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    Economie

    Défense commerciale: L’audition publique qui bat tous les records!

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5463 Le 28/02/2019 | Partager
    Une enquête qui mobilise le secteur du bois
    Commerce extérieur: Un débat extra-muros
    Européens, Turcs, importateurs et producteurs, face à face
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    Chauffage, artisanat, fabrication de meubles, charpenterie... Le bois est un produit de grande consommation autour duquel gravite tout un écosystème (Ph. Meriem Oudghiri)

    C’est une audition publique qui promet. Ce jeudi 28 février, à Rabat, le département du Commerce extérieur va accueillir les protagonistes du secteur du bois. Manufacturiers, exportateurs turcs et européens, Commission européenne et importateurs vont croiser le fer avec Cema Bois de l’Atlas.

    Cette filiale du groupe Safari réclame une mesure de sauvegarde contre les panneaux de bois revêtus importés. Elle se plaint de «concurrence déloyale» au nom de la loi n°15-09 sur la défense commerciale.

    Si sa demande de sauvegarde est acceptée, les importateurs seront soumis à une taxe douanière supplémentaire. D’où l’enjeu de cette audition présidée traditionnellement par Saïd Maghraoui Hassani, directeur de la politique des échanges commerciaux. Ce haut fonctionnaire est resté injoignable pour cause d’une mission à Genève.

    Chaque partie va devoir présenter ses arguments pour l'instruction d'une enquête ouverte fin juillet 2018. Le directeur général de Cema Bois de l’Atlas, Ali Fassi-Fihri, est épaulé par son avocate bruxelloise, Marie-Saufie Dibling. Les importateurs seront défendus par Me Olivier Prost du Cabinet Gide.

    Observateurs et autres parties intéressées par ce dossier avaient jusqu’à fin janvier 2019 pour se déclarer au ministère délégué au Commerce extérieur. L’audition publique était initialement prévue au siège de sa direction générale du commerce, au quartier Ryad.

    Le ministère l’a déplacée à l’hôtel Tour Hassan Palace. Et pour cause, plus de 120 participants y sont attendus. Du jamais-vu depuis que l’auteur de ses lignes s’intéresse aux dossiers de défense commerciale: acier, PVC, contreplaqué, cahier scolaire, papier... 

    C’est une audition avant l’audition à laquelle s’est prêté L’Economiste. Contrairement à l’antidumping, les mesures de sauvegarde ne ciblent pas un pays précis. Ce détail, et bien d’autres, fait bondir les adversaires de Cema Bois de l’Atlas.

    «Sa requête intervient après l’adoption de mesures antidumping contre le contreplaqué chinois et égyptien. C’est pourquoi l’audition attire autant de monde. Cette nouvelle demande de sauvegarde est la demande de trop», proteste vivement l’Association professionnelle des importateurs de bois au Maroc lors d’une réunion tenue en tête-à-tête avec L’Economiste le 14 février à Casablanca. Le producteur local «n’est pas surpris» par l’affluence attendue à l’audition de ce jeudi.

    Le secteur du bois «a son propre écosystème» de fabricants de cuisines, de meubles, de bureautique.... Par ailleurs, Cema Bois de l’Atlas assure ne pas badiner avec le droit du commerce international.

    «Des importations massives portent atteinte à la pérennité de notre industrie. Nous avons collecté nos informations depuis deux ans. Nous ne sommes pas réveillés du jour au lendemain pour réclamer une protection», confie par téléphone le DG de Cema Bois de l’Atlas. Il fonde sa plainte sur des «éléments factuels» et «des données officielles» de la Douane et de l’Office des changes. Le top management défend ainsi une position «tout à fait légale au regard des règles de l’OMC».

    Bataille de chiffres et d'unités de mesure

    Un autre point fait chauffer le débat, celui des chiffres et de l’unité de mesure.

    Les importateurs avancent «une consommation nationale annuelle de 100.000 m3 de panneaux de particules revêtus mélaminés». Et ce, au moment où Cema Bois se prévaut d’une production mensuelle de 200.000 m2 en utilisant en partie l’eucalyptus marocain.

    Qui dit vrai? Pour l’heure, l’avis d’ouverture de l’enquête retient le m2 comme unité de mesure: «Les importations de panneaux de bois revêtus ont augmenté de 2,5 millions de m2 entre 2013-2017. Soit une augmentation de 140%». 

    Les importateurs reviennent à la charge: «Cema Bois de l’Atlas n’est pas un industriel, c’est un assembleur. Sa requête a induit en erreur le département du Commerce extérieur. Elle doit être rejetée».

    Ali Fassi-Fihri s’étonne de voir ses contradicteurs «s’ériger en juge». Les importateurs, rétorque-t-il, «ne sont pas qualifiés pour se prononcer sur la recevabilité de notre plainte». Cema Bois de l’Atlas se dit «sereine» et fait valoir «sa confiance en l’administration» qui doit assumer ses décisions face à l’OMC.

    Dans le dossier de l’acier, le Maroc fait déjà face à un recours turc devant l’Organe de règlement des différends qui siège à Genève (Cf. L’Economiste n°5399 du 27 novembre 2018). Une première certes, mais c’est une procédure assez courante entre pays signataires d’accords de libre-échange.

    «Les instruments de défense commerciale servent justement à corriger les effets négatifs du libre-échange. Le Maroc n’en abuse pas. Depuis 2013, il a imposé environ dix mesures lorsque la Turquie en a imposé plus de 50», relève l’avocate de Cema Bois de l’Atlas, Marie-Saufie Dibling. 

    Faiçal FAQUIHI

     

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