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    Analyse

    Mines: Les défis du développement durable

    Par Nadia DREF | Edition N°:5482 Le 27/03/2019 | Partager
    Désormais au coeur des processus décisionnels des investisseurs
    Le ministère de tutelle insiste sur l'adaptation des stratégies sectorielles
    Le sol marocain encore sous-exploité
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    Le Maroc est un pays à vocation minière, réputé pour sa richesse en ressources minérales, surtout le phosphate qui accapare à lui seul 90% des volumes d'extraction. Les 10% restants sont absorbés par l’activité minière hors phosphate, dont une partie est encore artisanale.

    Ce qui dénote du manque de modernisation et d'investissements structurants surtout privés. Pour attirer davantage d'investisseurs privés nationaux et internationaux, une refonte du secteur minier est en cours.

    Objectif: le rendre plus attractif et mieux faire connaître les potentiels encore méconnus. Le ministère de tutelle a lancé plusieurs chantiers dont les principaux visent à moderniser la réglementation minière et augmenter la cadence de la cartographie géologique. Une réforme engagée dans le cadre de la mise en oeuvre de la Stratégie de développement du secteur minier hors phosphate.

    Cette feuille de route, arrêtée en concertation avec la profession minière, repose sur des objectifs ambitieux à l’horizon 2025. Les objectifs retenus concernent le triplement du chiffre d’affaires du secteur à plus de 15 milliards de DH, la multiplication par 10 du volume d’investissement dans l’exploration et la recherche minière à près de 4 milliards de DH ainsi que le doublement des emplois générés par le secteur à plus de 30.000 emplois directs.

    «La vocation minière est favorisée par la présence d’une structure géologique très variée et particulièrement réputée par la concentration de nombreuses substances minérales», précise le Centre régional d'investissements de Rabat. Et d'ajouter: «Premier exportateur mondial des phosphates, le Royaume demeure aussi privilégié pour les métaux précieux, les métaux de base, les roches et minéraux industriels».

    A titre d'exemple, la région Rabat-Salé-Kénitra dispose d’un important potentiel minier, en particulier dans la province de Khémisset, Kénitra et de Sidi Kacem. Cuivre, fer, zinc, antimoine, gaz, mica, plomb, sels... sont les principaux gisements de minerais qui y sont présents.

    Moteur de croissance socio-économique

    L'investissement dans le secteur minier a toujours eu des retombées bénéfiques sur le développement régional et rural. Il n'y a qu'à mesurer les conséquences des arrêts des mines de charbon à Jerrada sur la population locale. Or, ce n'est plus suffisant.

    «Le Maroc a adopté dans sa vision le concept de développement durable qui favorise l’équilibre entre les dimensions environnementale, économique et sociale», a annoncé Aziz Rebbah, ministre de l'Energie, des Mines et du Développement durable.

    Et ce, à l'occasion de sa participation au Congrès international des industries minières (PDAC) tenu début mars à Totonto. Il a mis en avant le modèle Lorain pour attirer d'autres investisseurs étrangers. Le ministre de tutelle a insisté sur l’amélioration du cadre de vie des citoyens, le renforcement de la gestion durable des ressources naturelles, notamment minières, ou encore la promotion des activités économiques respectueuses de l’environnement.

    «Plusieurs réformes politiques, institutionnelles, juridiques et socio-éconoMines: Les défis du développement durablemiques ont été mises en place. Ce processus a été renforcé par l’adoption de la Charte nationale de l’environnement et de développement durable, dont l’élaboration a été lancée suite aux directives royales en juillet 2009», a-t-il indiqué lors du quatrième Sommet international des ministres des Mines.

    La concrétisation de ce processus s’est traduite par l’intégration des principes de développement durable dans les différentes stratégies sectorielles, mais à des niveaux différents.

    Pour le ministre, le secteur minier s’inscrit parfaitement dans cette vision. «Parallèlement à son rôle de moteur de croissance socio-économique, la dimension environnementale et la gestion durable des ressources minières sont prises en considération tout au long de la chaîne de valeur de l’industrie minière», a t-il précisé.

    C'est dire que le Royaume n'a plus le choix. D'après le cabinet d'avocats et de lobbying Fasken qui accompagne l'OCP, le ministère de l'Industrie notamment, «au cours des 10 dernières années, un changement fondamental s’est opéré dans l’approche des entreprises et des investisseurs relativement aux enjeux environnementaux et sociaux, et leur impact à long terme sur la valeur d’une entreprise».

    Autrefois enjeux dits périphériques ou secondaires, les défis environnementaux et sociaux sont désormais au coeur du processus décisionnel, de plus en plus stratégiques pour les entreprises, y compris pour les sociétés minières, précisent les experts. Ce changement a ainsi été accompagné d’un intérêt grandissant des investisseurs pour le profil environnemental et social des entreprises.

    Nadia DREF

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