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    Politique

    Pourquoi le PPS a jeté l’éponge

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5606 Le 03/10/2019 | Partager
    Après plus de 21 ans dans la majorité, il bascule dans l’opposition
    La décision devra être entérinée par le comité central ce vendredi
    Plusieurs dirigeants dont El Othmani soulagés
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    A la veille du remaniement ministriel, Nabil Benabdellah est passé à l'acte en quittant l'executif pour des «raisons politiques» (Ph. L'Economiste)

    Finalement, le PPS a jeté l’éponge. Depuis le limogeage de Charafat Afailal l’année dernière, Nabil Benabdallah menaçait ouvertement de quitter le gouvernement. A la veille du remaniement ministériel, il est passé à l’acte. Il a choisi la réunion hebdomadaire du bureau politique de mardi pour en faire l’annonce officielle. Dans ce même élan, le parti convoque pour ce vendredi une réunion extraordinaire de son comité central pour valider cette décision. Sauf coup de théâtre, elle sera entérinée.

    Selon le communiqué de presse, ce sont des raisons politiques qui sont à la base de cette sentence. Les critiques au gouvernement se sont multipliées ces derniers temps, particulièrement sur son incapacité à gérer la situation politique et à  répondre de manière positive aux aspirations des couches populaires ou aux attentes de l’entreprise.

    En tout cas, les dissonances des composantes du gouvernement ne datent pas d’aujourd’hui. Les partis de la coalition privilégient les calculs pré-électoraux au lieu de se consacrer à la résolution des problèmes quotidiens des Marocains, souligne-t-on dans les rangs du PPS. Le bureau politique a estimé que la situation de la majorité actuelle ne manquera pas de s’aggraver d’ici l’échéance de 2021. Des tensions entre les formations vont s’exacerber. Ce qui empêche le gouvernement de mener à bien les grands chantiers ou de répondre convenablement aux orientations royales.

    Il est incontestable que la décision du PPS de quitter le navire risque de l’éloigner des centres d’intérêt de la décision politique et économique. En agissant ainsi, il court le risque de se voir marginalisé, après plus de 21 ans dans les arcanes des gouvernements successifs, depuis exactement le premier gouvernement d’alternance dirigé par Abderrahman Youssoufi en mars 1998.

    Aujourd’hui, il est acculé à réapprendre les réflexes de l’opposition. Déjà, ceux qui étaient attirés par la proximité du pouvoir vont plier bagages pour se rapprocher d’autres formations qui ont le vent en poupe. «C’est tout à fait normal, c’est l’intérêt qui prime», note l’un d’entre eux. Nabil Benabdallah voit les choses autrement. Pour lui, «l’opposition ne sera que constructive».

    Le parti va se concentrer sur la préparation des prochaines élections. Aujourd’hui, «les attentes des grandes franges de ce qu’on appelle le peuple de gauche ne sont toujours pas satisfaites. Il y a un vide qui s’est créé à ce niveau. Nous entendons essayer de le remplir», souligne le secrétaire général du PPS.

    En tout cas, la décision des camarades de Nabil Benabdallah ne manquera pas de contenter ses amis d’hier. Ainsi, le chef du gouvernement sera soulagé puisque ses marges de manœuvre seront plus larges dans la répartition des portefeuilles des ministres du PPS. Nabil Benabdallah s’entendait très bien avec Abdelilah Benkirane qui lui avait octroyé plus de postes dans le gouvernement que ne lui dictait sa représentativité parlementaire.

    Avec El Othmani, le courant ne passait pas. L’épisode du limogeage de Charafat Afailal avait failli mettre le feu aux poudres. D’autres dirigeants semblent soulagés par le départ du PPS. C’est le cas du RNI dont le président n’a pas caché sa volonté de reprendre le département de la Santé. Driss Lachgar est dans le même état d’esprit.

    Avec le départ du PPS du gouvernement, il voit un de ses vœux s’exaucer. A plusieurs reprises, il avait formulé le souhait d’appliquer la réduction des portefeuilles ministériels au nombre de partis formant la majorité. L’animosité qu’il cultive à l’égard de son ami d’hier, le secrétaire général du PPS, ne semble pas de circonstance.

    M.C.

                                                                       

    «Sans réponses politiques, impossible de continuer»

    - Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à prendre cette décision?
    - Nabil Benabdallah:
    Depuis à peu près 2 ans, nous avons exprimé un sentiment de colère et d’inquiétude qui existe au sein des différentes couches populaires. Sur cette base, nous avions appelé à un souffle démocratique nouveau. Nous avons sorti des communiqués dans ce sens. Nous en avons fait le slogan de notre congrès. A aucun moment, cet appel n’a été pris en considération. Plusieurs discours royaux se sont également arrêtés sur la nécessité d’apporter  des inflexions aux orientations politiques du gouvernement. Le dernier discours du trône l’atteste. Au contraire, ce gouvernement a approfondi les divergences de ses composantes et a donné, à plusieurs reprises, une image de désunion. Lorsqu’il a été question des changements dans ce gouvernement, nous avons exprimé que nos préoccupations sont d’abord et avant tout d’ordre politique. Il s’agit de voir quelle politique le gouvernement remanié compte mener? Nous n’avons pas eu de réponses. On a voulu nous pousser à discuter uniquement de l’organigramme et des postes ministériels. Nous l’avons refusé. Nous avons considéré que sans réponses politiques, il ne nous était pas possible de continuer à faire partie de ce gouvernement.

    - Pourquoi cette décision n’a pas été prise au moment du limogeage de Charafat Afailal?
    - Il en a été fortement question. A ce moment-là, la direction du parti n’était pas complètement unie sur la position de quitter le gouvernement. Pour préserver l’union du PPS, nous avons essayé de rester encore dans l’équipe. Malheureusement, cela n’a pas été constructif.

    - Selon les mauvaises langues, vous quittez le gouvernement à cause d’un seul portefeuille que vous alliez avoir. Qu’en dites-vous?
    - Avoir 1, 3 ou 5 portefeuilles dans ce gouvernement, sans orientations politiques qui correspondent à nos orientations et à celles des Marocains, ne nous intéresse pas. D’ailleurs, tout au long du mois de septembre, à aucun moment nous n’avions discuté de portefeuilles ministériels. Nous réclamions une déclaration politique claire pour montrer l’orientation que suivra ce gouvernement. Nous n’avons pas eu de réponse, nous partons. Cela n’a rien à voir avec ces considérations.

    Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

     

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