Dossier Spécial

Rétrospective 2018 - Une année politique mouvementée

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5422 Le 28/12/2018 | Partager

L’année qui s’achève a été marquée par une série de rebondissements ayant marqué la scène politique. A commencer par le rappel à l’ordre royal, ayant mis partis et responsables politiques face à leurs responsabilités. Au sein de la majorité, les guéguerres internes se sont poursuivies, fragilisant davantage la coalition gouvernementale, en vertu des assurances de Saâdeddine El Othmani sur la cohésion de son équipe.

■ Dures journées pour les responsables politiques

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Le 30 juillet dernier, responsables politiques et chefs de partis retenaient leur souffle. Le discours du Trône a dressé un bilan sévère, remettant en cause leur performance. «Acquittez-vous pleinement des missions qui sont les vôtres, ou bien éclipsez-vous», avait martelé le Souverain. Lors de ce discours, le Roi a insisté sur l’importance de la mise en marche effective du principe de reddition des comptes. «Ne conviendrait-il pas de destituer tout responsable à chaque fois qu’on établit une négligence ou un manquement de sa part dans l’exercice de ses fonctions». Le rappel à l’ordre royal a résonné dans toute la scène politique. Quelques jours après, un communiqué du Cabinet royal annonçait le limogeage de Mohamed Boussaid, ministre des Finances. La décision intervient dans le cadre du principe de reddition des comptes que le Roi est soucieux d’appliquer à tous les responsables, quels que soient leur rang ou leur appartenance, selon le communiqué officiel. Les critiques formulées par le Souverain ont concerné également l’Administration. Celle-ci a été appelée à couper avec les pratiques actuelles et s’inscrire dans la logique de la performance, à l’instar du privé. Le ton du discours royal traduisait la gravité de la situation, dans un contexte marqué par les événements d’Al Hoceïma, qui pouvaient se produire dans d’autres zones, souffrant des mêmes déficits.

                                                            

■ Les instances de gouvernance relancées

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Les différentes instances de gouvernance prévues par la Constitution se remettent en marche. Certaines, comme le Conseil de la concurrence, étaient en stand-by depuis quelques années. Avec la nomination, durant ce mois, de Driss Guerraoui à la tête de cette institution, elle devra reprendre du service. Surtout que son implication effective dans la régulation de la concurrence au sein de certains secteurs stratégiques est très attendue. Idem pour l’Instance de probité et de prévention de la Corruption. Le Roi vient de nommer Mohamed Bachir Rachdi, ancien membre du CESE, en tant que président de cette instance, appelée à accompagner l’implémentation de la stratégie nationale de lutte anti-corruption, considérée par la société civile comme «mort-née». Le Médiateur a également connu un renouvellement de ses structures, avec la désignation de Mohamed Benalilou à sa tête. Idem pour la HACA, avec la nomination de Latifa Akharbach, qui connaît bien les rouages du secteur. Les nominations royales aux instances de gouvernance ont également concerné le CESE, avec le remplacement de Nizar Baraka par Ahmed Réda Chami, ex-ambassadeur du Maroc à l’UE, qui s’était illustré lors de son mandat à la tête du ministère de l’Industrie.

                                                            

■ La majorité en rangs dispersés

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En dépit des assurances de Saâdeddine El Othmani, la fragilité de la majorité est un secret de polichinelle. Un constat confirmé par les guéguerres qui ont rythmé la vie politique en 2018. Après l’année dernière, marquée notamment par le blocage de la formation du gouvernement, la tension n’est pas tombée cette année. L’instance de la majorité, prévue par la charte signée par les partis de l’alliance, ne s’est réunie que quelques fois, sans réussir à apaiser les relations entre ses membres, particulièrement entre le PJD et le RNI. La fragilité de la majorité s’est confirmée également lors de l’élection du président de la Chambre des conseillers. Hakim Benchamach, patron du PAM, parti de l’opposition, a été réélu haut la main, face à Nabil Chikhi, candidat du PJD, qui n’a obtenu que les voix des membres de sa formation. Certains observateurs ont estimé que «certains partis sont présents dans cette majorité en traînant les pieds».

                                                            

■ Retour du service militaire

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C’est un sujet qui a suscité beaucoup de débats. Le rétablissement du service militaire obligatoire est considéré comme un pas décisif vers la réconciliation des jeunes avec les principes de citoyenneté, discipline, dévouement et service de la patrie. Cela concerne particulièrement la génération des «ni-ni», livrée à elle-même, sans formation ni emploi. Le projet de loi relatif au rétablissement du service militaire est actuellement au Parlement, après son adoption au Conseil des ministres, présidé par le Roi. Le dispositif, qui sera opérationnel dès 2019, concerne tous les Marocains de 19 à 25 ans, hommes et femmes, pendant une durée de 12 mois. Les déserteurs risquent des peines d’emprisonnement de 1 à 3 mois et une amende de 2.000 à 5.000 DH.

                                                            

■ Déconcentration: La nouvelle charte adoptée
Très attendue depuis des années, le projet de Charte nationale de la déconcentration a été finalement adopté en Conseil du gouvernement en octobre dernier. Ce texte, actuellement au Parlement, est décisif pour l’effectivité de la régionalisation avancée. L’idée est de favoriser une mise en œuvre intégrée et complémentaire des politiques publiques au niveau territorial. Le nouveau projet fixe les objectifs de la déconcentration, les mécanismes de sa mise en œuvre et la répartition des attributions entre les services centraux et déconcentrés.

M.A.M.
 

 

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