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    Politique

    Remaniement: Le processus s’accélère

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5586 Le 05/09/2019 | Partager
    L’offre d’architecture gouvernementale imminente
    La compression de l’équipe presque acquise

    Le premier round des négociations pour le remaniement a démarré. Le chef du gouvernement a entamé ses premiers contacts avec les patrons des partis de la majorité. Dans les prochains jours, il reviendra vers eux avec une vision plus claire pour entrer dans le vif du sujet.

    Cette offre sera plus concrète et marquera le véritable coup d’envoi des tractations pour la formation du gouvernement El Othmani II. Pour lui, la ligne de conduite est toute tracée. Le message qu’il a cherché à passer à ses partenaires de la majorité au cours de ce premier contact est la nécessité d’une réduction du nombre des ministères.

    Les dirigeants sont d’accord sur le principe mais c’est lors de la répartition des portefeuilles que les choses se gâtent, comme soutient un chef de parti. Chaque formation souhaite obtenir le maximum en dehors de la sacro-sainte représentation parlementaire.

    Aujourd’hui, le gouvernement à 38 ministres est lourd à gérer. Avec cette inflation de membres du gouvernement, il est difficile à trouver la cohérence et l’homogénéité pour une application de programme. A ce titre, l’USFP rappelle que lors de la formation du gouvernement, il avait proposé une structure qui tourne autour de 22 ministres. Le parti reste sur la même vision.

    En tout cas, ce sont des schémas difficilement réalisables lorsqu’on sait que ce gouvernement compte 8 ministres technocrates dont deux aux Affaires étrangères, autant à l’Intérieur et un autre à l’administration de la Défense. A cela s’ajoute celui en charge du ministère des Habous et Affaires islamiques…

    Au-delà du nombre de maroquins, certains considèrent que la logique de compression doit s’étendre au nombre de partis formant la coalition gouvernementale. Avec cette logique, ils veulent sacrifier le PPS et l’UC. Pour convaincre, ils rappellent que sans ces deux formations, le gouvernement disposera toujours d’une majorité de la Chambre des représentants.

    Après cette étape, les choses sérieuses commencent. Le chef du gouvernement reviendra vers ses alliés pour aborder directement l’architecture du gouvernement. On abordera la répartition des portefeuilles pour savoir quelle formation prendra en charge quel secteur.

    L’opinion publique a encore en mémoire la dernière sortie du président du RNI qui lorgnait sur le secteur de la Santé. Cela avait d’ailleurs fâché le patron du PPS. C’est à partir de ce moment que les responsables des partis vont suggérer des noms de ministrables.

    Quand cet épisode est bouclé, le chef du gouvernement pourra alors présenter au Roises propositions, qui doivent être marquées par la logique des compétences et de la méritocratie, conformément aux orientations royales. Personne n'est en mesure d’avancer des délais, mais une chose est sûre: des contraintes imposent à Saâdeddine El Othmani d’accélérer le rythme pour boucler cette mission. L’une d’entre elles a trait au timing.

    La rentrée politique est un butoir moral mais sans aucune obligation constitutionnelle, note un dirigeant d’une formation de la majorité. C’est d’ailleurs la première fois qu’un remaniement est demandé publiquement, avec un calendrier. Cela coïncide avec l’ouverture de la session d’automne du Parlement, marquée par le discours royal considéré comme une feuille de route politique pour le prochain mandat. L’autre contrainte du calendrier réside dans la préparation du projet de loi de finances pour 2020.

    Le ministère des Finances a besoin d’un organigramme précis pour la répartition des dotations budgétaires sur les départements. Dans ce feuilleton du remaniement, le PPS s’est distingué des autres formations. En effet, le parti de Nabil Benabdallah a communiqué autour de sa rencontre avec le chef du gouvernement mais sans dévoiler le contenu des pourparlers.

    En tout cas, cela confirme qu’il a rencontré le patron du parti samedi dernier, ce qui a conduit à la convocation de son bureau politique mardi soir. Un communiqué de presse rend compte des travaux de cette réunion, qui avait comme point à l’ordre du jour, la discussion autour du remaniement. Les membres du bureau politique se sont interrogés sur les objectifs du remaniement, les orientations politiques de ce gouvernement et les moyens à mettre en œuvre pour relancer l’activité économique.

    Cela s’inscrit dans le cadre des orientations royales. Pour le PPS, «malgré l’importance de l’architecture gouvernementale et le nombre de portefeuilles, l’essentiel est de donner au pays un gouvernement fort et homogène, capable de piloter les grandes réformes souhaitées par SM le Roi ». Cette initiative est-elle le prélude d’une sortie du gouvernement?

    Méfiance

    C’est le chef du gouvernement qui a dicté la démarche à suivre pour les prochaines étapes avant de remettre ses propositions au Roi. Il a ainsi rencontré séparément chacun des dirigeants des partis de la majorité. La consigne donnée à cette occasion de garder la confidentialité du contenu des discussions. Il semble que la plupart des dirigeants l’ont respectée. En optant pour la méthodologie qui consiste à éviter de convoquer une réunion de la majorité, avec la présence des présidents, comme l’auraient souhaité certains dirigeants politiques, le chef du gouvernement place ses pions. Une approche qui n’est pas dénuée de calcul politique. En agissant ainsi, Saâdeddine El Othmani se méfie de ses alliés. Il veut éviter qu’ils ne se coalisent contre lui, pour lui imposer une gestion du remaniement de manière collective.

    M.C.

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