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    Sotravo: Les créanciers se bousculent au portillon

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5422 Le 28/12/2018 | Partager
    Cascade de saisies après le recours de Lahjouji au tribunal
    Ciments du Maroc, LPEE et métallurgistes réclament leur argent
    L’ADN d’une société de BTP dirigée par un ex-président de la CGEM
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    Le tribunal de commerce de Casablanca où se déclarent les créanciers impayés (Ph. L'Economiste)

    L’Economiste a eu accès au Registre de commerce de la Société marocaine des travaux et entreprises générales (Sotravo). L’information est publique, accessible au tribunal de commerce de Casablanca et à l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale.

    Ce document figure parmi les pièces fournies à la justice et exigé par le code de commerce pour demander un plan de sauvegarde. Le PDG de Sotravo et ex-président de la CGEM, Abderrahim Alami Lahjouji, a pu obtenir cette mesure pour son entreprise en difficulté financière (cf. L’Economiste n°5420 du 26 décembre 2018).

    Sotravo est d’abord une structure familiale de BTP qui est à sa 3e génération. Père, fils et fille y sont actionnaires. Le tour de table compte aussi des proches de cette société anonyme au capital de 80 millions de DH. Outre les actionnaires, le Registre de commerce liste les inscriptions,  nantissements, crédits-bails, saisies conservatoires et jugements...

    Cinq nantissements de fonds de commerce y sont inscrits par des établissements financiers privés et publics, Attijariwafa Bank (AWB), la Banque centrale populaire (BCP) et la Caisse centrale de garantie (CCG). Le nantissement est un gage donné par le débiteur, Sotravo, à ses créanciers. Le montant global de ces emprunts est de 90 millions de DH dont la moitié revient à AWB.

    Cette banque a été la première, en mai 2001, à inscrire son nantissement. Elle l'a renouvelé à trois reprises depuis cette date. La dernière inscription remonte à février 2016. La BCP et la Caisse centrale de garantie ont procédé à une démarche similaire pour garantir leurs crédits, respectivement en octobre 2006 et en août 2017.

    Les cinq nantissements inscrits à ce jour doivent en principe expirer entre 2020 et 2022. Vu les difficultés financières de Sotravo, ses gages vont perdurer jusqu'au paiement de sa dette bancaire. Un détail pourrait compter pour démêler ce dossier judiciaire. Deux nantissements ont été inscrits le même jour, le 9 août 2017. L

    ’entreprise de la famille Lahjouji s’est endettée auprès de Attijariwafa Bank et la CCG. Y a-t-il eu cet été là un événement significatif pour emprunter 50 millions de DH d’un seul coup? Le management reconnaît en tout cas que ses ennuis financiers remontent à 2006. Le projet Ibn Battouta à Tanger expliquerait en partie les difficultés de Sotravo.

    D’autres données dans cette affaire: les saisies conservatoires engagées contre la société créée en 1961. L’Economiste en a comptabilisé près d’une quarantaine entre 1989 et 2018. La dernière saisie, du 17 décembre dernier, est exécutoire. Cette procédure induit la vente des biens mobiliers d’une entreprise débitrice. Elle a été initiée auprès du tribunal de commerce de Casablanca par le laboratoire public LPEE.

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    Cinq nantissements visent le fonds de commerce de Sotravo. Ce gage a été accordé pour obtenir des emprunts totalisant 90 millions de DH, selon le registre de commerce du mardi 25 décembre 2018

    Le faible montant de la créance, 12.000 DH, laisse penser que le créancier de Sotravo a perdu patience. En fait, l’établissement se prévaut de 4,4 millions de DH de créances entre 2017 et 2018. LPEE est l’auteur de 13 saisies sur 38, dont plus de la moitié engagée uniquement le 3 octobre 2018. Soit un mois après que le management ait déposé une requête au tribunal pour obtenir un plan de sauvegarde.

    C’est en réalité le spécialiste des ascenseurs, Otis Maroc, qui est passé à l’attaque en premier. D’autres fournisseurs, comme Ciments du Maroc et le Comptoir métallurgique marocain (CMM) du groupe Holmarcom, ont effectué des saisies conservatoires ces deux derniers mois.

    Des assureurs, tels que RMA Al Wataniya et Wafa Assurance, sont à leur tour sur la liste des récentes saisies visant l’entreprise en difficulté. La CNSS de Anfa a initié en 2016 et 2018 deux saisies d’un montant global de 120,8 millions de DH.

    Côté crédit bail, l’on relève quatre inscriptions au Registre de commerce de Sotravo. Wafabail et Maghrebail en sont les principaux bénéficiaires. Il s’agit de contrats de financement établis entre 2008 et 2016 pour l’acquisition de machines de BTP: pelle hydraulique, centrale à béton, grue et chariot élévateur.

    Une bataille s’annonce

    Les créanciers de Sotravo vont commencer à se manifester au tribunal de commerce de Casablanca. Certains, comme les banques et la CNSS, sont déjà identifiables au niveau du registre de commerce de l’entreprise de BTP. Le syndic judiciaire, Fahd El Mjaber, a pour mission de recueillir les déclarations de créances, les vérifier puis les valider totalement, en partie ou les rejeter. Les créanciers nationaux ont deux mois pour faire valoir leur droit auprès du syndic judiciaire, selon le code de commerce. Ce délai court à partir de la date de publication du jugement au Bulletin officiel, soit 8 jours après que le tribunal ait prononcé sa sentence en faveur d’un plan de sauvegarde pour Sotravo. Les déclarations de créances contestées finissent toujours par engendrer des litiges. La liquidation de Samir en est un exemple édifiant.
    Le syndic judiciaire va devoir aussi dresser un rapport «détaillé» sur le bilan financier, économique et social de l’entreprise. Son PDG, Abderrahim Alami Lahjouji, sera associé par la force de la loi à cette mission. C’est au vu de ce bilan que le syndic judiciaire propose au tribunal soit l’approbation du plan de sauvegarde soit sa modification. Voire le redressement ou la liquidation judiciaire de l’entreprise. Rien n’est donc encore gagné pour Sotravo. Même si elle n’est pas en cessation de paiement, selon le tribunal.

    Faiçal FAQUIHI

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