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    Analyse

    Conseil BAM: Le déficit de liquidité frôle les 100 milliards de DH

    Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5601 Le 26/09/2019 | Partager
    La baisse de la réserve obligatoire prélude d’une révision du taux directeur en décembre
    L’injection des 11 milliards de DH effective dès aujourd’hui
    Une marge de manœuvre pour stimuler le crédit
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    Il n’est pas prévu que le déficit de liquidité bancaire se résorbe sur le court terme. Bank Al-Maghrib table sur son creusement à horizon 2020 à près de 100 milliards de DH

    C’est une véritable bouffée d’oxygène pour les banques. La baisse de la réserve obligatoire de 2 points à 2%, comme nous l’annoncions dans notre édition du 25 septembre, va permettre dès aujourd’hui (date d’effet) d’injecter directement 11 milliards de DH nets dans le marché monétaire. De quoi soulager un marché au bord de l’asphyxie.

    Le niveau de déficit a, en effet, atteint des sommets historiques frôlant les 100 milliards de DH en moyenne hebdomadaire. Selon les dernières données disponibles chez Bank Al-Maghrib, le besoin de cash des banques s’est creusé à 78,6 milliards en juillet pour culminer à 95,5 milliards en août. Pour tenter d’apaiser les tensions, l’institut d’émission a injecté du cash.

    «Le volume des injections est ainsi passé à 77,7 milliards puis à 97,1 milliards durant les deux mois avec 3 opérations d’avances à 24 heures dont la plus importante a atteint 4,8 milliards au 9 août», souligne BAM. En prévision, BAM promet que le déficit de liquidité va être réduit à 77,6 milliards de DH d’ici fin 2019 avant de se creuser davantage en 2020 à 96 milliards de DH. Outre cette baisse de la réserve obligatoire, la banque centrale a relancé les opérations de swap de devises.

    D’après une source au sein d’une des salles de marché, «BAM a injecté près de 4,3 milliards de DH sous forme de swap de change». A travers ce mécanisme, le régulateur bancaire mise du cash sur le marché en contrepartie des devises détenues par le système bancaire sur une période prédéfinie. Il se peut si les tentions persistent de prolonger ce délai.

    A travers ces injections, BAM poursuit sa politique monétaire accommodante sans toucher au taux directeur. Mais, selon des sources de marché, l’institut d’émission pourrait être contraint d’abaisser le taux en décembre si la situation n’évolue pas compte tenu de l’inflation qui devrait se situer à un niveau plus que convenable (1,2%) à horizon 2020 pour relancer les crédits. Justement, le crédit dans sa globalité s’est accéléré de 4,2% à 4,5%.

    Cette hausse recouvre un accroissement de 3,7% du crédit au secteur non financier durant le deuxième trimestre 2019 suite à l’amélioration du rythme de progression des prêts accordés aux entreprises privées et aux ménages ainsi qu’à la baisse des concours aux entreprises publiques. La banque centrale prévoit une stabilisation du rythme de progression de crédits au secteur non financier à 3,7% en 2019 avant de s’accélérer en 2020 à 4,7%.

    D’après les spécialistes, les raisons des tensions sur la liquidité sont nombreuses. A commencer par la stabilisation du rythme de croissance des dépôts à vue à 3,4%. Celle-ci regroupe une légère accélération à 3,6% pour l’épargne des ménages et un ralentissement de 2,4% à 1,8% pour celle des entreprises privées.

    Dans ce sillage, les dépôts à terme se sont inscrits en décélération de 4,6% à 1,3%, en raison du fort ralentissement de la croissance des dépôts des entreprises publiques de 90,6% à 40,5% et à la baisse de 0,4% de ceux des entreprises privées.

    En face, la monnaie fiduciaire a accéléré sa progression à 7,9% alors que les dépôts en devises ont augmenté de 3,1%. Last but not least, la principale composante de M3 que sont les réserves internationales nettes a diminué de plus de 3%.

    En perspective, compte tenu de l’évolution des autres contreparties de la masse monétaire, l’agrégat M3 devrait progresser à 4,5% en 2019 et à 4% en 2020.

    Quid des taux

    Après être resté très proche du taux directeur au cours du deuxième trimestre et en juillet, le taux interbancaire s’est emballé en août avec une hausse à 2,44%. A l’inverse, les taux sur le marché des bons du Trésor ont significativement reculé au deuxième trimestre pour les maturités longues aussi bien sur le marché primaire que secondaire. Ils se sont tout de même quasiment stabilisés pour l’ensemble des maturités en juillet et août, selon BAM.

    Moulay Ahmed BELGHITI

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