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    International

    Tunisie: Une campagne présidentielle sous tension

    Par L'Economiste | Edition N°:5584 Le 03/09/2019 | Partager
    Le décès de Béji Caïd Essebsi a bouleversé le calendrier électoral
    Des affrontements meur- triers dans le nord-ouest du pays

    Un mois et demi après le décès du chef de l'Etat Béji Caïd Essebsi, la campagne présidentielle s'est ouverte officiellement lundi 2 septembre en Tunisie. Elle a été marquée par des affrontements meurtriers dans le nord-ouest du pays.

    Le décès, le 25 juillet à quelques mois de la fin de son mandat, de Béji Caïd Essebsi, premier président élu démocratiquement au suffrage universel, a bouleversé le calendrier électoral. Prévue le 17 novembre, l'élection présidentielle aura finalement lieu le 15 septembre et sept millions de Tunisiens sont appelés aux urnes.

    Une vigoureuse opération d'inscriptions sur les listes électorales a permis d'atteindre de nombreux jeunes très abstentionnistes lors des municipales de mi-2018. Aucun changement n'est prévu quant à la date des législatives programmées pour le 6 octobre, qui se tiendront donc entre les deux tours de la présidentielle.

    La Tunisie organisera trois débats télévisés incluant les 26 candidats à l'élection présidentielle du 15 septembre. Si l'instance chargée d'organiser les élections a interdit la publication de sondages, certaines enquêtes d'opinion circulent. Beaucoup placent en tête Nabil Karoui, homme d'affaires et magnat des médias détenu depuis le 23 août après avoir été inculpé de blanchiment d'argent dans le cadre d'une enquête en cours depuis plus de trois ans, rapporte la presse locale.

    Pas de sondages mais certaines enquêtes d’opinion circulent

    Après des incertitudes, l'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) a finalement validé sa candidature. Les soutiens de Karoui ont affirmé que «son arrestation en juillet était entachée d'irrégularités, accusant le chef du gouvernement Youssef Chahed, qui est l'un de ses rivaux pour l'élection, d'en être l'instigateur». Le gouvernement avait présenté une loi éliminant Karoui de la course, mais cet amendement, voté, n'a pas été promulgué par le défunt président Essebsi.

    Le Premier ministre a démenti toute intervention, affirmant que «cette arrestation avait augmenté la popularité de Karoui, qui a commencé à faire campagne à coups d'opérations de charité médiatisées par la chaîne de télévision qu'il a fondée». Chahed et Karoui, ainsi qu'au moins quatre autres candidats, sont issus ou proches du parti séculariste Nidaa Tounes fondé en 2012 et ayant fait élire Béji Caïd Essebsi en 2014.

    Les candidats sécularistes seront notamment opposés au premier candidat présenté par le parti d'inspiration islamiste Ennahdha, le président par intérim de l'Assemblée Abdelfattah Mourou. Pour le politologue Hamza Meddeb cité par l’AFP, «il y a une possibilité sérieuse qu’il soit au second tour, qui doit avoir lieu avant le 4 novembre».

    La grande inconnue sera son rival vu la fragmentation du paysage séculariste, ça pourrait être Nabil Karoui, Youssef Chahed, ou Abdelkrim Zbidi, ancien ministre de la Défense. Technocrate sexagénaire, ce dernier est sorti de l'ombre après avoir été appelé au chevet de Essebsi, qui l'a ainsi placé sur la liste de ses successeurs.

    Plusieurs anciens ministres et Premiers ministres (comme Mehdi Jomaa, ex-chef d'un gouvernement de technocrates, ou Hamadi Jebali, un dissident d'Ennahdha) sont également dans la course, ainsi qu'une pasionaria anti-islamiste, Abir Moussi.o

    F. Z. T. avec agences

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