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    Cinéma Come-back tonitruant de Benbarka

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5603 Le 30/09/2019 | Partager
    Le réalisateur lance une épopée historique digne des sagas d’Hollywood
    Le film raconte l’histoire d’un espion espagnol envoyé au Maroc pour fomenter un putsch
    Il a été projeté en avant-première au Mégarama de Rabat
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    Juste avant de lancer la projection en avant-première, Souheil Benbarka s’est contenté de lâcher: «j’espère que vous ne serez pas déçus». Un vœu largement exaucé (Ph. Bziouat)

    En dépit de tant d’années et du grand nombre de films réalisés, Souheil Benbarka a visiblement toujours le trac. Un signe des grands professionnels. Juste avant la projection en avant-première de son dernier film «De sable et de feu», qui sortira dans les salles de cinéma au Maroc le 2 octobre, il s’est présenté devant les spectateurs des nouvelles salles de cinéma du Mégarama de Rabat, fraîchement construites. Au cours de cet exercice, il s’est contenté de lâcher, juste avant de lancer la projection: «j’espère que vous ne serez pas déçus». Un vœu largement exaucé.

    Dès le lancement de la projection, le spectateur est pris à la gorge par l’histoire de Ali Bey El Abbassi, un espion espagnol. Ce personnage, haut en couleur, était envoyé par le premier ministre d’Espagne pour fomenter un coup d’Etat contre le sultan du Maroc, Moulay Slimane.

    Ce dernier est accusé de vendre du blé aux anglais en échange d’armes destinées à la reconquête de l’Andalousie espagnole. Ce qui terrorise Madrid. L’histoire, basée sur des faits réels, est située entre 1802 et 1818, note la bande son du film, aux trois versions arabe, française et espagnole.

    Ce long métrage raconte les péripéties de cet intellectuel, astronaute, polyglotte et très apprécié par les cours royales de l’époque. Sa rencontre à Londres avec Lady Hester Stanhope, une aristocrate anglaise, nièce du premier ministre, se transforme en coup de foudre.

    En tout cas, en cours de route, cet espion a fini par adapter son plan à son ambition personnelle. Ce personnage, incarné par l’espagnol Rodolfo Sancho, qui se faisait passer pour un prince de Syrie, avait voulu prendre la place du Sultan du Maroc après le coup d’Etat contre Moulay Slimane.

    Pour y arriver, il avait entrepris de monter un scénario qui consistait à provoquer le soulèvement de certaines tribus marocaines hostiles au Sultan. Dans cette entreprise maléfique, il comptait s’appuyer sur le coup de pouce du Dey algérien qui s’apprêtait à envoyer en renfort des combattants algériens pour faire chuter le régime marocain.

    Lady Hester Stanhope tomba follement amoureuse du prince Bey Ali de Syrie, mais ne savait pas qu’il s’agit d’un espion espagnol. Elle est tellement éprise de lui qu’elle finit par quitter son Angleterre natale et partir en expédition en Syrie.

    Son amour pour lui était tellement fort qu’elle changea de religion pour se convertir à l’islam. Elle a vécu un destin extraordinaire en Syrie, sous le nom de Méléké. Elle fut couronnée reine de Palmyre. C’est cet amour intense qui finit par détruire le prince espion. Lorsque la reine Méléké découvre le pot aux roses, elle l’empoisonna. Avant cette fin tragique, elle menait des attaques avec des cavaliers qui brandissaient des fanions à l’effigie de Daesh. Une parabole contre le fanatisme religieux.

    Le film «De sable et de feu», qui dure 115 minutes, a été tourné dans les studios de Ouarzazate, les dunes Merzouga et des palais d’Italie et de France.  Une œuvre très forte, digne des sagas des grands réalisateurs anglais ou italiens. C’est d’ailleurs chez ces derniers que Souheil Benbarka a fait ses premières armes. Après des cours au Centre de cinéma de Rome, il devient assistant du grand maître italien Paolo Pasolini.

    Au Maroc, il a été producteur exécutif d’une trentaine de grands films notamment ceux de Martin Scorsese et de Ridley Scott. Auparavant, il a réalisé plusieurs longs-métrages dont «Les mille et une mains» et une dizaine de documentaires.  Souheil Benbarka a dirigé de grands acteurs d’envergure internationale comme Claudia Cardinale, Ugo Tognazi, Claude Riche et Naema Lamcharki.

    Absences

    Souheil Benbarka avait présidé aux destinées du Centre cinématographique marocain au cours du siècle dernier (1986-2003). Au cours de la projection de ce film, on n’a pas beaucoup croisé de cinéastes marocains, des acteurs connus, des producteurs ni l’actuel patron du CCM, Sarim Fassi Fihri. Le film qui sera bientôt lancé dans les salles de cinéma au Maroc devra certainement attirer un grand public, qui répond souvent présent lorsqu’il s’agit des productions nationales de qualité à l’instar des films à succès comme Road to Kaboul, Androman ou encore «A la recherche du mari de ma femme». 

    Mohamed CHAOUI

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