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    Justice

    Exercice de lobbying pour sauver la raffinerie Samir

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5628 Le 04/11/2019 | Partager
    Une association pour ouvrir un nouveau front judiciaire
    Des propositions de lois pour cadrer les prix des carburants
    Le cabinet royal ouvre ses portes mais pas le ministère public
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    «Nous gardons espoir pour une reprise de la compagnie», nous confiaient des  salariés de la Samir le 21 mars 2018 à Mohammedia. Soit un an après la liquidation (Ph. Alnasser) 

    Créé mi-juillet 2018, le Front national pour la sauvegarde de la raffinerie Samir se transforme en association pour agir en justice. C’est l’une des trois propositions faites à son assemblée générale tenue fin octobre 2019 à Mohammedia. La centaine de personnes présentes devait d’abord donner leur accord avant «de mandater» la future association.

    Qui sera visé par ces éventuelles actions judiciaires? «Nous allons dans un premier temps porter plainte contre X. Les responsabilités à l’origine de la faillite de Samir se limitent-elles au management et aux administrateurs ou bien la complicité et les manquements s’étalent à des institutions publiques (entendez l’Etat)», affirme Mohammed Benmoussa. Cet ancien de la Bourse de Casablanca et de la CGEM, proche de l’Istiqlal, siège dans le bureau de l’Association du front pour la sauvegarde de la raffinerie...

    Le cabinet royal «a réagi positivement en prenant notre dossier». Ce document d’une cinquantaine de pages  lui a été remis en septembre 2018. En revanche, la présidence du ministère public «a refusé de le prendre». Elle a estimé que le Front «n’avait aucune qualité juridique» pour la saisir.

    D’où l’idée de se transformer en association. Son nouveau bureau compte 9 membres: le conseiller à la 2e Chambre Hissan Abdelhak, l’avocat Driss Amrani, l’économiste Najib Akesbi, le SG de la branche pétrolière de la CDT, Houssine El Yamani, et son homologue au secrétariat national de l’éducation, Abdelghani Raki, le vice-SG du parti Ataliâ...

    Par ailleurs, le Front pour la sauvegarde de la Samir croit toujours au projet improbable d’une nationalisation de la compagnie. La Confédération démocratique du travail (CDT)  ressort cette ancienne carte. Le syndicat l’avait brandi quelques mois après la décision de liquidation de la compagnie (cf. L’Economiste n° 4907 du 29 novembre 2016).

    L’Etat est le premier créancier de Samir avec 16 milliards de DH. Soit près de la moitié des créances arrêtées à ce jour par la justice. Sur le plan pratique, le Front propose à ses membres «d’élaborer une proposition de loi relative à la nationalisation pour la déposer au Parlement».

    Il devra s’appuyer sur une majorité forte ou des alliés politiques déterminés. Ce n’est pas gagné d’avance même si le Front a contacté pratiquement tous les partis politiques, y compris le PJD et son adversaire le PAM. Ses sympathisants socialistes, le PPS et le PSU, sont dans l’opposition. Ces partis de gauche, où ce qu’il en reste, comptent peu d’élus au Parlement. Aussi, la polémique et les tractations ayant marqué le rapport parlementaire sur les prix des carburants démontrent à quel point l’opportunisme politique prime.

    La troisième et dernière proposition soumise à l’assemblée générale porte sur les prix des carburants. L’idée là aussi est de présenter une proposition de loi au Parlement pour «fixer les prix et instaurer un mécanisme de contrôle». Il vise donc l’annulation pure et simple de la libéralisation des prix des hydrocarbures en vigueur depuis décembre 2015.

    Certes, le Conseil de la concurrence a bien relevé dans son avis de février 2019 une «libéralisation mal préparée». Mais un retour en arrière est-il réaliste et réalisable pour le gouvernement El Othmani? Lui qui tient à ménager les bailleurs de fonds internationaux comme la Banque mondiale.

    Une chose est sûre: le Front et son meneur, la CDT, donnent aux acteurs de la scène politique et économique un exercice de lobbying. N’est-ce pas ce syndicat qui a, entre autres, saisi le Conseil de la concurrence au sujet des présumées ententes sur les prix dans le secteur des hydrocarbures?

    Faiçal FAQUIHI

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