×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    Conseil BAM: Abdellatif Jouahri règle ses comptes

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5601 Le 26/09/2019 | Partager
    Le gouverneur de la banque centrale répond aux partisans des déficits et de l’inflation
    BAM maintient sa prévision de déficit budgétaire, hors privatisation, autour de 4%
    Le dialogue social aura un impact de 0,3% sur la croissance
    jouahri_abdellatif_001.jpg

    Baisser le taux directeur ne règlera pas les maux de l’économie, sachant que la transmission aux taux débiteurs est lente. Nous avons davantage un problème de confiance, de visibilité, de cash..., a laissé entendre Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib (Ph. L’Economiste)

    La réunion du conseil de politique monétaire de septembre a abouti à un statu quo sur le taux directeur. En revanche, la banque centrale a apporté une réponse à la tension sur les liquidités bancaires en baissant le taux de la réserve monétaire de 2 points à 2%. Par ailleurs, le gouverneur a répondu aux critiques sur la conduite de la politique monétaire. 

    ■ «Je ne souhaite pas revivre un autre PAS»
    «Que ceux qui estiment qu’il faut baisser le taux directeur, de laisser filer le déficit budgétaire et l’inflation pour relancer l’économie, partagent avec nous les études et les simulations qui démontrent les effets positifs de telles mesures sur la croissance. La banque centrale est ouverte à la discussion... Il ne faudrait pas qu’on laisse aux générations à venir des dettes insupportables. Je ne souhaite pas au Maroc de revivre un autre plan d’ajustement structurel... Je demande beaucoup de modestie et d’humilité lorsqu’on traite ces sujets parce que ce sont des politiques publiques qui ont des conséquences énormes. Cela nécessite d’apprécier chaque situation globalement et les conséquences qui en découleront. Le conseil de Bank Al-Maghrib est composé de personnes de divers horizons et ses décisions sont prises à l’unanimité. Il n’aurait pas hésité à baisser le taux directeur si nécessaire.
    Les dernières manipulation du taux directeur et les mesures non conventionnelles de soutien à l’économie n’ont pas eu les effets escomptés. En outre, lorsqu’on baisse le taux directeur, l’impact est immédiat sur les taux créditeurs, en revanche la transmission aux taux débiteurs est plus lente. Aujourd’hui, nous avons davantage un problème de confiance, de visibilité, de cash...».

    ■ Inflation: 0,2% en moyenne, mais surchauffe dans l’enseignement
    Les prix à la consommation progressent lentement depuis le début de l’année avec une moyenne à 0,2% sur les huit premiers mois. Sur l’ensemble de l’année, l’inflation s’établirait en moyenne à 0,4% contre 1,9% en 2018, selon les prévisions de la banque centrale. Si la hausse des prix est atone depuis le début de l’année, cette situation masque des disparités. Certaines rubriques affichent de fortes hausses, et ce depuis plusieurs années. C’est le cas principalement des prix dans l’enseignement. Ils affichent une hausse moyenne de 3,4%. Exceptés les produits alimentaires (-1,7%) et le transport (-0,2%), les prix  progressent aux alentours de 1% pour les autres composantes du panier de l’inflation.

    ■ Finances publiques: L’objectif du déficit budgétaire menacé?
    Hors privatisation, le déficit budgétaire s’établirait à 4% en 2019 selon les nouvelles projections de la banque centrale. Elle anticipait un déficit de 4,1% du PIB en juin dernier. Le gouvernement aurait donc du mal à tenir la trajectoire fixée, notamment après les concessions dans le cadre du dialogue social. A l’inverse, la banque centrale évalue à 0,3% l’impact du dialogue social sur la croissance. Après huit mois, le déficit budgétaire a atteint 35 milliards de DH. En excluant les rentrées exceptionnelles liées à la cession de 8% de Maroc Telecom, les recettes ordinaires ont augmenté de 3,4%. En face, les dépenses ont progressé plus vite, soit de 5,4% en raison de l’alourdissement des postes autres biens et services et de la masse salariale. La chute des dons en provenance des pays du CCG aura aussi des effets sur le bilan global.

    ■ Nouveau statut de BAM: «Cela ne veut pas dire qu’on n’agira qu’à notre tête»
    L’épisode du report de la réforme du régime de change a démontré que la coordination entre BAM, le gouvernement et même les banques n’était pas parfaite. Du coup, le gouverneur évite d’avancer tout calendrier sur la suite de la réforme du régime de change, répétant qu’il faut que les pré-requis soient réunis pour passer à l’étape suivante. En outre, les réunions avec les entreprises ont révélé un besoin de pédagogie sur la réforme, a laissé entendre le wali. En tout cas, le sujet était à l’ordre du jour de l’entretien entre le wali et le ministre des Finances (normalement hier 25 septembre). Le nouveau statut de Bank Al-Maghrib délimite bien le rôle de chaque partie en matière de politique de change. La décision de la manipulation du taux de change relève du gouvernement après avis de la banque centrale et toutes les analyses techniques sont du ressort de BAM.
    Le nouveau statut renforce aussi l’indépendance de la banque centrale. Elle définit et conduit la politique monétaire. Il y a une nuance, puisqu’auparavant, toutes les politiques publiques, dont la politique monétaire, étaient définies par le gouvernement. «Cela ne veut pas dire qu’on n’agira qu’à notre tête», insiste le wali de Bank Al-Maghrib. Le nouveau statut nous donne plus de responsabilité pour avoir la crédibilité, la rigueur, le sérieux, la transparence et la communication la plus large possible», ajoute le gouverneur de la banque centrale. Bien entendu, la politique monétaire s’inscrira dans le cadre de la politique générale du gouvernement et fera l’objet de discussions entre le ministre des Finances et le gouverneur de la banque centrale pour préserver les équilibres macroéconomiques.

    F.Fa

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc