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    International

    Chine-Etats-Unis: Le porc tempère les tensions commerciales

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5601 Le 26/09/2019 | Partager
    Pékin annule les surtaxes sur la viande porcine américaine
    Enjeu, la consommation chinoise porte sur 56 millions de tonnes
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    Début 2019, vingt provinces chinoises sont touchées par la peste porcine et un million de bêtes ont été abattues et retirées de la consommation. Les dernières apparitions de la maladie déclarées par la Chine se rapprochent de la frontière du Laos au sud du pays. L’épidémie a également atteint le Vietnam, le Cambodge et la Mongolie

    La crise de la viande porcine en Chine amène Washington et Pékin à la table des négociations sur les relations commerciales. La viande de porc est devenue une monnaie d’échange dans les rapports sino-américains. Bloquées depuis mai 2019, celles-ci vont reprendre en octobre prochain à Washington. Des discussions techniques menées en fin de semaine dernière aux Etats-Unis  ont été «productives», assurent les services du bureau du représentant américain au Commerce.

    La pénurie de viande porcine est d’une telle ampleur qu’elle a forcé les autorités chinoises à puiser dans les réserves. Pékin vient d’abolir par ailleurs les surtaxes douanières sur la viande américaine, ouvrant la voie à une détente dans la guerre commerciale.

    Depuis le début de la crise, le prix s’est envolé de 46,7% sur un an en août. Un Chinois mange en moyenne 39,5 kilos de cette viande par an. A titre de comparaison, un Suisse en consomme 23 kilos, un Français 32 kilos et un Allemand 38,2 kilos.

    La pénurie  de la viande porcine  en Chine n’est pas nouvelle. Mais elle vient d’atteindre des proportions inattendues. De quoi justifier l’intervention du pouvoir central qui veut aussi prévenir tout mécontentement lié au renchérissement des prix. Pékin a décidé la semaine dernière  de puiser 10.000 tonnes de viande congelée dans ses réserves stratégiques pour éviter toute pénurie pendant les fêtes.

    C’est un volume marginal par rapport à la consommation de 55,95 millions de tonnes. Mais selon les autorités chinoises, c’est l’équivalent de la demande d’une semaine dans les grandes villes. Les réserves stratégiques, un million de tonnes, sont alimentées par des importations.

    Mais épidémie oblige, Pékin a interdit la semaine dernière l’import à partir de la Corée du Sud. Un foyer de peste porcine ayant été découvert dans un élevage au nord du pays. Le virus serait parti de la Chine vers les pays voisins, notamment le Vietnam et la Corée du Nord.
    Le Japon, le Cambodge, le Laos, la Birmanie et la Russie sont également infectés à degrés divers (voir carte ci-contre).

    Toujours est-il que l’empire du Milieu n’arrive pas à maîtriser cette crise qui bouleverse le pays depuis l’an dernier. Premier producteur et consommateur mondial de viande de porc, le pays compte quelque 26 millions de porcheries qui produisent un milliard de cochons par an.

    Mais les élevages, dont nombre d’entre eux sont des exploitations familiales, ont été attaqués par la peste porcine africaine. Des abattages de grande ampleur ont été menés et, selon les autorités chinoises, le cheptel a diminué de 15% au premier trimestre 2019, Année du cochon.

    Parallèlement, Pékin, mais aussi les autorités régionales, a mis en place des programmes d’aide aux grands éleveurs. Ceci, tout en diversifiant les sources d’approvisionnement. La Chine s’est ainsi  tournée vers de plus grands producteurs, notamment la France, l’Allemagne, le Brésil et l’Argentine.

    Monnaie d’échange dans la guerre commerciale

    Dans un contexte de guerre commerciale, la Chine a imposé en juillet dernier des droits de douane de 25% sur la viande de porc américaine, ce qui a fait chuter ses importations. Mais la pénurie qui frappe le marché chinois a obligé Pékin  à revoir sa stratégie. Le 13 septembre, elle a évoqué «un geste de bonne volonté et annoncé l’exemption de cet aliment de tout droit». Du côté des Etats-Unis, la décision chinoise est bienvenue, les exportateurs américains se plaignant depuis plusieurs mois du manque à gagner à cause de la fermeture du marché chinois.

    A.G.

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