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    International

    Enseignement français à l'étranger: Une baisse des frais de scolarité?

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5584 Le 03/09/2019 | Partager
    Postes supplémentaires et hausse du budget…
    Le réseau ne cesse de croître au Maroc
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    En France, quelque 12,4 millions d'élèves ont repris lundi 2 septembre le chemin de l'école, du collège ou du lycée, pour une rentrée marquée cette année par plusieurs changements. Les 871.000 enseignants ont découvert leurs salles de classe et pris connaissance de leur emploi du temps (pour le secondaire) la semaine dernière

    En 2020, Paris va débloquer 25 millions d'euros supplémentaires pour l'enseignement français à l'étranger et les frais de scolarité seront rabaissés. C’est ce qu’a annoncé récemment le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian lors de la conférence des ambassadeurs de France.

    Le Maroc où le réseau des établissements français ne cesse de croître pourrait être concerné par cette décision. En 2018, il comptait plus de 37.000 élèves, dont 60% de Marocains. Il est appelé à se développer davantage dans les prochaines années, vu l’ampleur de la demande.

    Toujours selon Jean-Yves Le Drian, le nombre de professeurs sera augmenté, avec 1.000 enseignants titulaires supplémentaires détachés à l'étranger dans les prochaines années. Aussi, le niveau de participation des familles aux frais de scolarité qui avait dû être augmenté en 2017 reviendrait à son niveau de 2016.

    Dans le cadre des mesures d'austérité annoncées en 2017, le budget de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) avait été réduit de plus de 8%, pour le ramener à 354,5 millions d'euros en 2017. Ce qui avait suscité plusieurs mouvements de grève. Mais le gouvernement avait promis à l'AEFE qu'elle retrouverait en 2019 son budget d'avant les coupes.

    Dans son discours sur la francophonie du 20 mars 2018, le président Emmanuel Macron avait annoncé son intention de doubler le nombre d'élèves accueillis dans les quelque 500 lycées français à l'étranger, d'ici à 2030. Néanmoins, dans un rapport diffusé en 2018, la Commission des finances du Sénat avait estimé cet objectif «pas réaliste» à budget constant, évaluant à 14% depuis 2012 la baisse des crédits publics consacrés à l'AEFE. Ceci, alors que les charges ont augmenté de 19,5% entre 2012 et 2017, en raison d'une hausse du nombre des élèves (+11,4% depuis 2012) et des dépenses de personnel (+15,5%).

    Les établissements enseignant le français à l'étranger, communément appelés lycées français, accueillent près de 350.000 jeunes, dont 60% ne sont pas français. Les réactions à discours de Jean-Yves Le Drian sur la réforme de l’enseignement français à l’étranger ne se sont fait pas attendre.

    «Dans ce discours de clôture pas de grandes annonces mais la confirmation de la volonté du président de la République de doubler les effectifs des établissements d’enseignement français à l’étranger d’ici 2030 et les moyens d’y parvenir», a indiqué Michèle Bloch, membre du Bureau de Français du monde-adfe (Association démocratique des Français à l'étranger, https://www.francais-du-monde.org).

    Parmi les aspects positifs de ces engagements, il cite: l’affirmation du caractère de service public de l’enseignement français à l’étranger et la place centrale qu’y joue l’AEFE. L’homologation qui, même simplifiée, restera exigeante. Outre l’engagement du ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse de détacher 1.000 titulaires supplémentaires dans les prochaines années. Sans oublier la nécessaire formation, au niveau master, des personnels recrutés locaux.

    «C’est dans les moyens de ces ambitions que le bât blesse», note Michèle Bloch en argumentant ses propos:

    - Faute d’augmenter les moyens nécessaires au doublement des effectifs, la confirmation du recours à des investisseurs privés nous inquiète s’il n’est pas encadré par une homologation élargie à la gouvernance.
    - Les 25 millions d’euros supplémentaires à partir du budget 2020 ne permettront pas de retrouver dotation publique de l’AEFE d’avant la coupe de 33 millions d’euros à l’été 2017.
    - L’augmentation du nombre de titulaires sans aucune indication d’échéance et alors que l’on en a supprimé 500 sur les trois dernières années nous laisse songeurs.
    - Certains, (dépêche AFP), ont compris que les frais de scolarité allaient diminuer pour retrouver le niveau de 2016, il n’en est rien. Suite à la coupe de 33 millions d’euros, à l’été 2017, l’AEFE avait augmenté de 6 à 9% la participation financière complémentaire des établissements conventionnés (PFC). Cette mesure provisoire devait être ramenée à son niveau initial en 2020, ce qui est confirmé. Il ne s’agit en aucun cas d’une baisse des frais de scolarité.

    Frais universitaires pour les étrangers

    L'ON rappelle qu’au niveau du supérieur, la hausse des frais d’inscription en France pour les étudiants extra-européens a fait polémique au Maroc et à l’étranger. Une pétition s’est opposée à cette décision. A partir de cette rentrée universitaire, les tarifs passeront de 170 à 2.770 euros pour le cycle de la licence, de 243  à 3.770 euros pour les masters et les doctorats. Cette hausse inquiète les familles des 40.000 étudiants marocains que compte la France. Ils arrivent dans l’Hexagone à hauteur de 13.000 étudiants chaque année. Il s’agit de la première communauté étrangère, avant les Chinois, les Algériens et les Tunisiens (cf. notre édition N°5397 du 23/11/2018). A noter que plusieurs universités ont refusé d’appliquer la hausse des frais.

    F. Z. T.

     

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