×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    Startup: Ces détails qui font grincer la machine

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5624 Le 29/10/2019 | Partager
    Aucune base de données exhaustive à ce jour!
    Sur-médiatisation de «petites initiatives» dans un esprit RSE

    Hackathons, Pitchs, programmes d’incubation, remise de prix, promesse de commandes, accompagnement, mentoring… Plus une semaine ne passe sans que l’on en parle dans les médias. Derrière la sur-médiatisation des «initiatives» dans l’écosystème startup marocain se cachent des sujets qui fâchent. «Le moteur de l'entrepreneuriat marocain est en panne», indiquait Salaheddine Mezouar, ex-président de la CGEM, à l’ouverture de la 2e Université d’été de la Confédération.

    Très peu de mécanismes institutionnels sont dédiés à l'entrepreneuriat. Le seul vrai mécanisme structuré à avoir été mis en place est le programme Innov Invest porté par la Caisse centrale de garantie (CCG). A travers ce mécanisme, la caisse soutient financièrement les startups les plus prometteuses.

    Au total, 18 programmes d'accompagnement sont labellisés. Même si le programme Innov Invest de la CCG a introduit des outils efficaces, il reste encore des briques qui sont peu couvertes aujourd'hui, notamment sur les levées de fonds entre 1 et 5 millions de DH.

    «L'entrepreneuriat marocain a besoin d'une vraie stratégie au niveau gouvernemental et d'un engagement fort au niveau institutionnel si nous voulons créer une dynamique à la hauteur de nos ambitions», soutient Salma Kabbaj, co-fondatrice et directrice générale d'Impact Lab.

    Le manque de données consolidées relatives à l'écosystème et la quasi-inexistence de standards professionnels et éthiques… se sont jusqu’ici traduits par un manque de visibilité pour les parties prenantes: investisseurs, grandes entreprises, institutions locales et internationales... Il n’existe pour l’heure aucune base de données exhaustives et détaillées des startups marocaines.

    C’est dans ce contexte qu’une première cartographie vient d’être publiée. La carte identifie près de 150 startups innovantes ainsi que l’ensemble des acteurs clés d’accompagnement et de financement. L’enjeu est de mettre en place un référentiel et des standards professionnels permettant aux startups de faire des choix qualifiés.

    Autre sujet qui fâche: «Des acteurs institutionnels marocains, comme l'OCP ou la CDG, déploient des initiatives en faisant appel à des prestataires de services étrangers, sans y faire participer les acteurs de l'écosystème marocain», déplore le gérant d’un incubateur.

    Ces démarches ralentissent la montée en puissance des acteurs d'accompagnement marocains en réduisant leur capacité à financer leurs activités, en introduisant une nouvelle concurrence sans même une logique de transfert d'expertise. Conséquence: l’écosystème a du mal à déployer des programmes de qualité sur la durée, ce qui impacte la pérennité du business model.

    Avec la pléthore de dispositifs d’accompagnement existants, finalement, l’on se retrouve avec une dizaine de programmes qui font que l’on se répète forcément quelque part avec des déperditions d’énergies. S’il y avait de la cohérence et de la convergence, l’ensemble des initiatives devraient travailler de manière transversale, de manière à développer des synergies.

    Différents dispositifs d'incubation (OCP, Cfcim, CGEM, CDG, opérateurs télécoms…) fonctionnent en silo sans véritable synergie, coordination, encore moins une convergence. La logique veut que si l’on est dans une approche transversale, l’écosystème ira encore plus loin et plus vite.

    Avec une instance de pilotage, l’écosystème pourrait ratisser plus large en termes de domaines d’expertise, d’émulation, d’originalité et de créativité. Tous ces programmes réunis touchent combien de porteurs de projets? Au-delà des présentations, ou encore l’enjeu d’enjoliver ses indicateurs RSE… quelles sont les retombées de toutes ces initiatives? Quels sont les résultats des projets financés? En termes de levées de fonds, les startups marocaines n’ont mobilisé que 3 millions de dollars US en 2018, contre plus de 50 millions en Egypte et 200 millions au Kenya.

    L’écosystème marocain regorge de nombreuses initiatives d'accompagnement aux startups. Les dispositifs d'incubation les plus parlants et les plus pertinents:

    ■ 212 Founders
    La CDG veut faire émerger des startups de dimension mondiale à partir du Maroc. C’est à ce titre que la branche investissement du groupe (CDG Invest) a lancé, début octobre, la première promotion de son programme d’accélération 212 Founders. L’investissement dans l’accompagnement représente l’essence du programme. Les startups accompagnées bénéficieront d’un financement allant de 1 à 3 millions de DH en contrepartie d’une prise de participation. Elles auront également accès au réseau national et international de la CDG pour leur développement.

    ■ LaFactory
    En 2 ans, LaFactory a réussi à mettre en place un programme basé sur une relation de confiance avec les startups, les corporates et les investisseurs. Son programme d’accélération Scalerator donne accès à un mentorat personnalisé visant à les accompagner jusqu’au déploiement de leurs solutions, la mise en relation avec de grandes entreprises. A l’issue des deux premières campagnes de recrutement, près de 50 startups ont été accompagnées, 24 bons de commande octroyés, 16 startups financées, 2 levées de fonds et 1 rachetée.

    ■ Kluster Cfcim
    Le Kluster est le programme d'accompagnement de la Chambre française de commerce et d'industrie du Maroc. Lancé en octobre 2017, il incube 5 startups, installées dans ses locaux. S’y ajoutent 20 autres jeunes pousses, soit 25 bénéficiaires du mentoring d’une cinquantaine d’experts bénévoles sur des problématiques marketing, de ventes, finance, stratégie, achats... L'ADN du programme est axé sur le commerce. La structure se fixe pour objectifs d’aider au développement d'au moins 5 TPE dans les 3 prochaines années. «C'est-à-dire des entreprises réalisant entre 2 et 5 millions de DH de chiffre d'affaires et ayant créé entre 2 et 10 emplois», explique Jérôme Mouthon, président du Kluster Cfcim et de la FrenchTech Maroc. Il table sur un chiffre d’affaires global de 3 millions DH cette année pour les 5 startups, dont 1 million pour la plus performante. 

    ■ Impact Lab
    Impact Lab offre un accompagnement opérationnel sur mesure de 12 mois à des startups à différents stades de maturité, notamment des entrepreneurs au stade de l'idée structurée pour accélérer leur mise sur le marché, ou encore des startups plus matures pour accélérer leur développement et leur levée de fonds… Quelques success stories sont issues de ses programmes, notamment Popaddress, acteur du pop-up store ou encore la startup ITL, qui opère dans l'exploitation de la data pour optimiser les "routes to market" des acteurs des biens de consommation courante (Coca Cola, Danone, Dalaa…).

    M.Ko

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc