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    Football: Une nouvelle configuration se dessine

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5440 Le 28/01/2019 | Partager
    Le symposium de Marrakech, avec 211 fédérations, a planté les fondations
    Les matchs amicaux organisés sous forme de championnat
    5 milliards de dollars dans le pipe
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    La Fifa tente de faire passer une nouvelle réforme. Celle-ci se traduirait notamment par la mise en place d'une nouvelle compétition, la ligue des nations (Ph. Jarfi)

    Les digues du football mondial commencent à bouger. Un aperçu a été décliné lors de la 3e édition des Sommets exécutifs de la Fifa organisée du 15 au 17 janvier dernier à Marrakech. Cet évènement mondial a enregistré la participation de 211 fédérations nationales affiliées à la Fifa.

    Ainsi la carte de ce sport va connaître des transformations profondes sous l’impulsion de son président, Gianni Infantino. La première concerne la Ligue des nations. Son idée est d’organiser ces matchs amicaux sous forme d’un tournoi officiel, regroupant l’ensemble des pays du monde, sur la base d’un classement.

    En pratique, il s’agit de constituer 8 groupes qui joueront entre eux, dans le cadre d’un processus de qualifications jusqu’à la finale. Comme le Maroc est classé 40e au niveau de la Fifa, il jouera dans un groupe de pays classés autour de la 39e à la42e place par exemple.

    Par ailleurs, le fait d’organiser ces matchs amicaux sous forme de championnat permet de vendre les droits de télévision. Une offre de 5 milliards de dollars pour ce championnat est sur la table. «Aujourd’hui, si une équipe veux jouer un match amical, elle doit passer par un intermédiaire qui arrangera l’organisation du match contre une somme d’argent.

    «Si votre équipe est faible, l’équipe adverse prendra de l’argent. Si elle est forte, l’autre payera. Pour un match, le Brésil exige le versement de 2 millions de dollars. Si un pays africain veut jouer contre la France par exemple, il devra mettre la main à la poche. Aujourd’hui, tout cet argent est perdu dans les circuits intermédiaires», note le président de la FRMF.

    Selon lui, la Fifa veut réorganiser ce marché sous forme d’un championnat, tout en récoltant une manne financière qui lui permettra de donner plus de moyens aux fédérations nationales afin de promouvoir le football. C’est ce format qui est proposé. D’ailleurs, les européens ont déjà commencé seuls cette formule. Cette année, en Europe, les matchs amicaux disparaîtront pour laisser la place à un championnat.

    Actuellement, ils sont au stade du quart de final. Cette formule génère beaucoup d’argent. Le président de la Fifa propose un format mondial de ces matchs amicaux, appelé la Ligue des nations. Au cours de la réunion de Marrakech, les présidents des fédérations étaient unanimes pour s’engager dans cette voie. Lors du prochain rendez-vous prévu en mars, la Fifa présentera la nouvelle formule, les groupes et un calendrier.

    Sur la table également, les propositions financières et la distribution de l’argent de manière plus claire pour que le conseil de la Fifa puisse trancher. Cette proposition du président arrange les affaires des fédérations nationales qui considèrent ces matchs comme de véritables casse-tête récurrents.

    Car, durant les dates Fifa, chaque équipe nationale jouera une vingtaine de matchs officiels par an pour se qualifier à la coupe continentale d’Afrique, d’Europe, d’Amérique latine, … dans les 6 continents. D’autres dates servent à jouer des matches amicaux.

    Fouzi Lekjaâ, président de la FRMF donne l’exemple de l’équipe nationale du Maroc qui organise un rassemblement pendant la prochaine date Fifa pendant 10 jours au cours du mois de mars. Elle va jouer un match officiel qualificatif pour la Coupe d’Afrique contre le Malawi à Malawi. Mais après, cette équipe doit jouer un autre match amical contre celle d’un autre pays.

    L’unanimité a également émergé au sujet de la Coupe du monde des clubs. Tous les présidents de fédérations sont «d’accord pour penser que le format actuel ne sert à rien. Il faut donc le réformer». Lors de la prochaine réunion, des propositions seront présentées. Car, le pays organisateur ne profite pas de cette compétition, avec les 6 champions des 6 continents.

    La configuration actuelle permet aux européens et à l’Amérique latine de venir directement jouer la demi-finale. Les autres doivent concourir pour les tours préliminaires pendant une période de près de 10 jours. Le bilan de cette Coupe, dont le Maroc a d’ailleurs organisé deux éditions, n’est pas flamboyant pour deux raisons. Primo: elle n’enregistre pas de grande affluence mondiale.

    Donc, sans suivi et pas beaucoup d’argent, indique le président. Deuxio: cette compétition ne laisse pas d’héritage dans le pays organisateur qui se mobilise pour réussir cette compétition pendant 10 jours. Le match le plus attendu est celui de la finale, avec toujours un club européen. «Après, on ramasse les affaires et chacun rentre chez lui. Rien n’y est développé et le football n’en profite pas», indique Fouzi Lekjaâ.

    Aujourd’hui, le nouveau format discuté se base sur un plus grand nombre d’équipes, 16 ou 24, pour «jouer une coupe du monde en bonne et due forme». Elle sera organisée soit tous les 2 ou 4 ans, sur un mois, dans un pays qui abritera les matchs de qualification jusqu’à la finale.

    Ce sera un véritable rassemblement des stars mondiales, avec tous les grands clubs, champions dans leurs continents et dans leurs pays. Cette formule lui donnera plus d’importance et lui permettra de sortir de la logique annuelle. En outre, les clubs qui participent recevront de l’argent. Des dotations financières seront également distribuées aux fédérations nationales ayant permis aux clubs d’être champions.

    Coupe du monde du Qatar recadrée

    L'ordre du jour de cette rencontre a également porté sur la Coupe du monde du Qatar. Comme celle de 2026 regroupera 48 équipes nationales au lieu de 32, une idée fait son chemin. Il s’agit d’examiner la possibilité de démarrer ce format de 48 équipes dès la Coupe du monde de 2022 au Qatar. Pour cela, l’adhésion d’autres pays voisins du Golfe est impérative pour pouvoir organiser cette compétition internationale. Car, puisqu’il s’agit de programmer 16 équipes supplémentaires, «la moitié de l’existant. C’est donc plus d’infrastructures, plus de stades, plus de villes pour abriter les compétitions. Aujourd’hui, le format de la Coupe du monde 2022 n’est pas encore arrêté, à 32 équipes oui, mais il pourra passer à 48, avec l’adhésion d’un ou de deux pays du Golfe», rappelle Fouzi Lekjaâ. Les regards se tournent vers les Emirats arabes unis, le Koweit ou l’Arabie saoudite. Des contacts avec ces pays ont été noués. Profitant de l’opportunité de la Coupe du monde des clubs organisée aux Emirats, Gianni Infantino a rencontré plusieurs responsables. Lors du symposium de Marrakech, le président de la Fifa a fait «le point sur les discussions au niveau politique, entamées dans la région. Pour l’heure, il n’y a pas un oui catégorique ni un non ferme. Sur la table, l’espace de négociations est encore possible», ajoute le président de la FRMF. Du coup, la Fifa a cherché de prendre la température de ses membres. A l’unanimité, les présidents des fédérations nationales ont applaudi l’initiative. Surtout que les matchs qualificatifs éliminatoires pour la Coupe du monde du Qatar ne commenceront qu’en automne prochain. La Fifa dispose d’une marge de temps pour pousser davantage les négociations.

    Mohamed CHAOUI

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