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    Mobile money: Le grand challenge du modèle économique

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5607 Le 04/10/2019 | Partager
    Une phase de test grandeur nature de 2 à 3 ans
    Objectif: 6 millions d’utilisateurs et 1,5 milliard de transactions d’ici 2024
    Interopérabilité, acceptabilité, cadre réglementaire... Les verrous

    Comment favoriser le décollage du paiement mobile? Quels enjeux sur l’inclusion financière? Quels sont les leviers et les verrous de cet écosystème en gestation? Ce sont là autant d’interrogations auxquelles des experts et consultants ont tenté de donner les premiers éléments de réponses et d’analyses lors d’un colloque sur «le Mobile money: un levier pour catalyser l’inclusion financière».

    L’événement fait partie d’un cycle de conférences organisé par l’opérateur télécoms Inwi, l’Agence du digital et le think tank Digital Act. L’objectif étant de démystifier, donner du sens et vulgariser la culture inclusive du paiement mobile au Maroc pour l’implémenter durablement dans les comportements et les territoires.

    «L’avion du Mobile money est dans la piste. Il a tous les ingrédients pour décoller. Or, malgré l’accouchement difficile, cela ne décolle pas encore», résume d’emblée Saloua Karkri Belkeziz, présidente de l’Apebi. «Mais pour que l’avion puisse décoller, il va falloir mettre les gaz et lever les freins», tient à préciser Ghassan El Machrafi, président d’Inwi Money. Autrement dit, opérer un changement de paradigme et réfléchir à un business modèle porteur de valeur ajoutée envers le client final.

    Aujourd’hui, tout l’enjeu du paiement mobile repose sur la mise en place d’un modèle économique viable, soutenable et pérenne lequel implique une large adhésion de la population. Le business modèle est une pièce maîtresse, car il est censé être le carburant du grand chantier du nouveau modèle économique du Maroc. «Je ne conçois pas l’échafaudage d’un nouveau modèle économique sans le recours au digital», soutient un expert.

    Tous les modèles devront participer pleinement au nouveau modèle économique, lequel devra reposer sur la désintermédiation, la disruption jusque dans les services de l’administration publique et des institutions étatiques. «C’est tout un écosystème qu’il va falloir mettre en place, mais qui ne fonctionnera que s’il est adossé à des services à valeur ajoutée», analyse Nicolas Lévi, CEO de Inwi Money.

    Et d’ajouter, «dans 2 à 3 ans, nous saurons si le modèle fonctionne bien». Autrement dit, il va falloir accélérer. L’objectif est d’atteindre 6 millions d’utilisateurs et 1,5 milliard de transactions d’ici 2024! La fenêtre de tir est ouverte sur les 5 prochaines années.

    Lancée officiellement il y a un an, l’activité du paiement mobile tarde à démarrer. Les opérateurs télécoms sont dans les starting-blocks. Certains déploient déjà leurs solutions. Malgré cela, il y a encore des ajustements à opérer. A l’unanimité, les intervenants réclament une cohérence sur le plan réglementaire et à la levée de tous les verrous.

    Certes, de nombreuses avancées ont été réalisées en termes de dispositions et du cadre réglementaire, mais plusieurs aspects restent encore en suspens entre la Banque centrale et l’ANRT. C’est le cas notamment de fondamentaux tels que l’assouplissement réglementaire, la flexibilité, l’acceptabilité ou encore la notion de l’interopérabilité... Cette technologie, qui permet de relier un ensemble d’opérateurs autour d’une base commune, n’est pas encore opérationnelle.

    «Il va falloir que la monnaie soit partout inopérable... Ce n’est pas encore acquis. Or, c’est l’interopérabilité qui devra démocratiser et généraliser les usages», soutient un intervenant. «Ce qui a été proposé jusque-là n’est pas révolutionnaire. Ce n’est pas mal, mais pas assez», explique Yassine Sekkat, consultant de McKinsey.

    Le m-paiement repose sur trois typologies d’acteurs: les banques, les acteurs technologiques (start-up et agences de transfert) et les opérateurs télécoms qui ont créé des filiales dédiées. Le défi des opérateurs est de capter les 66% de la population non bancarisée. Ce qui permettra de généraliser les usages, accélérer les transactions et business, désenclaver la population... Et c’est là où réside l’ADN de l’inclusion financière qui devra démultiplier les usages digitaux et les services financiers.

    «Sur ce marché, la concurrence ne doit pas se faire entre les banques et opérateurs télécoms, mais plutôt contre le cash», relève Yassine Sekkat. Jusque-là les établissements bancaires restent frileux, voire expriment de vives inquiétudes contre la concurrence. Ce qui explique la multiplication de filiales bancaires dédiées au m-paiement. «Mais aucune solution n’est encore opérationnelle pour l’instant», relève un expert.

    Commerces: L’aubaine du maillage

    L’une des clés d’une adoption à grande échelle réside au niveau du circuit de distributeurs et commerçants. «Le nombre de retailers au Maroc va au-delà de 50.000. Il atteint 300.000», précise Chakib Alj, président de Tijara 2020. Le réseau de commerçants/retailers pourrait constituer une aubaine pour un vaste déploiement des solutions de mobile paiement. L’écosystème marchant a un double rôle, à la fois sur l’acceptation du moyen de paiement et en tant qu’agent: pour pouvoir faire des versements et des retraits. Le principe est de faire en sorte que les points de vente constituent un réseau de distribution directe. Mais encore faut-il relever le défi culturel de l’acceptation de la technologie.

    Amine Rboub

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