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    Economie

    Agroalimentaire: Le fromage fondu domine largement le marché

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5502 Le 24/04/2019 | Partager
    En tête des préférences des Marocains
    Mais une consommation globale limitée des produits de 1,2 kg/habitant/an
    Encore des contraintes à lever
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    Les Marocains ne sont pas de grands fans de fromage: 1,2 kg par habitant et par an seulement en moyenne, soit 58.000 tonnes en 2018 (56.400 en 2013).
    C’est peu, estiment les nutritionnistes qui, au passage, indiquent que les importations de ce produit tournent autour de 11.000 tonnes par an.
    C’est surtout le fromage fondu qui arrive en tête de liste des préférences du consommateur marocain. Présent sur les tables de tous les petits déjeuners et goûters, fort apprécié par les enfants, le fromage fondu est entré dans les habitudes de consommation. Et par conséquent, il représente plus de 75% de la consommation des fromages. Ceux à pâte sèche et pressée constituent le reste. Il est vrai que la demande sur cette variété est, au demeurant, saisonnière. Et seul l’Edam (appelé communément «fromage rouge») émerge du lot. Le camembert, brie et autres gruyère, masdam, mozarella, emmenthal ou encore le bleu n’ont droit de cité que sur les tables des connaisseurs et amateurs. 
    En effet, c’est le fromage fondu qui continue à dominer largement le marché, avec un volume global estimé à environ 30.000 tonnes. Viennent, ensuite, les fromages à pâte pressée (autour de 8.000 tonnes, dont 4.500 à 5.000 tonnes d’Edam), et enfin les fromages à pâte fraîche et molle (4.700 tonnes), avec en tête la mozzarella très utilisée pour les pizzas. 
    Dans le secteur de l’agroalimentaire, la filière des produits laitiers occupe une place de choix où le marché des fromages est aujourd’hui incontournable. Et sur lequel tous les producteurs veulent être présents. Ces dernières années, la consommation suit une courbe ascendante,  particulièrement pour le fromage fondu, présent, presque quotidiennement, dans tous les foyers. Il y a donc là de quoi encourager les opérateurs de la filière pour améliorer les niveaux de consommation en diversifiant leurs offres tant au niveau qualitatif que quantitatif. 

    La traditionnelle tartine au beurre cède sa place 

    Sur les étals et rayons des supérettes et des supermarchés, les producteurs, concurrence oblige, en proposent une large panoplie. Cette diversification de l’offre sur le marché est en adéquation avec la consommation de ces produits. Celle-ci reste, en effet, limitée même si la traditionnelle tartine au beurre a cédé sa place à la tartine au fromage. Le consommateur marocain reste ainsi limité dans son choix, privilégiant le fromage fondu et quelque peu l’Edam et certains fromages frais. 
    Toutefois, une importante croissance en volume du marché des fromages est à signaler. Elle était de 6,4% en 2010, contre une moyenne de 3,8% par an entre 2005 et 2010. Elle est montée à 7,6 % en 2018. Cette croissance est à peu près commune à toutes les variétés, sauf pour le fromage fondu proposé en tranches qui n’a enregistré qu’une croissance de 4,2% seulement, selon les statistiques officielles. Le fromage frais a, pour sa part, connu une croissance de 6,1% que l’on doit à un engouement de plus en plus marqué pour le fromage de chèvre. En valeur, la croissance a suivi la même tendance, avec 7,1% en 2018 (contre 6,2% en 2010). A signaler que le segment des fromages à pâte pressée croît moins en valeur qu’en volume. C’est le fait d’une baisse des prix que l’on peut constater dans les rayons des supermarchés.
    Cependant, malgré une tendance à la hausse, le marché des fromages au Maroc doit encore faire face à quelques contraintes. D’abord, en termes de production, étant donné que peu d’entreprises proposent les équipements adéquats pour monter une fromagerie. Ensuite, en termes de conditions de fabrication qui doivent impérativement respecter la température et l’humidité ambiantes dans les lieux de conception des produits. Et, enfin, en termes de formation du personnel et de commercialisation, notamment le volet respect de la chaîne du froid. 
    Quoi qu’il en soit, le fromage le plus vendu et le plus consommé au Maroc reste le fromage fondu. Le consommateur l’a définitivement adopté. Principalement celui proposé en portions triangulaires. Le prix moyen d’une portion est entre 0,90 et 1 DH. C’est dire qu’il est à la portée de toutes les bourses. 
    A l’origine des célèbres portions triangulaires, le groupe français Bel. Qui n’a pas raffolé, ou en raffole encore, de «La Vache Qui Rit»? Importé dans un premier temps, ce fromage est produit au Maroc dès 1977. Aujourd’hui, il domine et dépasse tous les autres. Son producteur revendique, d’ailleurs et à juste titre, 60 à 70% de part de marché sur le fondu. 
    Deux producteurs locaux se partagent le reste du marché. Dès 1997, Fromagerie des Doukkala entre en scène. Née d’un partenariat entre Centrale Laitière et le groupe Bongrain, elle investit le marché du fromage fondu en lançant «Cœur de Lait». Vient ensuite Margafrique qui s’est lancée également sur ce segment en 2006 avec «La Hollandaise».
    Avec une consommation qui va crescendo, le marché du fromage au Maroc connaît une évolution assez remarquable de la demande, notamment sur les produits de qualité. Cela, même s’il demeure focalisé sur le fondu en portions qui est, pourtant, arrivé à maturité. 
    Et c’est tant mieux pour les consommateurs et tout à leur bénéfice. Car les producteurs sont appelés, aujourd’hui, sur l’arène de la concurrence pour plus de créativité. 

    Parts de marché

    L’offre locale de fromage fondu provient pour 46% des fromageries Bel (La Vache Qui Rit, les Enfants, Kiri). Les fromageries des Doukkala (Cœur de lait, Carré crème) et Margafrique (La Hollandaise) produisent respectivement 23% et 11%. Toutes catégories de produits confondues (importations et fabrications locales), les statistiques placent toujours les fromageries Bel en première position avec près de 40% de part de marché. 

     

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