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    Analyse

    Brexit: «L’absence d’ALE sera une catastrophe!»

    Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5599 Le 24/09/2019 | Partager
    Le Maroc et le Royaume-Uni ont jusqu’au 31 octobre pour finaliser l’accord
    Le cas échéant, les échanges commerciaux prendront un sérieux coup
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    Thomas Reilly, ambassadeur du Royaume-Uni à Rabat: «Le système britannique peut être une alternative. Un système éducatif qui encourage l’entrepreneuriat et la prise de risques» (Ph. L’Economiste)

    Au-delà du 31 octobre, les échanges entre le Maroc et le Royaume-Uni seront automatiquement soumis aux tarifs imposés par l’OMC. Ce qui se traduira par une augmentation conséquente des prix des produits échangés entre les deux pays. L’accord bilatéral doit remplacer l’ALE entre l’UE et le Maroc. Or, si un accord est très proche, il reste encore à régler 2 ou 3 questions, selon Thomas Reilly, ambassadeur britannique au Maroc.

    - L’Economiste: Quels sont les scénarios qui se profilent après le Brexit? Est-ce une opportunité ou une menace pour un pays comme le Maroc?
    - Thomas Reilly:
    Il y a certainement des opportunités. A titre d’exemple, les quotas appliqués à certains produits agricoles comme les tomates pourront augmenter,  puisque la part du Royaume-Uni sera répartie sur le reste des pays de l’UE. Et le Royaume-Uni va pouvoir importer ces produits directement du Maroc. En plus, il est envisageable que ces produits soient directement exportés via Tanger-Med, ce qui se traduira par une augmentation des échanges commerciaux directs entre les deux pays. En revanche, si les deux pays ne signent pas un ALE avant le Brexit, le 31 octobre prochain, ce sera la catastrophe! Car à ce moment-là, il va falloir appliquer les tarifs de l’OMC. L’accord bilatéral entre les deux pays doit remplacer l’accord existant entre l’UE et le Maroc. On est très proche d’un ALE avec le Maroc, mais il reste encore à régler 2 ou 3 questions à régler. Aujourd’hui, ma priorité est de ficeler l’ALE entre les 2 pays avant cette date fatidique.

    - Le processus est-il bien avancé? Peut-on avoir des indiscrétions sur les négociations en cours?
    - Les négociations ont démarré depuis longtemps, mais je ne suis pas mandaté pour faire un commentaire public sur l’état d’avancement des pourparlers. Des deux côtés, il y a une volonté de conclure cet accord. Mais il faut vraiment mettre le pied sur l’accélérateur.

    - A votre avis, quels sont les secteurs les plus vulnérables en cas de non-signature de l’ALE dans les délais?
    - Je préfère poser la question à l’envers. Aujourd’hui, les échanges entre les deux pays sont faibles, avec à peine 2,3 milliards de livres sterling, soit à peu près les mêmes volumes qu’avec l’Egypte, c’est bien en dessous de nos attentes. L’éducation, les énergies renouvelables, le secteur financier, les produits agricoles, les ports, les infrastructures … sont autant de secteurs où le Royaume-Uni peut investir. D’ailleurs, une délégation marocaine de très haut niveau fera cette semaine un déplacement à Londres pour encourager l’investissement britannique dans l’énergie, les hydrocarbures et surtout les énergies renouvelables.

    - A l’import, il y a des activités (comme l’automobile avec Honda, Nissan …) qui seront impactées en cas de non-signature d’un ALE ….
    - Effectivement, s’il n’y a pas un accord, les importations des produits automobiles seront assujetties aux tarifs douaniers imposés par l’OMC. Les prix peuvent augmenter de 15 à 20%, c’est énorme! Le textile est aussi très important, à mon avis, car il y a de grandes marques comme Marks & Spencer et BHS qui achètent de la Chine, mais la Chine devient de plus en plus chère. Il y a un vrai potentiel. Le secteur financier deviendra de plus en plus important aussi, puisque Casablanca veut devenir un hub financier.  Les secteurs de l’éducation et de la santé sont également très prometteurs. De même, les énergies renouvelables prendront de plus en plus d’importance.

    - Sur le tourisme, il y a un potentiel sous-exploité entre les 2 pays. Quels sont les gisements?
    - Le Maroc est le 3e pays le plus visité par les Britanniques, hors UE (après les Etats-Unis et la Turquie). Près de 720.000 touristes britanniques visitent chaque année le Royaume. Juste après la visite du prince Harry en février dernier, l’on a remarqué une hausse de 15% des arrivées des touristes. On espère que cette tendance va encore se poursuivre. Les britanniques sont les 2e en termes de nuitées.  Mais à mon avis, il y a encore des efforts à faire par l’ONMT pour promouvoir la destination auprès des touristes britanniques.

    - Que conseillerez-vous aux opérateurs économiques pour s’adapter à la nouvelle donne?
    - Les Britanniques, qui sont un peu conservateurs, connaissent mal le Maroc. Est-ce un pays francophone, arabe, africain …?  Comment il faut y travailler? Je pense que c’est aux Marocains de faire le premier pas afin de présenter les opportunités d’investissement dans le Royaume. Il faut convaincre les Britanniques d’investir. Et les atouts ne manquent pas: le Maroc est à 3 heures de vol, il n’y a pas de décalage horaire, vous avez une économie diversifiée, un bon niveau d’éducation, une ouverture vers les marchés internationaux… Il faut juste mieux se vendre …

    Propos recueillis par Aziza EL AFFAS

     

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