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    Economie

    Les raisins de table attirent de plus en plus d’investisseurs

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5584 Le 03/09/2019 | Partager
    La filière assure les 2/3 de la production de la vigne sur un total de 427.140 tonnes
    La superficie du vignoble renoue avec sa dynamique d’avant 2006
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    Les raisins de table se concentrent dans les régions de Doukkala, Al Haouz, Benslimane, Rabat-Salé, Khémisset et Essaouira alors que le vignoble de cuve se situe principalement dans les zones d’El Hajeb, Khémisset, Meknès, Gharb et Moulouya, soit 80% de la superficie au niveau national

    Le festival de la vigne récidive et tient sa 12e  édition dans la province de Benslimane. L’objectif est d’ériger la vigne en pilier principal de développement local. Et le pari est jouable tant cette culture s’avère hautement rentable.

    Certes, le coût d’investissement est quelque peu onéreux, mais la rentabilité est aussi importante. Elle dépasse toutes les autres variétés de l’horticulture que ce soit pour ce qui est des raisins de table ou de vignoble de cuve.

    Cet événement traduit les efforts déployés depuis le lancement de la stratégie agricole pour la promotion de la filière viticole dans la province de Benslimane. La dernière édition a réuni les divers intervenants du secteur: matériel agricole, produits de protection des végétaux, emballage, conditionnement et démonstrations autour des techniques de conduite du vignoble.   

    La filière viticole revêt une importance socio-économique de premier ordre. Elle crée 6 millions de journées de travail par an au niveau de l’entretien des plantations et des activités liées à la transformation, au conditionnement et à la commercialisation de la production. Il s’agit également d’une source de revenus pour 5.000 familles de producteurs et  un chiffre d’affaires à l’export de l’ordre de 200 millions de DH/an.

    Lors de la campagne 2017-2018, la superficie viticole totale avait atteint 43.106 ha, selon les données du ministère de l’Agriculture. Environ, 36.180 ha sont réservés aux raisins de table (84%) et 6.930 au vignoble de cuve (16%).

    La production totale moyenne de raisins est de 357.000 tonnes/an (moyenne des cinq dernières campagnes). Au titre de la campagne 2017-2018, la production globale de raisin avait atteint 427.138 tonnes contre 342.690, une année auparavant, soit une augmentation de 24%. Plus des deux tiers de la production sont ainsi dédiés à la consommation de bouche et à l’export à l’état frais.

    Tout particulièrement, la province de Benslimane qui fête la vigne représente moins de 3% de la superficie totale. Elle en tire néanmoins une recette production brute de l’ordre de 120 millions de DH avec en prime 400.000 journées de travail par an.

    Dans cette même zone, le plan Maroc Vert s’était assigné pour objectif la reconversion de 1.500 ha réservés aux céréales à la viticulture au profit de 500 petits producteurs. C’est dire que l’activité retient tout l’intérêt du gouvernement en raison des recettes fiscales qu’elle draine au niveau de la vitiviniculture.

    Mais valeur actuelle, cet objectif reste encore éloigné. Une convention portant sur la reconversion de 500 ha de terres dédiées aux céréales vient d’être signée entre le gouvernement et l’Association Rouad qui organise le festival de Benslimane.

    Bien que l’activité offre d’importantes opportunités en termes de rentabilité et d’emplois et de l’export, le secteur avait marqué le pas ces dernières années. Actuellement, la production paraît renouer avec sa dynamique du quinquennat 2002-2006, durant lequel un volume de 350.000 tonnes était réalisé, toutes variétés confondues.

    La stagnation, voire le recul constaté par la suite avait concerné principalement les raisins de table à cause du vieillissement des plantations. Mais aussi en raison du déficit d’encadrement des petits producteurs et des coûts de protection des cultures et du coût élevé de l’investissement dans les plantations modernes.

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    Le Maroc cultive plusieurs variétés de vigne. Quatre variétés principales sont destinées à la transformation viticole: Cinsault, Carignan, Alicante, Bouchet et Grenache qui représentent 81% de la superficie totale. Alors que les variétés de table regroupent  Doukkala, Muscat d’Italie, Valency, Abbou, Boukhanzir et Muscat d’Alexandrie qui occupent environ 77% de la superficie totale

    En revanche,  la production de raisins de cuve s’est légèrement améliorée grâce à l’accompagnement de certains grands groupes leaders de la vinification. A titre d’exemple, le groupe Zniber fédère plusieurs producteurs (moyens et petits) dans la région de Fès-Meknès.

    Seule une petite superficie dispose d’équipements de haute technologie (serres, arrosage au goutte-à-goutte, filets anti-grêle, palissage…). Et la production de ces plantations est destinée, principalement, à l’export. Car, la récolte s’avère précoce avec des variétés à forte valeur ajoutée.

    Des entreprises étrangères spécialisées ont mis en place des plantations à la fin du siècle dernier dans la région de Marrakech (Les vergers du soleil, Silver fruits, Vigne Challenger, Agritalia…). L’objectif recherché est de produire du haut de gamme des raisins de table destinés à l’Union européenne.

    Certains d’entre eux ont même passé des conventions avec un leader mondial de l’agrochimie pour s’assurer une production conforme à la réglementation communautaire, notamment en ce qui concerne les limites maximales des résidus (LMR).  Aussi d’importants investissements ont-ils été réalisés (structures métalliques pour abris en plastique, stations d’emballage, chambres froides…) et ils ont introduit de nouvelles variétés importées (Early sweet, Sugraone, Redglobe…).

    La plupart sans pépins. L’enjeu tient aussi à la préparation d’une production qui coïncide avec le calendrier contingentaire de l’Union européenne. Il s’agit de produire des raisins de contre-saison pour bénéficier des franchises douanières de l’UE qui commencent à partir du 15 mai de chaque année.

    Le secteur assure 20.000 emplois agricoles et plus de 10.000 dans les activités connexes. Cependant, le Maroc reste un petit producteur par rapport au volume mondial annuel qui atteint 60 millions de tonnes, dont 12 millions sont destinés à la consommation de bouche.

    Pour développer le secteur, de nombreux projets sont mis en place par le plan Maroc Vert. La superficie devrait augmenter de 1.000 ha à Meknès-Tafilalet, ciblant une production additionnelle régionale de l’ordre de 40.500 tonnes à l’horizon 2020.

    Exigences agro-climatiques de la vigne

    La vigne préfère les climats semi-arides et subtropicaux avec des étés secs et chauds sans précipitations et des hivers doux.
    Pour la croissance des baies et leur maturité, il est nécessaire de disposer d’une atmosphère sèche, d’une température modérément chaude (de 15 à 40°C) et d’un fort ensoleillement. La vigne s’adapte à une large gamme de sols, mais préfère les terroirs  profonds argilo-limoneux, ayant une bonne structure et riches en matière organique.
    Le pH (potentiel hydrogène) doit être de 6,5 à 7,5 et la salinité faible. Les besoins en eau sont estimés entre 400 et 500 mm. Au cours de la période floraison-nouaison, la vigne est très sensible au déficit hydrique.

    Chiffres-clé

    ■ Coûts d’investissement à l’hectare
    • Type de conduite et installation
    - Au sol: 20.000 DH
    - Suspendue: entre 80.000 et 220.000 DH
    - Sous serre: entre 150.000 et 280.000 DH

    ■  Prix de vente sur pied à l’hectare
    - Au sol: entre 15.000 et 40.000 DH
    - Suspendue: entre 70.000 et 130.000 DH
    - Sous serre: entre 160.000 et 225.000 DH

    A.G.

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