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    Brexit: Lourde facture en cas de «no-deal»

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5586 Le 05/09/2019 | Partager
    Des pertes de 16 milliards de dollars d'exportations vers l'UE
    Londres doit reconduire des accords commerciaux
    Des enjeux pour le Maroc, selon la Cnuced
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    Plusieurs pays accordent actuellement des traitements préférentiels à l'UE, mais pour lesquels le Royaume-Uni n'a pas encore conclu d'accords permettant un accès préférentiel au marché. La Turquie, l'Afrique du Sud, le Canada, le Mexique, le Japon, l'Egypte et le Maroc figurent sur la liste des marchés sur lesquels le Royaume-Uni est censé avoir des pertes à l'exportation plus importantes

    L'incapacité de reconduire tous les accords commerciaux existants ainsi que la perspective d'un Brexit sans compromis défavorise considérablement les exportateurs britanniques. Une nouvelle étude de la Cnuced(1) «The trade cost of a no-deal Brexit to the United Kingdom» revient encore une fois sur les conséquences d’une sortie de l’UE sans accord.

    Le Royaume-Uni doit conclure ses propres accords bilatéraux avec des pays qui accordent des préférences aux pays de l'UE afin de maintenir un accès préférentiel au marché. Environ 20% des exportations hors UE du Royaume-Uni risquent d’être soumises à des droits de douane plus élevés de la part de pays comme la Turquie, l’Afrique du Sud, le Canada, le Mexique et le Japon.

    Cela pourrait coûter aux exportateurs britanniques quelque 2 milliards de dollars. L’Egypte, le Maroc (près d’environ 120 millions de dollars) et l’Algérie figurent aussi parmi les marchés sur lesquels le Royaume-Uni est censé avoir des pertes potentielles (voir illustration).

    Le Brexit est au centre d'un débat houleux et intervient à un moment où l'UE conclut plusieurs accords avec divers partenaires tels que le Vietnam et les pays du Mercosur. Mais s’ils ne sont pas assortis de textes équivalents conclus par le Royaume-Uni, ils entraîneront des dégâts supplémentaires pour les exportateurs britanniques. Il faudrait s’attendre au pire en cas d'un Brexit sans accord.

    Car, il se traduirait pour les Britanniques par des pertes d’exportations d’au moins 16 milliards de dollars (ce qui représente environ 7% des exportations totales du Royaume-Uni vers l’UE). Plusieurs secteurs seraient exposés comme l’industrie automobile (5 milliards de dollars de pertes), les produits d’origine animale (2 milliards) ou encore les vêtements et textile (2 milliards).

    La Cnuced avertit que cette situation serait beaucoup plus importante en raison de l’introduction d’autres mesures non tarifaires, de contrôles aux frontières et de la perturbation des réseaux de production existants entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Enfin de compte, il faudra progresser dans la reconduction des accords en cours ou dans la recherche de nouvelles relations avec d’autres partenaires.

    En 2018, les exportations de marchandises du Royaume-Uni étaient évaluées à environ 450 milliards de dollars, celles vers l'UE représentant environ la moitié de ce chiffre. En tant que membre de l'UE, le Royaume-Uni bénéficie d’une quarantaine d'accords commerciaux grâce auxquels les membres de l'UE bénéficient d'un accès préférentiel au marché d'environ 70 pays.

    Dans l'éventualité d'un Brexit sans accord et en l'absence d'accords avec ces pays, le Royaume-Uni perdrait brusquement son accès préférentiel à ces marchés. Et, par défaut, le pays devrait exporter en vertu du principe dit de la nation la plus favorisée de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

    L’étude de la Cnuced a été publiée au moment où le Premier ministre conservateur Boris Johnson a présenté au Parlement une motion appelant à des élections législatives anticipées si les députés adoptent un texte visant à empêcher une sortie sans accord avec l'Union européenne.

    Fatim-Zahra TOHRY

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    (1) Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.

                                                                                 

    Les probables retombées sur le Maroc

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    • Il ne devrait pas être problématique de sous-traiter

    • Automobile, produits chimiques (y compris les produits pétroliers), machineries… exposés

    Détail avec Alessandro Nicita, économiste dans la Division du commerce international et des produits de base à la Cnuced.

    - L’Economiste: En cas de Brexit sans accord, le Maroc figure parmi les marchés sur lesquels le Royaume-Uni est censé avoir des pertes à l'exportation plus importantes. Quelles en seraient les retombées?

    - Alessandro Nicita: En l'absence d'accord sur le Brexit, les importateurs marocains de produits britanniques disposeraient de deux options. La première : payer les tarifs que le Maroc imposera au Royaume-Uni après un «no-deal» (le tarif NPF: Le principe de nation la plus favorisée). La seconde: acheter les produits importés ailleurs. Pour le Maroc, dans la plupart des cas, il ne devrait pas être problématique de sous-traiter au moins une partie des importations du Royaume-Uni vers d'autres pays de l'UE.

    - Quels sont les secteurs les plus exposés?
    - Les indicateurs reflètent l'augmentation moyenne des droits de douane auxquels les importateurs marocains du Royaume-Uni seraient confrontés. L’industrie automobile, les produits chimiques (y compris les produits pétroliers) et certaines machineries figurent sur la liste des secteurs où les hausses seraient les plus importantes. Les statistiques montrent également les effets de détournement des échanges, en millions de dollars. Cela peut être interprété comme la part des importations marocaines qui devrait être exportée du Royaume-Uni et importée d'autres pays.

    - Dans ce contexte, des mesures décisives s’imposent notamment pour des pays comme le Maroc?
    - Le Maroc devrait examiner s’il est dans son intérêt d’accélérer les négociations en vue d’un accord de reconduction. Des recherches antérieures de la Cnuced montrent que les exportations marocaines vers le Royaume-Uni chuteraient d'environ 97 millions de dollars en cas de non-accord sur le Brexit. Cela indique que les deux pays ont intérêt à finaliser un accord de reconduction. En l'absence d'un pareil accord, le Maroc devrait examiner si ses NPF tarifs  sont appropriés.

    Propos recueillis par Fatim-Zahra TOHRY

     

     

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