. «Même si elles ne sont pas aussi nombreuses dans le panel, les entreprises sondées en IT et BTP sont des acteurs majeurs de leur secteur», souligne l’enquête. 64% des répondants travaillent dans des sociétés de moins de 1.000 collaborateurs.

    Tilila EL GHOUARI

     

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