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    Analyse

    L'aide à l'éducation, un modérateur

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5519 Le 20/05/2019 | Partager
    L'idée de plus en plus soutenue par des universitaires et des politiques
    L'aide augmente de 1%, voire stagne
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    Sur cinq dollars consacrés à l’éducation, les gouvernements en versent quatre. Ils prennent en charge 79% des dépenses totales contre 20% pour les  ménages. L’aide à l’éducation représente 12% du total des dépenses consacrées à l’éducation dans les pays à faible revenu et 2% dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure

    C'est une alerte lancée par l'Unesco sur les niveaux de l'aide à l'éducation qui augmente de 1% seulement par an, voire stagne depuis 2009. En 2017, elle s'est élevée  à 13,2 milliards de dollars, en baisse de 2% par rapport à 2016. Cela soulève des interrogations  sur l'engagement mondial envers la réalisation de l'objectif mondial en éducation (ODD4).

    L’aide extérieure en matière d’éducation pourrait aussi contribuer à limiter l’émigration. Cette idée  bénéficie  d’un certain soutien dans les milieux universitaires et politiques. L’éducation peut jouer  un rôle modérateur important en matière de migration car l'investissement dans le développement de l’éducation et l’aide humanitaire peuvent influer positivement sur les facteurs et les conséquences des migrations et des déplacements.

    Ceci étant, les estimations des dépenses annuelles d’éducation à l’échelle mondiale s'élèvent  à 4.700 milliards de dollars  dont 65% dans les pays à revenu élevé et 0,5% dans les pays à faible revenu.  Face à ce constat, la solidarité internationale devient essentielle pour atteindre les objectifs fixés dont «une éducation secondaire de qualité pour tous les jeunes d’ici à 2030». Entre 2013 et 2017, 49% des jeunes, en moyenne, ont achevé leur cycle d’enseignement secondaire.

    Le déficit de financement est estimé à 39 milliards de dollars chaque année entre 2015 et 2030 dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Le gap pourrait être comblé si tous les donateurs membres du Comité d’aide au développement de l’OCDE et d’autres donateurs non membres tenaient leur promesse: allouer  0,7% de leur revenu national brut  à l’aide et 10% de leur portefeuille consacré à l’aide à l’éducation de base et à l’enseignement secondaire.  Sauf que parmi les dix premiers donateurs de l’OCDE en faveur de l’éducation, le Royaume-Uni est le seul pays du G7 à consacrer 0,7% de son revenu national brut à l’aide étrangère.

    Pour les experts de l'Unesco, l'éducation semble avoir perdu son caractère prioritaire pour les partenaires de développement:  sa part est passée d'un pic de 10,7% de l'aide totale en 2007 à seulement 7,1% en 2017!

    Aujourd'hui, le débat sur la mise en place d’une nouvelle facilité de financement de l’éducation pour les pays à revenu intermédiaire se poursuit.  La Commission internationale pour le financement de possibilités d’éducation dans le monde a proposé la création de l’IFFEd (Commission internationale pour le financement de possibilités d’éducation dans le monde). 

    Ce dispositif de financement devrait générer des ressources additionnelles par l’intermédiaire de banques de développement multilatérales. Il part du constat que les prêts accordés par ces banques pour financer l’éducation dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure restent rares.

    L’objectif prioritaire de l’IFFEd est d’inviter les donateurs à  fournir des garanties  pour garnir le portefeuille et accroître la capacité de prêts à l’éducation des banques multilatérales de développement. Il vise ainsi à réduire le coût d'emprunt pour l'éducation dans les pays à revenu intermédiaire. 

    Khadija MASMOUDI

     

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