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    Economie

    Epargne: Des pistes de relance

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5631 Le 08/11/2019 | Partager
    La part de la population en âge d’activité qui épargne est 2 fois moins élevée au Maroc
    Urgence de mieux exploiter, à plus court terme, le potentiel mobilisable
    Le système national de paiement mobile peut être adapté à la promotion de l’épargne

    Pour la 2e édition de la journée de l’épargne, organisée par le groupe CDG, en partenariat avec Bank Al Maghrib, le GPBM et Poste Maroc, l’accent a été mis sur le rôle de l’éducation financière et de la digitalisation. Pour Abdellatif Jouahri, Wali de BAM, «l’épargne est une donnée centrale pour un pays comme le Maroc, qui s’efforce de renforcer son développement et sa croissance».

    Son lien avec l’investissement n’est plus à démontrer, a précisé Abdellatif Zaghnoun, DG de la CDG. Pour lui, «l’éducation financière est le fer de lance de l’inclusion financière, dans la mesure où elle permet à chaque individu de prendre des décisions et de faire des choix rationnels et éclairés».

    Aujourd’hui, la conjoncture mondiale a un impact direct sur la situation de l’épargne, notamment avec la persistance de niveaux bas des taux d’intérêts et du niveau élevé des incertitudes. «Des taux aussi bas ne sont pas sans effet négatif sur l’épargne des ménages, qui voient leurs efforts anéantis», a noté Jouahri. Les fonds de pension enregistrent également une faiblesse persistante de leur rendement, qui pèse sur la viabilité de certains d’entre eux, a-t-il ajouté.

    Ces taux bas affaiblissent également la rentabilité du secteur bancaire, et donc sa solidité et sa résilience. Concrètement, «si théoriquement, des taux bas peuvent aider à relancer l’investissement et la croissance après un cycle baissier, dans un contexte de ralentissement persistant, il peut avoir des effets néfastes sur le système financier et sur l’économie dans sa globalité», a expliqué le wali de Bank Al Maghrib.

    Actuellement, les données disponibles sur la situation de l’épargne au Maroc montrent l’ampleur des défis. Celui des ménages se situe à 14% de leurs revenus disponibles bruts, selon Jouahri. Il serait plus faible en comparaison avec d’autres pays, sans les transferts des MRE. Les données de la Banque mondiale montrent que la part de la population en âge d’activité qui épargne est 2 fois moins élevée au Maroc que dans les pays à revenu intermédiaire à inférieur.

    «Ces niveaux seront encore plus bas si on se limite à l’épargne auprès des institutions financières», a-t-il précisé. Cette situation ne semble pas s’améliorer, si l’on prend en compte l’évolution des dépôts bancaires, notamment des ménages, qui connaissent un ralentissement préoccupant au cours des dernières années, a déploré Jouahri.

    «Les dépôts à vue sont en décélération, et ceux à terme ont perdu 10% de leur volume depuis fin 2015», a-t-il noté. Pour lui, «les raisons de ces constats méritent une analyse plus affinée». Mais parmi les facteurs pointés: le poids encore important de l’informel, où le cash est encore prépondérant, tant au niveau du paiement des transactions que de la thésaurisation. Le wali de BAM a mis l’accent sur deux leviers à activer.

    D’abord, «accroître le potentiel à moyen et long terme de cette épargne, par l’accélération de la croissance, l’amélioration de l’emploi et de sa productivité». Il s’agit également de «mieux exploiter, à plus court terme, le potentiel mobilisable». Une situation qui interpelle la communauté financière dans sa globalité, a-t-il dit.

    De son côté, Othman Benjelloun, président du GPBM, «l’épargne est l’affaire de toutes les parties prenantes, pas uniquement des pouvoirs publics ou des milieux financiers». L’éducation est décisive dans la dynamique de promotion de l’épargne et de l’inclusion financière. Le secteur bancaire a fourni de grands efforts pour favoriser un meilleur accès des particuliers et des entreprises aux différentes prestations. Ce qui a permis de porter le taux de bancarisation de 27% en 2001 à 64% en 2019, selon Benjelloun. Il a estimé que ce modèle, «qui a donné ses fruits», a atteint ses limites.

    Les institutions bancaires ne peuvent indéfiniment procéder à l’élargissement de leurs réseaux d’agences, qui ont atteint 7.000 dans toutes les régions, pour promouvoir la collecte de l’épargne et permettre l’accès aux services financiers, a expliqué le président du GPBM. Il a proposé de nouvelles pistes.

    Par exemple, «l’expérience de place qu’a représenté le développement du système national de paiement mobile, grâce à une interopérabilité native parmi les banques au Maroc, mérite d’être adaptée à la promotion de l’épargne par les canaux digitaux». Pour lui, «l’émulation entre banques porterait davantage sur le conseil, l’accompagnement, et sur la touche humaine que la machine et la technologie ne pourront jamais égaler».

    Quel rôle pour la poste?

    Un rapport récent de l’Union postale universelle a mis l’accent sur le fait qu’une série d’études ont montré que les postes sont meilleures que d’autres institutions en matière d’inclusion financière pour les groupes de population ayant tendance à être exclus. C’est le cas notamment des pauvres, des femmes et des personnes actives dans le secteur informel. C’est ce qu’a expliqué Amin Benjelloun Touimi, DG du groupe Poste Maroc. Parmi les leviers proposés par le patron de Barid Al Maghrib, le grand apport des outils technologiques. La digitalisation permet de couvrir une grande partie de la population, qui ne dispose pas de compte bancaire, mais équipée de téléphones mobiles. Parmi les pistes à explorer: la possibilité de la dématérialisation des prestations sociales du gouvernement, comme les programmes Tayssir ou la distribution des bourses d’études, et leur transfert vers des comptes ou des plateformes de paiement électronique. C’est aussi «un moyen de réduire les coûts pour l’Etat et d’accroître les commodités, par rapport au modèle actuel de paiement», a-t-il expliqué.

    L’épargne en chiffres

    • 14% est le taux d’épargne des ménages par rapport à leurs revenus disponibles bruts
    • 64% est le taux de bancarisation en 2019
    • 2/3 des 1,7 milliard de personnes dans le monde non bancarisées, disposent d’un téléphone mobile
    • 52% des hommes et seulement 35% des femmes ont un compte bancaire au niveau de la zone MENA.

    M.A.M.

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