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    «L’enseignement français ne peut être le même partout»

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5481 Le 26/03/2019 | Partager
    Les enseignants «trop inégalement répartis» dans le monde
    Revoir les règles du jeu avec les établissements locaux

    Les rapports sur la nécessité de la mise à niveau du système d’enseignement français à l’étranger se succèdent. Le dernier en date est celui présenté par la députée française Samantha Cazebonne, début février 2019. En avril prochain, le président Emmanuel Macron devrait annoncer une réforme, sachant que sur le plan financier, l’Etat français se désengage de plus en plus. La Mission laïque française (Osui), avec ses quelque 109 écoles (dont une dizaine au Maroc) et 60.500 élèves dans 38 pays, en est aussi concernée. Pour son DG, Jean-Christophe Deberre, l’enseignement à l’étranger devrait s’adapter plus aux systèmes éducatifs nationaux, ainsi qu’aux changements mondiaux. Mais cela ne saurait se faire sans une ressource humaine adaptée.     

    - L’Economiste: Le réseau Osui est-il aussi concerné par la réforme que le président Emmanuel Macron s’apprête à annoncer le mois prochain?
     - Jean-Christophe Deberre:
    Directement, puisque le président de la république a bien précisé le 20 mars 2018 que l’Etat s’appuierait sur ses partenaires associatifs et privés, pour atteindre l’ambition de doublement des effectifs dans les 10 à 15 ans à venir. Il se trouve que nous sommes exactement dans cette cible. Nous sommes un  partenaire privé conventionné avec l’Etat, jouissant d’une autonomie, mais avec des liens très étroits avec les deux ministères, des Affaires étrangères et de l’Education nationale. Il est donc évident que nous serons partie prenante à cette extension, là où c’est possible.
     
    - Il s’agit d’une extension, mais aussi d’une révision…
     - En effet, le projet concerne, d’une part, une intention d’étendre le dispositif, et d’autre part, la réforme de l’opérateur public Aefe (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), qui est chargé par l’Etat d’un certain nombre de missions: gérer les établissements, les examens, le diplôme national du brevet, le baccalauréat, organiser le système de bourses… Et aussi les dossiers d’homologation d’établissements locaux, sachant que l’autorité qui décide de l’homologation est le ministère de l’Education nationale.
     
    - Le rapport présenté début février par la députée Samantha Cazebonne pointe du doigt un système obsolète, à réétudier entièrement. Qu’en pensez-vous?
     - Ce rapport contient un certain nombre d’observations qui ne sont pas nouvelles. Elles sont formulées depuis des années, soit par la Cour des comptes, des contrôleurs, le corps d’inspection… Je ne sais pas s’il faut refaire de fond en comble le système, en tout cas, c’est un dispositif qui doit s’adapter car le monde change, de plusieurs manières. Je crois que toutes nos autorités en sont parfaitement conscientes. D’abord, je pense que le programme français ne peut s’appliquer uniformément dans le monde, extrêmement divers, et qu’il est obligé de dialoguer avec les systèmes éducatifs nationaux.

    - Comme c’est le cas au Maroc…
    - Au Maroc, nous sommes en coopération avec l’Etat. Il existe certaines prescriptions, notamment sur la langue arabe, pour que les jeunes nationaux ne soient pas déterritorialisés par rapport à leur langue. La question de la ressource humaine est également déterminante. Nous ne pouvons offrir un enseignement de haute qualité comme le souhaitent nos partenaires sans un corps enseignant adapté. Le réglage à opérer est considérable. Toute une ressource humaine est à créer et à accompagner. Au même titre que les parents, en tant qu’institution nous ne pouvons nous satisfaire d’un niveau moyen, nous devons aller plus haut. Il faudrait, aussi, regarder comment les enseignants détachés de l’Education nationale française sont répartis dans le monde. Ils sont trop inégalement répartis. Il en existe un nombre très important dans l’Union européenne, pour des raisons historiques, et insuffisamment dans d’autres pays. Nous avons donc là une double question, d’allocation de la ressource et de formation des enseignants. Enfin, pour faire reposer l’enseignement français sur des partenariats privés nationaux, il faut revoir les règles du jeu. Préciser le devoir de l’Etat français et celui des gestionnaires locaux, en termes de droit du travail, de rémunération, de formation, de conditions de mise en œuvre du programme… C’est une question complexe.

    Doubler les effectifs au Maroc

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    Jean-Christophe Deberre, DG de l’Osui: «Nous ne pouvons offrir un enseignement de haute qualité comme le souhaitent nos partenaires sans un corps enseignant adapté. Le réglage à opérer est considérable. Toute une ressource humaine est à créer et à accompagner»

    - Le président Emmanuel Macron souhaite doubler les effectifs des élèves de l’enseignement français à l’étranger. Est-ce possible au Maroc?
     - Le Maroc dispose d’un nombre important d’établissements internationaux d’enseignement français. La ligne de conduite est de développer ces établissements si le ministère de l’Education nationale marocain estime que le besoin s’en fait sentir, nous ne nous imposons pas. Un établissement d’enseignement international ne peut être que le fruit d’un dialogue et d’une coopération.

    Propose recueillis par Ahlam NAZIH 

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