×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Competences & rh

    Travail temporaire: «La caution est injuste pour les cabinets de recrutement»

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5427 Le 08/01/2019 | Partager
    La somme imposée freine les investissements dans le secteur
    L’AMCR souhaite revoir les critères d’obtention de l’autorisation d’exercer
    abdelaziz_bennis_027.jpg

    Abdelaziz Bennis, président de l’Association Marocaine du conseil en recrutement (AMCR) et DG de IBB Executive Search (Ph. A.B.)

    - L’Economiste: Selon l’article 482, les cabinets de recrutement devraient également payer leur caution. Pourquoi cette loi est elle contestée?

    - Abdelaziz Bennis: Cette situation singulière trouve son origine dans la confusion que fait la loi entre le métier des agences d’intérim et celui des cabinets de recrutement. Une agence d’intérim a pour rôle de «détacher» un salarié auprès d’une entreprise pendant une période déterminée. Ce dernier est donc lié à l’agence par un contrat de travail. A ce titre, elle a la responsabilité légale de rémunérer son salarié et de régler aux organismes concernés les cotisations sociales, l’impôt sur le revenu et autres taxes. Le cabinet de recrutement, lui, conseille une entreprise dans ses recrutements, et suite à un processus de recherche et d’évaluation, il propose des candidats à l’entreprise. Dans ce cas, il n’a aucun engagement contractuel envers le profil sélectionné. Par ailleurs, il se trouve que par le passé des agences d’intérim se sont avérées défaillantes. Elles n’ont pas honoré leurs engagements envers leurs salariés intérimaires et les organismes sociaux. Selon les explications fournies à l’AMCR, la caution de 1,5 million de DH a été instaurée par le législateur pour garantir et couvrir ces défaillances. Puisqu’un cabinet de recrutement n’a aucun engagement financier envers ses candidats ni envers les organismes sociaux, il apparaît donc logique qu’il ne peut y avoir de risque de défaut de paiement.

    - Quelles sont vos attentes par rapport au ministère de l’Emploi?
    - Au nom de l’Association, je tiens à souligner que cette caution est injuste et contraignante pour les cabinets de recrutement. Il ne s’agit pas uniquement d’un engagement bancaire, mais du déblocage de fonds. D’une part, les cabinets n’ont pas la capacité à mobiliser éternellement ce montant. Et s’ils le faisaient, ce serait un véritable frein au développement du secteur et des investissements. D’autre part, même les banques ont du mal à justifier le déblocage de cette caution car elles doivent y associer un risque. Et ce risque est inexistant. Nous avons d’ores et déjà demandé à la tutelle la suppression de cette caution, laquelle s’est montrée favorable et compréhensive. Nous attendons maintenant le changement du code du travail.

    - Qu’en est-il de l’autorisation d’exercer?
    - Justement, cette caution n’est qu’une partie du problème. La loi conditionne son versement à la délivrance par le ministère de l’Emploi d’une autorisation d’exercer le métier du recrutement. Nous sommes favorables au maintien de cette autorisation. Toutefois, nous estimons qu’elle doit être délivrée suivant des critères objectifs à l’image de ce qui se pratique pour d’autres professions libérales telles que les experts-comptables, les avocats, les notaires… Nous étudions cela avec le ministère de l’Emploi.

    Propos recueillis par Tilila EL GHOUARI

     

     

     

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc