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    Analyse

    Télécoms: Le haut débit brime la compétitivité

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5594 Le 17/09/2019 | Partager
    Dans 2 ans, 80% des clients mobiles auront un smartphone
    Encore des marchés à prendre dans la fibre

    «La compétitivité des entreprises passe par les infrastructures télécoms, le haut débit, la data, les solutions innovantes», soutient Yves Gauthier, DG d’Orange Maroc.

    Au-delà de l’entreprise, la compétitivité d’une économie, voire d’un pays à l’international, dépend désormais de son capital humain, de ses infrastructures en nouvelles technologies et télécoms ou encore de son écosystème d’intelligence artificielle. Ce sont là les nouveaux paramètres de compétitivité dans une économie mondiale marquée par l’accélération des progrès technologiques, la digitalisation tous azimuts et l’intelligence artificielle.

    Le Maroc a tout intérêt à négocier un nouveau virage en s’appropriant les nouveaux facteurs de compétitivité. Autrement dit, il va falloir enclencher des politiques et stratégies disruptives, des ruptures ou encore un changement de paradigmes.

    En clair, opérer un changement de Mindset. Une responsabilité partagée entre l’Etat et le secteur privé. Le Maroc a été un modèle régional en termes de libéralisation et régulation des télécoms, aujourd’hui il accuse du retard sur le très haut débit, l’arrivée de nouveaux investisseurs sur le marché de l’Internet...

    Jusque-là, la compétitivité est brimée par le haut débit fixe qui reste sous-dimensionné. «Autant le haut débit mobile est bon, autant le haut débit fixe est sous-dimensionné. Le Maroc doit développer beaucoup plus la fibre. Et c’est là où le Maroc pèche en termes de très haut débit. Le marché manque considérablement de développement dans la fibre optique», constate Yves Gauthier.

    Sur le haut débit fixe, «il y a encore un monopôle. Mais qui dit monopôle, dit des parts de marché à prendre», relève le DG de la filiale marocaine du groupe français Orange. Et d’ajouter: «Sur la fibre, il y a des marchés à prendre, puisque tout est à faire».  C’était lors d’un panel de la 2e Université d’été de la CGEM, autour du thème: «Facteurs de compétitivité, quelle disruption».

    «La société devient digitale aujourd’hui. 70% des clients mobiles ont des smartphones. Ils seront 80% dans deux ans», annonce Gauthier. Qu’on le veuille ou non, le mode de vie devient digital avec des applications partout, le GPS, l’Internet des objets ou encore la relation et l’expérience client de plus en plus digitalisées.

    C’est déjà le cas chez de nombreuses entreprises et activités, banques, monétique, transfert d’argent, services, opérateurs télécoms, automobile... C’est avéré, les télécoms sont un accélérateur de productivité dans l’éducation, la santé, l’industrie, le tourisme, l’agriculture... Il y a aussi de la digitalisation interne (intra-entreprise), la numérisation, la data, le télétravail... «Ce qui accélère le rythme du travail, le volume et les flux des données traitées ainsi que la prise de décision», fait valoir Gauthier.

    Dans le secteur des télécoms, les cycles sont de plus en plus courts. Du coup, la réactivité doit être instantanée dans la prise de décision, le lancement de solutions/produits, l’analyse des informations et la veille concurrentielle. Tout l’enjeu est d’accélérer l’accès au digital. Autrement dit, mettre à la portée de tous des applications, des solutions, des formations, le réseau... Tout un écosystème est en train de s’installer.

    Aujourd’hui, les opérateurs télécoms mettent le forcing sur le digital car il apporte de nouveaux services, business et revenus au marché. Tout le défi est là! Le challenge consiste à opérer des ruptures qui créent des bénéfices, de la valeur ajoutée et de nouvelles opportunités pour être au diapason avec la compétitivité internationale. Car la notion de frontières disparaît avec le digital. Selon des études: «85% des emplois de 2030 n’existent pas encore aujourd’hui». Certes, le digital va tuer des emplois mais il va aussi en créer d’autres par milliers.

    Les frères Dalton...

    Selon Yves Gauthier, DG d’Orange Maroc, «sur le haut débit mobile, la concurrence est réelle. La position de IAM n’est pas gênante. En revanche, sur le haut débit fixe, l’opérateur historique devra ouvrir rapidement». Sur le partage d’infrastructures, Gauthier se veut ironique sur la situation actuelle et compare les 3 opérateurs aux «frères Dalton» en ce sens que «chacun creuse son trou dans une prison». Cette métaphore amusante renvoie aux infrastructures menées par les opérateurs pour déployer le réseau. Chacun creuse de son côté, installe des pylônes à part... Ce qui génère des redondances inutiles.  «Il n’y a pas de développement économique sans interconnexion dans la fibre». C’est dire que les instances réglementaires doivent faire des arbitrages. Il en va de la compétitivité du pays. 

    Amin RBOUB

     

     

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