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    Politique

    Pourquoi le PAM est au bord de l’implosion

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5521 Le 22/05/2019 | Partager
    Crise de leadership et préparation controversée du congrès
    Le clan Akhchichène contre le clan Benchamach

    Nouveau rebondissement dans le feuilleton de la crise du PAM. Le parti a tenu une réunion extraordinaire de son Bureau politique (BP) lundi soir. Après un exposé sur les conditions de la réunion de la commission préparatoire pour le 4e congrès, les violations organisationnelles et légales, le secrétaire général a fait part à l’assistance des résolutions prises, précise un communiqué de presse de lundi soir.

    D’abord, il a décidé de retirer la délégation de la présidence du bureau fédéral  confiée à Mohamed Hamouti le 5 janvier dernier. C’est donc Hakim Benchamach qui le préside, conformément à l’article 39 des statuts du parti. Ensuite, le dossier de la constitution de la commission préparatoire est soumis à la commission d’éthique en vue de trancher légalement dans tous les dépassements et les violations enregistrées.

    Le BP considère que la poursuite des travaux de la commission préparatoire et ses résultats après la levée de la séance par le SG est «illégale». Il a été décidé de saisir le ministère de l’Intérieur pour l’informer des développements de ce dossier.

    Les responsables du PAM s’étaient réunis le week-end à Rabat pour élire le président de la commission préparatoire du prochain congrès. Ils se sont retrouvés dans une impasse au vu des enjeux, ceux d’un poste clé dans l’organisation et l’issue du congrès.

    Après des discussions mouvementées, le secrétaire général a décidé de lever la séance et donné rendez-vous à une réunion du bureau politique pour trancher cette question ainsi que  la date du congrès. Après son départ, Ahmed Akhchichène, en tant que secrétaire général adjoint et Mohamed Hamouti, président du bureau fédéral, ont décidé de rouvrir cette réunion.

    Objectif: désigner Samir Koudar, président de la commission préparatoire, un pamiste de Safi, sanctionné il y a quelques mois par Hakim Benchamach et réhabilité par la suite. Le président de la région de Marrakech-Safi a-t-il le droit d’agir ainsi? «Non, répond un ancien secrétaire général, d’autant que le poste de SG adjoint n’existe pas dans les statuts du parti».

    Pour le SG, «le report des travaux de la commission préparatoire a été nécessaire à cause des difficultés et des obstacles dressés aux efforts fournis en vue d’élaborer une version consensuelle pour la structuration de la commission».

    Le patron du PAM accuse certains responsables de souffler sur les braises et provoquer un désordre «ayant détruit les conditions objectives et saines de poursuivre la réunion, y compris l’empiètement sur les attributions du secrétaire général», note un précédent communiqué.

    Ses partisans ont également fait circuler une pétition pour affirmer que la session au cours de laquelle on a procédé à l’élection de Samir Koudar a été levée par le SG. C’est donc la légalité de cette opération qui est aujourd’hui remise en cause. Ils considèrent qu’il est «anormal de prendre des décisions en dehors des instances officielles du parti». Ils vont jusqu’à accuser leurs adversaires de «faire un hold-up contre le parti en organisant des manifestations parallèles, en dehors de l’aval du SG».

    La réaction du clan adverse mené par Ahmed Akhchichène ne s’est pas fait attendre. Il veut convoquer le conseil national pour limoger le secrétaire général. Rien que cela. Ses fidèles se mobilisent, en cherchant à sécuriser et à imposer l’élection de Samir Koudar à la tête de la commission préparatoire. Ils ont lancé un appel, par communiqué, au SG en vue de le mettre devant le fait accompli, tout en exigeant de lui la reconnaissance du nouveau président.

    Dès dimanche soir, ils ont envoyé des mails aux médias, avec des lettres de félicitation de la présidente du conseil national Fatima-Zahra El Mansouri, et du président du bureau fédéral Mohamed Hamouti. En tout cas, tous les ingrédients d’une implosion du parti sont réunis. A cette cadence, l’avenir de cette formation, qui a à peine une dizaine d’années d’existence, semble compromis. Si les protagonistes continuent dans cette voie, c’est la justice qui devra les départager.

    En tout cas, ce n’est pas la première fois que le parti est confronté à une crise de leadership. Pour certains, le laisser-aller et l’improvisation dans la prise de décision sont à l’origine des tempêtes que traverse le PAM. Pour convaincre, ils citent la scène du député Brahim Joumani qui gifle son SG en plein bureau politique. C’était dans le sillage du renouvellement des instances de la Chambre des représentants après la réélection de Habib El Malki comme président du perchoir.

    Le député sahraoui convoitait une vice-présidence alors que Hakim Benchamach a choisi un autre profil pour occuper ce poste. L’état-major du parti, resté immobile, n’a pas jugé utile d’activer la commission d’éthique pour sanctionner la faute, qui devait donner du crédit au modèle de gouvernance, basée sur l’ordre et la discipline.

    D’ailleurs, l’«Appel à la responsabilité», lancé il y a quelques semaines par cinq membres fondateurs dont trois anciens secrétaires généraux, a fait des vagues. Ce groupe à l’origine de cette initiative se réunit cette semaine pour faire le bilan et décider des suites à donner à cette opération.

    L’objectif est d’aller vers le prochain congrès dans la sérénité, en évitant de provoquer une scission. Surtout que les tensions entre les deux courants restent vives. Une démarche qui s’inscrit dans le cadre de la réconciliation.

    «Appel pour l’avenir»

    Plusieurs dirigeants dont notamment Fatima-Zahra Mansouri ont signé l’appel pour l’avenir. L’objectif est de corriger les erreurs commises par la direction du PAM. Cette initiative se base sur trois principaux axes dont le premier vise à faire de la démocratie interne et la gestion régionale du parti un choix stratégique. Le deuxième axe consiste à procéder au renouvellement des élites locales et nationales et garantir son ouverture à une nouvelle génération de leaders politiques. Dernier axe, il s’agit de rassembler autour du projet moderniste comme une entrée pour immuniser les acquis de la transition démocratique.

    M.C.

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