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Otan: La France à l'offensive

Par L'Economiste | Edition N°:5638 Le 21/11/2019 | Partager
Le pays doit soumettre aux alliés ses demandes pour modifier le processus
Un sommet prévu à Londres
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A deux semaines du sommet de Londres (3 et 4 décembre), la France devait soumettre hier mercredi 20 novembre aux alliés ses demandes pour modifier le processus de décision au sein de l'Otan. Lequel est considéré par Emmanuel Macron en état de «mort cérébrale» avec le désengagement des Etats-Unis.

Ce diagnostic du chef de l'Etat français et la critique du leadership américain ont choqué à l'Otan. «L'Alliance a besoin aujourd'hui de repenser sa stratégie», a soutenu la secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Amélie de Montchalin. Au cours d'une réunion avec ses homologues à Bruxelles, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian devait fournir à l'Alliance des explications et formuler des demandes et des propositions.

Paris va réaffirmer son attachement à l'Otan. «L’Alliance est indispensable, mais elle ne sera pas forte sans une défense européenne forte», répètent les responsables français. La crispation des alliés n'est pas une surprise. «On ne cherche pas à gagner un concours de popularité, mais on veut être écoutés et entendus», explique-t-on à Paris.

La plupart des alliés redoutent les réactions à Londres de Donald Trump, confronté à une procédure de destitution. Lors du dernier sommet de l'Otan, le président américain avait critiqué la chancelière Angela Merkel. Celle-ci a été accusée de ne pas suffisamment contribuer à l'effort de défense et de participer au réarmement de la Russie par ses achats de gaz.

La réunion de Londres sera largement dominée par le débat autour de l’avenir de l’Alliance. Et surtout l'Allemagne ne veut plus être dénoncée comme un mauvais élève. Son budget pour la défense a été augmenté et devrait se monter à 50,3 milliards d'euros en 2020, soit 1,42% de son PIB, encore loin des 2% exigés par Donald Trump. De nouveaux chiffres sur les contributions des alliés seront publiés avant le sommet, a annoncé le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg.

La France dit ne pas redouter l'épreuve. Emmanuel Macron et Donald Trump ont eu une bonne discussion après la prise de position du chef de l'Etat, selon Paris.

La réunion organisée à Bruxelles devait permettre de traiter les questions stratégiques, notamment l'espace, nouveau terrain d'opérations de défense pour l'Alliance dont les membres ont près de 1.000 satellites en orbite. A l’ordre du jour également, le positionnement de l'Otan face à la montée en puissance de la Chine, «second budget militaire du monde et très présente dans le cyberespace», a expliqué Stoltenberg.

F. Z. T. avec agences

 

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