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    Economie

    La BID s'engage avec le Maroc sur un nouveau pacte stratégique

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5487 Le 03/04/2019 | Partager
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    «La BID demeure prête à accompagner le Royaume pour étendre les PPP à d’autres domaines, tels que les secteurs sociaux, notamment la santé et l’éducation», souligne le président de la BID, Bandar Hajja (Ph. Bziouat)

    Le groupe de la BID a choisi Marrakech pour abriter, dès aujourd’hui, sa 44e réunion annuelle qui se tient sous le haut patronage de SM le Roi. Il va signer un nouveau cadre de partenariat avec le Maroc dont l’objectif est de développer les chaînes de valeur dans les domaines offrant un avantage concurrentiel. Entretien avec son président Bandar Hajja.

    - L’Economiste: Un nouveau cadre de partenariat sera-t-il signé entre la BID et le Maroc à l'occasion de la 44e réunion annuelle qui se tient aujourd’hui à Marrakech? En quoi consiste-t-il?
    - Bandar Hajja
    : Effectivement. Ces réunions annuelles seront l’occasion pour conclure un document-cadre sur la stratégie de partenariat entre le Maroc et le groupe de la BID couvrant la période 2019-2022. L’objectif du document-cadre est d’identifier les domaines de coopération au titre de la période 2019-2022. Ces domaines seront inclus dans la stratégie de partenariat qui lie les deux parties. Un accent particulier sera mis sur la coopération étroite pour le développement des chaînes de valeur dans des secteurs économiques où le Royaume du Maroc présente des avantages concurrentiels évidents. Il convient de souligner que le groupe a récemment adopté, au titre du programme quinquennal du président de la BID, une nouvelle approche dans l’élaboration des stratégies de partenariat avec les pays membres. Celle-ci consiste à développer les chaînes de valeur dans les domaines où le pays membre dispose d’un avantage concurrentiel, l’objectif étant de mettre les marchés au service du développement de ces pays. Le Maroc est l’un des quatre pays membres choisis pour l’application de la nouvelle approche au vu de ses capacités, des compétences de ses cadres et institutions, et du potentiel économique et naturel qu’il recèle. A cet égard, la BID note avec satisfaction les résultats positifs obtenus dans la mise en œuvre de la première stratégie de partenariat 2013-2016. Entre autres, le financement de projets à plus de 2,7 milliards de dollars américains, contre 2,4 milliards prévus initialement. En outre, le taux de décaissement au titre des projets financés par la stratégie a dépassé 72%.

    - De nombreux projets ont été financés au Maroc. Pensez-vous que les objectifs soulignés sont atteints?
    - Les relations entre le groupe de la BID et le Maroc constituent un modèle exemplaire de coopération avec les pays membres. En effet, depuis la création de la BID, le Maroc ne cesse de jouer un rôle vital dans le développement de cette institution et l’élargissement de l’étendue de ses activités. Les financements accordés au Royaume s’élèvent à environ 6,7 milliards de dollars américains. Ils ont porté sur des projets, le commerce et l’investissement, entre autres. La valeur du portefeuille actif de projets est d’environ 1 milliard de dollars américains. Il est réparti sur les secteurs de l’énergie, de l’eau, de l’agriculture, des transports et du développement humain. Les différentes évaluations menées par la BID confirment que les interventions du groupe de la BID au Maroc ont atteint les objectifs initialement prévus et induit un effet positif important en termes de consolidation du développement économique et social dans le pays. 

    - Quels sont les projets phares de cette coopération?
    - Il s’agit notamment du programme d'électrification rurale, de l'approvisionnement des zones rurales en eau potable, des routes rurales, l'expansion du réseau des autoroutes, du Plan Maroc Vert, de l'Initiative nationale pour le développement humain. S’y ajoutent d’autres mégaprojets structurants, à l’exemple du projet de transport ferroviaire à grande vitesse et des projets de production et de distribution d’électricité. Il convient d’y ajouter le financement de grandes transactions commerciales d’entreprises marocaines et de placements en capital auprès de certaines sociétés, notamment celles relevant des secteurs de la production et des finances. La BID a également mené des opérations d'assistance technique en appui à des initiatives et activités précises, notamment le développement de la finance participative, la mise en œuvre de la stratégie nationale pour l'emploi, l’évaluation de projets et programmes publics, la santé reproductive, le partenariat public-privé, le réseau de stations logistiques entre le Royaume du Maroc et certains pays africains.

    e-finance islamique

    La BID s’est engagée dans ce domaine en partant de ses nouvelles orientations. En effet, elle s’emploie avec ses partenaires à tirer parti de la technologie de chaîne de blocs dans le domaine de la finance islamique. A l’occasion de la réunion annuelle de cette année, la BID organise à Marrakech un événement parallèle intitulé: «La transformation, la technologie financière et la finance islamique». S’agissant de l’effet positif de la numérisation sur le secteur de la finance islamique, il se décline sous différentes formes, telles que la réduction des coûts des transactions financières islamiques, l’accélération de la mise en œuvre des opérations financières, l’inclusion financière, et le renforcement de la compétitivité du secteur de la finance islamique en général.

    - Selon vous, le Maroc utilise-t-il au mieux le financement accordé par la BID?
    - Fort des grandes capacités de ses agences d'exécution et du niveau élevé de ses cadres, le Maroc utilise, sans aucun doute, de manière optimale les financements que lui apporte le groupe de la BID. En effet, les agences marocaines ont acquis, au fils des ans, une expérience solide dans la mise en œuvre des projets financés par la BID. Et ce grâce à leur bonne maîtrise des procédures et règles de la BID en la matière. A titre d’exemple, je voudrais citer un certain nombre d'entreprises marocaines qui jouent un rôle de premier plan dans l’exécution de nos projets avec un niveau élevé de technicité et de professionnalisme. Il s’agit, entre autres, de l’ONEE, de l’ONCF, de la Caisse pour le Financement des Routes, de l’OCP et de l’OFPPT.

    - Le Maroc ne profite pas bien des opportunités offertes par le partenariat public-privé. Quelle est votre évaluation?
    - Je peux ne pas être du tout d'accord avec vous là-dessus. Le Maroc est un pays leader en matière de partenariat entre les secteurs public et privé, en particulier dans les domaines des énergies conventionnelles et renouvelables, dans les secteurs de l’agriculture et des autoroutes. En effet, le Royaume s’est doté d'un cadre institutionnel et juridique favorable à l’essor du PPP. Dans ce contexte, il convient de souligner l’apport de la BID au financement de deux grands projets en PPP au Maroc d’une enveloppe totale de 209 millions de dollars américains, notamment le port Jorf Lasfar et la centrale thermique de Safi. La BID a également apporté son assistance technique au Royaume pour la préparation du cadre régissant le partenariat public-privé. De même, elle a financé de nombreux programmes visant à renforcer les capacités du personnel opérant dans ce domaine. Par ailleurs, le Maroc a bénéficié du mécanisme financier récemment lancé par la BID, qui prévoit la participation à la préparation et la qualification de projets avant d’être soumis pour financement.  La BID demeure prête à accompagner le Royaume pour le renforcement de ses acquis, notamment en ce qui concerne l’élargissement du partenariat public-privé vers d’autres secteurs, tels que les secteurs sociaux, la santé et l’éducation.

    - Depuis un an et demi, le Maroc s’est engagé sur la voie de la finance islamique. Que pensez-vous de ce pas et quel rôle la BID peut-elle jouer à cet égard?
    - La BID a accompagné le Royaume dans son cheminement vers le développement de la finance participative. L’appui qu’elle a apporté à Bank Al-Maghrib a permis à cette dernière de mettre au point le cadre de contrôle et de supervision de la finance islamique, le financement d’une étude sur le système de garantie au profit de la Caisse centrale de garantie. Cet accompagnement s’illustre également par le renforcement des capacités des opérateurs de la finance islamique au Maroc par des formations en direction du ministère des Finances, de la Banque centrale, du secteur banquier en général et du ministère de la Justice. La BID a aussi renforcé les capacités de la recherche scientifique dans le domaine de la finance islamique, en particulier avec l’Ecole Mohammédia des ingénieurs et d’autres universités.

    - Que faut-il faire pour accélérer la dynamique des banques participatives?
    - L’expérience de la BID en finance islamique dans certains pays membres indique que la réussite des banques participatives nécessite un ensemble de facteurs liés principalement à la mise au point d’un cadre juridique et institutionnel, d'un mécanisme de gestion des liquidités de telles banques, notamment l'émission de soukouk, d’un cadre de contrôle et de charia fondé sur une base saine, d’un système takafoul efficace, et de la formation des ressources humaines. J’estime que le Maroc réunit tous ces facteurs. Aujourd’hui, il avance d’un pas sûr vers le développement de cette industrie.

    - Comment évaluez-vous la première émission de soukouk au Maroc? 
    - En octobre 2018, le Maroc a lancé sa première émission d’une valeur d’environ 110 millions de dollars américains. Ce fut une expérience réussie, reflétant la maturité des opérateurs de la finance participative et la solidité du système financier du Royaume. Pour illustrer la réussite de cette opération, la taille des souscriptions a atteint 360 millions de dollars américains, soit quatre fois plus la valeur de l’émission. L’émission de soukouk islamiques revêt une importance particulière en ce sens qu’elle peut aider les banques participatives dans la gestion des liquidités dont elles disposent, chose qu’elles ne peuvent pas faire sur le marché des banques conventionnelles.

     

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