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    TPME: Les banques sous pression!

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5623 Le 28/10/2019 | Partager
    L'interpellation royale va déverrouiller certains freins
    Les garanties exigées aux TPE souvent mises en cause
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    L'exposition des banques et des société de financement sur les TPME s'élevait à 179 milliards de DH à fin 2018, soit 37% de l'encours des crédits aux entreprises. Le rééquilibrage du portefeuille se poursuit et devrait s'accélérer à mesure que la confiance va se renforcer dans la relation banque/entreprise et de la viabilité des investissements

    Dans la bataille pour l'accès au financement, les TPME et les porteurs de projets ont récemment obtenu un soutien inattendu. Le Souverain, lui-même, a interpellé les banques sur la nécessité de renforcer leurs actions à l'endroit de ces acteurs économiques et, plus globalement, à jouer un rôle encore plus important dans la relance de l'économie.

    Dans les QG des banques, ce rappel met une pression énorme et crée une obligation de résultat immédiat. Chaque établissement travaille au renforcement de son dispositif pour mieux adresser ces prospects. «Les formules de financement existantes pour les PME et certaines catégories de TPE sont diversifiées, sachant qu'il existe des mécanismes de garanties qui leur facilitent l'accès au crédit.

    Aujourd'hui, il s'agit de s'ouvrir davantage aux porteurs de projets», relève Mostafa El Jaï, économiste, banquier. Pour la profession, l'une des premières réponses au discours royal a été la coordination avec le gouvernement pour la mise en place d'un fonds de 6 milliards de DH sur trois ans dédié à l'entrepreneuriat. Ce fonds sera alimenté à parité par le budget de l'Etat et les banques. Les concertations se poursuivent pour l'opérationnalisation du fonds.

    En pratique, il devrait permettre d'adresser les problèmes liées aux garanties et aussi favoriser le renforcement du dispositif d'accompagnement non financier des entrepreneurs pour rendre leurs projets bancables. Il faudra tirer toutes les leçons de l'échec des programmes «Jeunes promoteurs» et Moukawalati au moment de l'élaboration de ce nouveau dispositif.

    L'appel du Roi aura aussi pour effet d'accélérer la mise en œuvre de tous les leviers à la disposition du système bancaire et des acteurs publics pour jouer pleinement leur partition. Dans le même temps, la méconnaissance des dispositifs existants constitue un frein important.

    Le régime de l'auto-entrepreneur par exemple doit être encore amélioré et surtout mieux vulgarisé. Le «Small business Act», promis par le ministre des Finances dès cette année, regroupera l'ensemble des dispositifs de soutien aux TPME, startups, pour les rendre plus lisibles.

    Les difficultés d'accès au financement sont partagées par les PME et porteurs de projets dans plusieurs économies émergentes et avancées. Mais les situations diffèrent d'un pays à un autre. Au Maroc, les lacunes ne doivent pas faire oublier les avancées enregistrées ces dernières années.

    Comparé au début des années 2000, les TPME sont moins négligées par les banquiers. Le développement des outils d'appréciation de risque, la montée en puissance de la Caisse centrale de garantie et les incitations de la Banque centrale, entre autres, ont permis de déverrouiller l'accès au financement bancaire à de nombreuses PME. Sur 100 DH d'encours de crédit aux entreprises, 37 DH ont été alloués aux TPME.

    L'exposition des banques et des sociétés de financement sur cette population s'élevait à 179 milliards de DH à fin 2018. Le rééquilibrage du portefeuille se poursuit et devrait s'accélérer à mesure que la confiance va se renforcer dans la relation banque/entreprise.

    La troïka BAM-CGEM-GPBM, instituée en 2016 pour la relance de l'investissement, avait notamment pour objectif de lever certains obstacles qui altèrent le financement des petites  entreprises. Elle a abouti à la décision des banques de communiquer le rating des entreprises, leur donnant ainsi la possibilité d'améliorer les points faibles de leur dossier. Ceci dit, le déblocage d'un prêt ne repose pas uniquement sur la notation.

    Celle-ci est pondérée avec des éléments qualitatifs et prospectifs pour mieux apprécier le risque. Malgré les progrès, l'accès au financement bancaire des PME se heurte encore à des difficultés structurelles liées à l'asymétrie d'information et à la faible structuration des entreprises. Par ailleurs, la situation économique et la montée du risque dans certains secteurs ont des effets sur le financement des entreprises.

    «Les banques sont en quête de projets d'investissements, mais des projets créateurs de valeur. Elles surveillent davantage leur exposition à certains secteurs à cause de la conjoncture. Mais lorsque le projet est viable, il n'y a pas de raison qu'elles ne le financent pas», avance un banquier. Par ailleurs, le secteur doit aujourd'hui composer avec une réglementation plus exigeante.

    «Les règles sont plus strictes que par le passé et nous sommes par ailleurs dans un contexte de ralentissement des dépôts d'où l'importance de mieux contrôler le risque». Dans le même temps, les banques doivent investir davantage dans l'innovation pour mieux apprécier le risque lié aux PME et développer des offres mieux adaptées. «Les mêmes règles ne peuvent pas s'appliquer à toutes les catégories de clientèle. Le système bancaire doit innover dans le financement et surtout s'aider des nouvelles technologies», note El Jaï.

    Il faudra aussi que la réglementation s'adapte pour plus d'efficacité. Le financement de l'économie ne peut pas aussi reposer uniquement sur les banques. Il faudra développer les autres sources (Bourse, private equity, marché de la dette privée, crowdfunding...) pour améliorer l'accès des entreprises au capital.

    F.Fa

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