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    Politique

    Francophonie parlementaire: El Malki donne le la

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5536 Le 17/06/2019 | Partager
    L’intégration économique régionale est un impératif
    L’Afrique invitée à tirer les leçons de la crise de la démocratie en Occident
    Le vide institutionnel conduit au chaos et à l’anarchie

    Habib El Malki a mis les petits plats dans les grands. Pour la 27e assemblée régionale Afrique de l’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF), tenue les 14 et 15 juin à Rabat, le président de la Chambre des représentants a mobilisé tout le staff pour que cette rencontre, consacrée à l’intégration économique et le parlementarisme dans le continent, soit une réussite.

    Après les deux journées de travail à Rabat, les parlementaiures africains ont eu droit à une visite guidée de la ville de Fès. Pour le président, la complémentarité des deux thèmes est évidente: l’édification des espaces économiques intégrés est conditionnée par la stabilité, la paix, la consolidation de l’Etat de droit et d’institutions jouissant de la légitimité populaire.

    L’ancien ministre a rappelé que cette session se tient deux semaines  après l’entrée en vigueur de l’accord sur la Zone de libre-échange continentale (ZLEC). Il s’agit d’une grande avancée pour les économies africaines et aussi pour nos peuples qui aspirent à un avenir meilleur avec la création d’un espace commun de libre  circulation des biens, des personnes, des services, favorable à l’émergence d’un contexte plus attractif pour les investissements. Cet évènement est «l’aboutissement d’étape de plusieurs exemples d’intégration économique régionale», a souligné le président.

    Au cours de son intervention d’ouverture, Habib El Malki a livré à ses collègues députés de 26 pays membres de cette assemblée, en plus de représentants d’institutions régionales, une analyse originale de la crise de la démocratie en Occident. «Nous n’adhérons pas au constat qui suppose la fin de la démocratie telle qu’est pratiquée dans les pays à maturité institutionnelle.

    Cependant, nous sommes convaincus que la crise de représentation doit nous interpeller  pour tirer le maximum d’enseignements». Il s’agit de prouver que les démocraties du sud, particulièrement en Afrique, continent émergent, peuvent dégager de nouveaux horizons et jeter les bases de nouvelles formes de représentation institutionnelle, incarnée par les parlements, comme pierre angulaire de toute édification démocratique et fondement de stabilité. Car, s’il y a une crise de la démocratie en Occident, pour nous, c’est une opportunité pour tirer tous les enseignements possibles en vue de la rendre plus adaptée aux besoins des peuples africains.

    «Nous n’héritons pas de la terre
    de nos enfants, nous l’empruntons à nos enfants»

    «Chez nous, elle doit être une opportunité pour mieux adapter les valeurs, les normes et les mécanismes démocratiques.  Car le vide institutionnel ne conduit et ne pourra conduire qu’au chaos et à l’anarchie. Il ne peut mener que vers l’incertitude», a martelé le président du conseil national de l’USFP, qui a conclu par une célèbre phrase de Léopold Sedar Senghor: «Nous n’héritons pas de la terre de nos enfants, nous l’empruntons à nos enfants».

    Habib El Malki est relayé par Mohcine Jazouli, ministre en charge de la Coopération africaine. Pour lui, la francophonie n’est pas exclusivement géographique, ni même purement linguistique. Elle se veut avant tout une philosophie, une vision du monde et un espace de solidarité qui promeut le métissage culturel pour construire la civilisation de l’universel.

    «Cette francophonie peut participer à porter le décollage du continent. Il revient aux femmes et aux hommes politiques et aux législateurs de lui donner du sens et du contenu», a indiqué le ministre.  Ce dernier a fait état d’une volonté commune de construire une francophonie efficace au niveau économique et apte politiquement à apporter des réponses aux attentes du continent. Selon lui, le renforcement de la dynamique régionale et l’intégration africaine restent une nécessité impérieuse pour unir le continent africain et renforcer sa place sur la scène internationale.

    En tout cas, cette session a été marquée par l’examen de plusieurs points à l’ordre du jour, dont notamment la présentation d’un rapport sur le programme digital de l’Assemblée parlementaire de la francophonie. Les participants planchent aussi sur les préparatifs de la 45e session de l’Assemblée parlementaire de la francophonie et la neuvième session du Parlement francophone des jeunes qui se tiendra en juillet prochain à Abidjan.

    Au-delà des discours d’ouverture, l’intégration économique régionale a été au cœur des préoccupations des parlementaires. Pour beaucoup d’entre eux, elle est une condition essentielle pour la libre circulation des personnes et des marchandises en Afrique. Il leur revient aussi de défendre le projet d’intégration globale du marché africain. Cette nécessité suppose d’éliminer les barrières tarifaires afin d’augmenter le volume des échanges commerciaux.

    Sécurité du Sahel

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    L’autre question abordée par les parlementaires a porté sur l’examen de la situation politique et sécuritaire en Afrique francophone, particulièrement dans la région du Sahel. En effet, pour un participant, l’Assemblée demeure «déterminée à poursuivre ses efforts de paix dans cette région en accentuant ses activités de vigilance démocratique, de prévention et de règlement des conflits». Selon lui, la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme s’avère plus que nécessaire au regard de la menace sécuritaire qui pèse sur cette région, nécessitant l’ouverture d’un débat sérieux sur le développement régional dans cette partie du continent africain. Il a également insisté sur l’importance de poursuivre les concertations internationales sur le G5 Sahel, de manière à appuyer les efforts de cette structure tout en se focalisant sur des actions concrètes de développement dans cette partie du continent.

                                                                        

    Dans le monde

    Selon l’Organisation internationale de la francophonie, en 2018, le français est la cinquième langue la plus parlée au monde avec 300 millions de locuteurs représentant 4% de la population mondiale (une personne sur 26), dont 235 millions en faisant un usage quotidien représentant 3,2% de la population mondiale (une personne sur 32). Le nombre de francophones approchera les 700 millions en 2050 soit 8% de la population mondiale (1 personne sur 12), et 85% de ces francophones seront en Afrique.

    La dynamique africaine, selon l’OIF, trouve ses origines au croisement de la vitalité démographique et des progrès de la scolarisation sur ce continent, et elle devrait continuer à faire sentir positivement ses effets sur la progression  de  la  langue française dans les  années qui viennent.

    M.C.

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