Régions

Sebta: Jeux et paris en ligne pour renflouer les caisses

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5432 Le 16/01/2019 | Partager
L’imposition de ces activités a été ramenée à 0,5%
Objectif, promouvoir l’emploi et réduire sa dépendance du commerce transfrontalier
Gibraltar a montré la voie avec 30% de son revenu issu des casinos virtuels

Sebta et Melilia sont connues par le commerce transfrontalier et le tourisme de shopping, des activités qui sont en berne depuis quelques années. Les autorités semblent avoir trouvé la solution pour diversifier l’économie de ces villes, très dépendantes de ce business. Il s’agit des jeux et des paris en ligne.

C’est ce que rapporte le quotidien ibérique «El Diario». Selon ce dernier, le Parti Populaire, très présent dans ces deux enclaves a été l’initiateur d’un projet de loi pour réduire la fiscalité sur les jeux on-line. La nouvelle législation fera d’une pierre deux coups. Elle permettra d’abord à l’économie de ces deux enclaves de trouver de nouvelles ressources afin de faire face à la chute continue des recettes issue du commerce transfrontalier.

Elle permet aussi de concurrencer de manière directe Gibraltar et Malte, les paradis actuels des jeux on-line dans la région méditerranéenne. Afin d’attirer des entreprises du jeu online de Gibraltar, champion en la matière, les autorités espagnoles ont profité de l’effet Brexit.

Elles viennent de voter la réduction de 5% des impôts sur ces activités sur l’ensemble du territoire ibérique. Les villes de Sebta et Melilia qui ont une certaine autonomie en matière fiscale ont joué le tout pour le tout et porté le taux d’imposition à 0,5%. Déjà, 4 entreprises se sont déjà installées à Sebta, et en attente de données chiffrées des effets, le futur reste prometteur.

En effet, à Gibraltar, le secteur emploie 3.000 personnes soit 10% de la population totale du Rocher. Mais la question est de savoir si cette nouvelle activité pourra compenser la baisse des recettes du trafic commercial à travers la frontière de Sebta et celle de Melilia.

A lui seul, le commerce transfrontalier via la frontière de Bab Sebta génère, côté espagnol, près de 700 millions d’euros, soit près de 8 milliards de DH auxquels s’ajoutent les dépenses en shopping des touristes marocains visitant la ville.

Le commerce à Sebta et Melilia bat de l’aile depuis quelques années maintenant. Les opérateurs dénonçaient de manière récurrente la baisse des recettes issues du commerce et cherchaient de manière désespérée à le compenser via le shopping.
Le coup de grâce est intervenu en 2017 avec la volonté des autorités de la ville de Sebta de rendre plus «humain» le transit.

Des portiques ont été installés pour réduire le poids et le volume transportés par les porteurs, dont une part importante des femmes-mulets. Cette mesure avait été accompagnée par la mise en place de mesures comme l’interdiction de plusieurs voyages dans la journée et la mise en place d’un péage piéton pour les porteurs voulant passer dans les entrepôts commerciaux.

La nouvelle politique avait alors provoqué une vague de protestations de la part des porteurs poussés par leurs patrons et depuis, le passage de Sebta a perdu une bonne partie de sa fluidité avec des embouteillages monstres, devenus habituels.

Afin de réduire la pression sur la frontière, les autorités de Sebta ont récemment mis en place une zone tampon, à quelques kilomètres de la frontière et par laquelle les véhicules doivent passer avant de rejoindre la frontière, une solution qui n’a pas donné satisfaction.

Gibraltar, l’exemple à suivre

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Gibraltar avec 6 km2 de superficie, (l’équivalent d’un quartier à Casablanca), fait figure de nain. Par contre, en l’espace de 15 ans elle est devenue un géant mondial en matière de jeux et de paris en ligne. Les jeux de hasard y sont autorisés depuis 2005. Actuellement, ils emploient plus de 3.000 personnes et participent pour plus d’un tiers dans le PIB du Rocher. Mais les effets du Brexit risquent d’être durs sur son économie qui souffre de ses liens très étroits avec celle du Royaume-Uni. En effet, même si Gibraltar a rejoint l’UE en tant que territoire associé, il a énormément profité de l’adhésion de l’Angleterre et a pu développer et diversifier son économie qui était en 1980 presque exclusivement centrée sur le secteur de la Défense. A l’époque le ministère de la défense anglais était le principal client de l’économie du Rocher avec 60%, une part qui a été réduite dans un rapport de dix.

De notre correspondant permanent, Ali ABJIOU

 

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