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International

En Algérie, la mobilisation continue

Par L'Economiste | Edition N°:5536 Le 17/06/2019 | Partager
La société civile appelle à une transition de six mois à un an
Une feuille de route adoptée

La rue est toujours en colère en Algérie. L’emprisonnement d’ex-dirigeants politiques piliers de la présidence d’Abdelaziz Bouteflika n’a pas calmé la contestation dans le pays. Près d’une centaine d’organisations de la société civile algérienne ont appelé à une transition de six mois à un an maximum pilotée par une ou des personnalités consensuelles pour organiser l’élection d’un successeur au président Abdelaziz Bouteflika.

Ils ont aussi demandé la formation d’un gouvernement de compétences nationales pour la gestion des affaires courantes, dans une feuille de route adoptée à l’issue d’une conférence nationale de la société civile à Alger.

Après l’annulation, faute de candidat, de la présidentielle prévue le 4 juillet pour élire un successeur à Bouteflika, le pouvoir intérimaire appelle à un dialogue. Mais les manifestants continuent de demander des institutions indépendantes de transition.

Samedi dernier, ils ont précisé que cette période transitionnelle pourrait être supervisée par une personnalité nationale ou une instance présidentielle consensuelle. Leurs propositions permettront «l’accélération de la transition démocratique fluide conformément à un processus électoral concrétisant la rupture avec les systèmes de tyrannie et de corruption», selon la feuille de route. Ils préconisent aussi «l’ouverture d’un dialogue national global incluant tous les militants du Hirak, le mouvement de contestation».

Des milliers d’Algériens ont de nouveau manifesté pour un 17e vendredi consécutif, réclamant le départ de tous les anciens fidèles du président déchu.

Après 20 ans au pouvoir, le chef de l’Etat algérien a démissionné le 2 avril sous la pression conjuguée de manifestations populaires massives organisées chaque semaine depuis le 22 février et de l’armée. Mais depuis, le président intérimaire Abdelkader Bensalah et le chef d’état-major de l’armée le général Ahmed Gaïd Salah s’opposent aux manifestants sur les contours de la transition politique.

Les protestataires et la société civile refusent que les proches de l’ex-président encore aux commandes organisent une future présidentielle et réclament des institutions de transition indépendantes.

F. Z. T. avec agences

 

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