Economie

Le premier projet agricole intégré opérationnel

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5422 Le 28/12/2018 | Partager
Deux régions, 8.500 petits exploitants bénéficiaires
1,3 milliard de DH, le coût annuel de la dégradation des sols
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Le don du Fonds mondial de l’environnement a servi essentiellement à financer les surcoûts dus à l’intégration des mesures de conservation des sols et de la biodiversité dans des projets sélectionnés

Le projet Agriculture solidaire et intégrée (Asima) est totalement réalisé. A fin décembre 2018, toutes ses composantes, formation, plantations et construction d’unités de valorisation ont été achevées. Ceci, après un délai de grâce d’une année. Premier projet à avoir bénéficié d’un don du Fonds de l’environnement mondial (FEM), il devait être «livré» le 31 décembre 2017. Sa présentation a eu lieu la semaine dernière en présence des divers partenaires nationaux et internationaux.

D’un coût de 411 millions de DH, dont 15% sous forme de don du FEM de la Banque mondiale, le projet est  mis en œuvre au niveau des régions de Souss-Massa et de Marrakech-Safi sous la supervision de l’Agence pour le développement agricole (ADA). Il vise l’intégration de mesures de conservation des sols et de la biodiversité par plus de 8.500 petits agriculteurs dont 20% de femmes. Le tout, autour de 7 projets d’agriculture solidaire (Pilier II) réalisés dans 114 communes.

Selon les responsables de l’ADA, Asima a permis aux petits agriculteurs d’améliorer leurs revenus, tout en tirant le meilleur profit des ressources naturelles parfois limitées. Sa contribution  à la conservation des sols et de la biodiversité se manifeste à travers  les mécanismes et outils mis en place. Il s’agit de la gestion durable des déchets oléicoles par la construction des bassins d’accumulation des margines, l’intégration interfilière par la fabrication d’aliment de bétail, la production des plantes aromatiques et médicinales pour la conservation de la biodiversité ainsi que la protection d’espèces apicoles, notamment l’abeille jaune.

L’objectif est d’optimiser les interventions de conservation des sols et de sauvegarde de la biodiversité via  l’appui à l’agriculture solidaire. Outre la reconversion des cultures vivrières en plantations arboricoles (olivier en particulier), l’intégration se fait aussi de manière horizontale pour diversifier les sources de revenus pour les agriculteurs.

Une approche qui permet une meilleure gestion des risques, notamment climatiques. Et partant, de promouvoir une agriculture durable. Valeur aujourd’hui, six unités de valorisation des sous-produits ont été construites, équipées et mises en marche. Il s’agit d’un complexe apicole regroupant 2 unités de valorisation  dans la région de Marrakech.

La même région  a également bénéficié d’une autre unité dédiée aux plantes aromatiques et médicinales. Rhamna, Essaouira ont été de leur côté dotées d’unités de transformation des produits de cactus et de l’arganier. (Détail dans le tableau ci-contre).

En plus des unités de valorisation installées, équipées et mises en marche, trois bassins d’accumulation des margines ont été construits et équipés pour le traitement de ce rejet des olives qui constitue un défi majeur pour l’environnement.

Une expérience à dupliquer

L’agriculture constitue un levier de croissance de l’économie. Elle représente en moyenne 12 à 14% du PIB, 23% des exportations et emploie près de la moitié de la population active. La moitié du PIB agricole du Maroc et 75% de ses exportations agricoles sont générées par l’agriculture productiviste. L’autre moitié  vient de petits exploitants agricoles pratiquant essentiellement des cultures pluviales sur des terres situées dans les zones marginales.
Le secteur agricole marocain fait face à plusieurs défis, y compris la dégradation des sols qui constitue un défi important pour le Maroc, avec un coût annuel de 134 millions de dollars. Les terres sont à 93% arides et semi-arides et les sols sont fragiles en raison de leur teneur en matières organiques inférieure à 2%. Il en résulte que les petits agriculteurs se trouvent confrontés aux défis de la pauvreté, la marginalisation et la dégradation de l’environnement.
A cet égard et pour faire face aux différents défis du secteur agricole marocain, le gouvernement marocain a engagé un changement de paradigme, passant d’une stratégie de haute protection de l’agriculture avec un objectif d’autosuffisance à une stratégie plus orientée vers le marché, mettant l’accent sur l’intégration de la valeur ajoutée tout au long de la filière agroalimentaire. L’objectif est de créer de meilleures opportunités pour les petits et grands agriculteurs. D’où l’opportunité de dupliquer le projet Agriculture solidaire intégrée.

A.G.

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