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    Enseignement: La loi-cadre votée en session extraordinaire?

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5476 Le 19/03/2019 | Partager
    Amzazi défend l’apprentissage des langues, «une question de justice sociale»
    Préscolaire, formation, numérique… Le ministre fait le point sur ses chantiers à HEM

    «Pour mener l’école à bon port, il faut absolument mener les véritables chantiers. Lesquels pourront créer une école moderne et ouverte, où nos jeunes pourront s’épanouir… une école à même de fabrique des élites et de faire fonctionner l’ascension sociale, qui a malheureusement cessé de fonctionner depuis des années». Les propos sont de Saaïd Amzazi, ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Il intervenait jeudi dernier, à l’occasion d’une rencontre organisée par le campus HEM-Fès. L’Economiste revient sur les principaux points défendus par le responsable gouvernemental, interrogé par trois discutants: Driss Jaydane, philosophe, Ahlam Nazih, journaliste à L’Economiste, et Youssef Saâdani, économiste et chercheur en éducation.

    ■ L’école au cœur du débat… politico-politicien

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    Jamais l’école marocaine n’a suscité autant de débats. Surtout depuis le blocage du projet de loi-cadre relatif à l’enseignement. Si les réactions fusent de partout, il est évident que les enjeux «politico-politiciens» mènent la partie. En témoigne le débat houleux entre le PJD et le ministre de l’Éducation nationale. Au cœur du désaccord, au sein de la Commission parlementaire, figure la langue d’enseignement des matières scientifiques. Le PJD, parti aux commandes, s’oppose à cette mesure défendue par Saaïd Amzazi, ministre de la majorité. La polémique est loin d’être finie. Amzazi himself défend bec et ongles ce choix et pousse vers son adoption au Parlement le plus tôt possible. Quitte à tenir une session extraordinaire pour le faire valider. Pour lui, «il s’agit d’une justice sociale». «Il faut donner aux élèves de l’école publique la même chance d’apprendre les langues que leurs camarades du privé», insiste-t-il. La fracture linguistique entre le secondaire et le supérieur est trop coûteuse. 30% des bacheliers scientifiques s’inscrivent dans des spécialités littéraires faute de maîtrise du français. Aujourd’hui, à peine 12% des effectifs universitaires sont dans des branches scientifiques. Par ailleurs, près de 22% abandonnent à la première année sans passer l’examen, et environ 43% avant d’obtenir la licence. Une déperdition dont le coût est estimé à 3 milliards de DH par an.  Le PJD, lui, n’est pas près de renoncer à son discours idéologique. «Les discussions autour de cette loi-cadre continuent, et le projet n’est pas prêt pour un vote en session extraordinaire», confie Driss El Azami El Idrissi, président du groupe parlementaire PJD. Pour sa part, l’Istiqlal (PI) va plus loin. Le parti de l’opposition appelle d’abord les formations aux commandes à se mettre d’accord. Pour la question de la langue, Allal Amraoui, député PI, estime «qu’il ne faut plus attendre… s’il y a réforme, il faut d’ores et déjà opter non pas pour le français, mais plutôt pour l’anglais». A-t-on au moins formé nos enseignants pour cette transition? Il est clair que non. Actuellement, à peine 1.000 sont en cours de formation pour enseigner les maths, la physique-chimie et les SVT en français.

                                                                                     

    ■ Introduire le numérique pour réduire les disparités  

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    Dans le projet de réforme, une place importante est accordée au numérique. «Nous sommes en train d’institutionnaliser l’introduction du numérique dans les classes», souligne le ministre, affirmant que «plus de 87% des 11.000 écoles, collèges et lycées que compte le Maroc sont équipés de l’outil numérique». Quoique, l’équipement reste à ce jour sommaire. A ce titre, Amzazi s’est rendu, vendredi dernier, au collège Mohamed Zefzaf à Fès, où une association d’enseignants d’histoire-géo a introduit une formation interactive, basée sur le partage de modules numérisés. Ici, les collégiens apprécient cette expérience qui s’est traduite par des résultats probants. D’autre part, 7.000 écoles satellites du monde rural ont été électrifiées et sont en cours de connexion à internet. Le but est de faire profiter les jeunes écoliers ruraux des nouvelles technologies et de réduire les disparités territoriales et sociales. «Nous sommes convaincus que le numérique est un moyen de réduction de ces disparités en offrant de l’apprentissage au niveau rural avec autant de qualité qu’au niveau urbain», conclut Amzazi. 

                                                                                     

    ■ Généralisation et réhabilitation du préscolaire
    De l’avis du ministre de tutelle, «c’est le meilleur moment pour lancer les chantiers de l’école de demain». «D’abord, parce que ce projet est porté avec l’appui de SM le Roi. Aussi, car l’adoption de la loi-cadre permettra de pérenniser la réforme», argue-t-il. Si certains parlent de miracle éducatif au Maroc, Amzazi évoque un projet monstre et vaste, mais aussi passionnant. Il concerne la généralisation d’un préscolaire de qualité obéissant aux standards internationaux. Il s’agit là d’une décision politique très importante qui met le développement cognitif de l’enfant au cœur du projet. A noter qu’actuellement près de 50% des 4-5 ans ne sont pas préscolarisés. Par ailleurs, quelque 400.000 enfants sur les 700.000 préscolarisés sont dans un préscolaire traditionnel qui nécessite une réhabilitation de fond. 

                                                                                     

    ■ La formation des enseignants, une priorité
    Parmi les principaux axes du projet de réforme figure la formation des enseignants. A côté de la formation continue en cours de déploiement, il est question de lancer la formation initiale sur d’autres standards. «Nous dispenserons des formations sur cinq ans intégrant des profils justifiant d’une véritable vocation pour le métier d’enseignant», a souligné Amzazi. Concrètement, les bénéficiaires suivront un programme de formation en licence de trois ans, qui leur donnera droit à la poursuite de leur qualification pendant deux ans dans les Centres régionaux des métiers d’éducation et de formation. En outre, la réforme pédagogique est déjà en cours. Dans la lecture, la méthode syllabique, permettant à l’enfant de construire des mots en reliant des lettres, a remplacé celle dite globale, partant de mots. Pour les maths, les enfants bénéficieront d’une nouvelle pédagogie dite de «l’erreur». Pour les sciences, la réforme porte sur une pédagogie d’investigation qui vise à bannir l’apprentissage par cœur. «Nous avons démarré cette expérience cette année, au niveau des deux premières années du primaire. Nous continuerons dans cette même perspective lors de la rentrée prochaine», indique le ministre.

    Youness SAAD ALAMI

     

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