Politique

PAM: Benchamach dans la ligne de mire

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5421 Le 27/12/2018 | Partager
Les contestations réveillent le SG du PAM
Depuis son élection, le parti semble en hibernation
Une réunion du conseil national dans moins d’un mois

Rien ne va plus au PAM. Les contestations de son patron, par des responsables au sein du bureau politique et du bureau fédéral, ont fini par réveiller Abdelhakim Benchamach qui a présidé une réunion du bureau politique mardi avec un seul point à l’ordre du jour: la situation interne de la formation.

A l’issue de cette rencontre boycottée par ses adversaires, un communiqué de presse publié stigmatise le comportement qualifié d’«hors jeu» de certains responsables. Ces derniers sont accusés d’avoir tenu une réunion en dehors des structures du parti au cours de laquelle ils ont appelé à la dissolution du bureau politique, du bureau fédéral et la désignation d’un comité restreint chargé de diriger la formation jusqu’à la tenue en juin prochain d’un congrès extraordinaire pour élire un nouveau secrétaire général.

Selon le communiqué, «ce comportement est rejeté par la base du parti parce qu’il est lié à des visées de renversement de la légalité démocratique et à la cupidité de certains par rapport aux responsabilités au sein des institutions du parti. C’est aussi une tentative de prendre en otage la volonté des militants». Le parti dégage sa responsabilité pour les réunions qui se tiennent en dehors de ses instances.

Dans le même élan, le bureau politique a invité la présidente du conseil national, sans la nommer, à démarrer les préparatifs pour la tenue d’une réunion de cette instance dans un délai ne dépassant pas un mois. Fatima Zahra Mansouri sera saisie par écrit.

Le communiqué rappelle par la même occasion aux membres du bureau politique de programmer des rencontres avec des responsables dans les provinces pour discuter de la mise en œuvre de projets retenus par le PAM. De même, une réunion du bureau politique avec le bureau fédéral est programmée pour le 5 janvier prochain et une autre avec les deux groupes parlementaires le 13 du même mois.

Il est incontestable que ce communiqué, loin d’initier une politique de la main tendue aux contestataires pour un retour au bercail et cimenter le front interne, constitue un point de rupture. Pourtant, les contestations peuvent être interprétées comme un signe de bonne santé démocratique et une pluralité des opinions au sein d’une même formation, composée de militants venant d’origines diverses, allant de la gauche, voire de l’extrême gauche, à la droite.

En fait, depuis l’arrivée de Abdelhakim Benchamach à la tête du secrétariat général en mai dernier, le parti est entré dans une phase d’hibernation. A part les divers forums qu’il organise et ses longs discours à la Chambre des conseillers, le patron de cette formation est totalement absent de la scène politique au point que certains s’interrogent sur sa véritable mission.

Certains dans le parti ou à l’extérieur ne comprennent toujours pas les raisons objectives ayant poussé Ilyas El Omari à présenter sa démission. Pourtant, c’est sous son mandat que le PAM a réalisé des scores flamboyants (102 sièges à la Chambre des représentants en 2016 contre 47 au cours du mandat précédent).

Outre ces performances, il a décroché une année avant les élections, la présidence de 5 grandes régions que sont Casablanca-Settat, Marrakech-Safi, l’Oriental, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Béni Mellal-Kénifra. Malgré ces exploits, Ilyas El Omari a préféré jeter l’éponge avant même de terminer son mandat de secrétaire général.

Visiblement, le PAM n’arrive pas encore à tourner la page de son ancien patron. De son côté, Benchamach a du mal à enclencher une dynamique positive autour d’un projet politique. Il n’a pas non plus réussi à imprimer un rythme, ce qui risque d’influencer ses performances électorales.

Ses détracteurs lui reprochent une gestion administrative et autoritaire de la formation politique. Pour convaincre, ils citent les mesures disciplinaires prises par le secrétaire général contre notamment un président de région et un responsable provincial du parti.

Dans l’opposition, il ne fait pas mieux. Malgré son poids numérique, le PAM n’a pas un grand impact sur le contrôle du gouvernement ou en tant que force de propositions. Cela est lié à la nature du groupe parlementaire, composé en majorité de nouveaux profils.

Les députés de l’ancien mandat étaient plus dynamiques comme notamment Milouda Hazibe, Younès Sekkouri ou Mehdi Bensaid. Ils avaient une plus grande visibilité dans les débats au sein du Parlement. Toujours dans l’opposition, le parti n’a pas réussi à engranger des synergies avec d’autres formations politiques dont notamment l’Istiqlal.

Problèmes organisationnels

LE parti a été plombé par ses problèmes organisationnels, le départ non programmé d’Ilyas El Omari, son remplacement par Abdelhakim Benchamach et les tensions liées à cette transformation interne. Lors de cette élection, l’absence d’une candidature sérieuse avait quelque peu dorloté le nouveau SG qui s’est considéré en terrain acquis. En plus, le nouveau patron est partagé entre ses deux fonctions, président de la Chambre des conseillers et secrétaire général du PAM alors que la restructuration de cette formation et la préparation des prochaines échéances électorales exigent plus de présence et une plus grande implication dans sa vie interne. Finalement, le parti a perdu certaines de ses grandes figures qui se sont mises en retrait comme Mohamed Cheikh Biadillah, Mustapha Bakkouri ou Hamid Narjisse. Les tentatives de marginalisation de Fatima Zahra Mansouri pour l’écarter de la présidence du conseil national s’inscrit dans une logique qui consiste à faire taire les voix dissonantes.

Mohamed CHAOUI

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