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    Atlantic Dialogues: Protectionnisme pour certains, nouvel ordre économique pour d’autres

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5413 Le 17/12/2018 | Partager
    Madeleine Albright: «La mondialisation, une arme à double tranchant»
    Le multilatéralisme aujourd’hui de plus en plus malmené
    L’occasion pour l’Afrique de sortir son épingle du jeu
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    L’ancienne secrétaire d’Etat américaine, Madeleine Albright, était invitée à débattre de la question de la globalisation, source de ressentiments, pour la 7e édition des Atlantic Dialogues (Ph. PCNS)

    Afrique, Caraïbes, Europe, Amérique latine et Etats-Unis. Toutes les parties prenantes de cet espace géostratégique se sont donné rendez-vous à Marrakech à l’invitation du Policy Center for the New South (PCNS), le nouveau nom de l’OCP Policy center.

    La 7e édition des Atlantic Dialogues a été l’occasion de se pencher sur les changements rapides survenus de tous les côtés de l’Atlantique ces dernières années, grippant quelque peu le dialogue entre les États. L’ancienne secrétaire d’Etat américaine, Madeleine Albright, a parlé de la question de la globalisation, source de ressentiments. «

    La mondialisation n’a pas de visage, c’est une arme à double tranchant», prévient-elle. Mais comment être contre aujourd’hui? «Nous ne le pouvons pas, nous sommes tous mondialisés, qu’on le veuille ou non. Il s’agit plutôt de se concentrer sur ses conséquences», enchaîne Pedro Pires, ancien président du Cap-Vert.

    Ajoutant que «l’Afrique a été perdante dans toutes les phases de la mondialisation. Elle doit s’organiser». S’organiser, se prendre en main, agir… ont été les mots clés de ces débats. «Je vois un continent qui se construit et qui augure un avenir merveilleux», rassure Albright. Mais la route est longue.

    «Tous à la rescousse pour créer des marchés et des opportunités»

    «Rien ne tient du miracle, continue Pires, pour dépasser le sous-emploi, le chômage et même l’immigration, il faudra faire des efforts sur des dizaines d’années». Avec un grand défi en ligne de mire, celui d’une éducation de qualité. La tâche est déjà énorme mais c’est sans compter le boom démographique annoncé sur le continent.

    «Nous ne grandissons pas assez vite pour répondre aux millions de jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi. Il y a urgence!» alerte Paulo Gomes, homme d’affaires et acteur clé sur la scène politique de la Guinée-Bissau. Alors comment mobiliser les ressources pour tenter de répondre aux besoins présents et futurs?

    «Les jeunes ont des idées brillantes, montent des startups mais ont besoin d’argent. C’est là que le secteur privé devrait investir», propose Bineta Diop, fondatrice de l’ONG Femmes Africa Solidarité et du Centre panafricain pour le genre, la paix et le développement.

    «Nous devons aussi avoir plus de femmes en politique dans nos pays, nous en avons besoin en ces temps de transition de l’Afrique», ajoute-t-elle. Les jeunes, les femmes, le secteur privé, la diaspora aussi, tous à la rescousse pour créer des marchés et des opportunités.

    «La jeunesse doit comprendre qu’il lui faut s’engager en politique pour initier ce nouveau monde. A défaut, d’autres le feront et n’auront pas forcément le même point du vue», conseille Gomes. Compter sur le vieillissement des populations du nord pour absorber le contingent toujours plus grand de jeunes africains?

    «Je ne pense pas que la migration soit une réponse, tout au plus un élément d’ajustement. De nouvelles politiques publiques entre le nord et le sud doivent être mises en place pour répondre aux besoins des gens», précise Mabingue Ngom, directeur régional de l’United Nations Population Fund.

    En effet, pour la militante Diop, «il faut ancrer notre jeunesse chez nous, construire une industrie africaine basée sur nos ressources à n’en plus finir. Veillons à les transformer sur place, en Afrique, au bénéfice des Africains». Et comme elle le rappelle, le commerce intra-africain ne représente que 15%, alors que le commerce entre pays européens pèse 68%, 48% entre pays asiatiques et 20% en Amérique latine. Une bonne piste.

    «Avec l’administration Trump, nous revenons à la souveraineté»

    «Il y a une crise indéniable du multilatéralisme qui serait peut-être plus une crise de puissance car le monde est désormais multipolaire. Et des entités, jadis négligées, telles que l’Afrique et les pays émergents, appellent à une redéfinition de la gouvernance mondiale», rappelle Rachid El Houdaigui, collaborateur au PCNS. En effet, «avec l’administration Trump, nous revenons à la souveraineté», confie Albright.

    «Mais il aura peu d’impact dans cette région, sa priorité et ses préoccupations allant vers une autre ascension, celle du triangle Chine, Inde et Russie», continue-t-elle. Si ce nouvel ordre économique en effraie certains, d’autres, comme Ricardo Melendez-Ortiz, co-fondateur du Centre international pour le commerce et le développement durable, qui y voit l’occasion de réveiller ce qui était dormant.

    «Des effets positifs sont envisageables comme la réforme possible de l’OMC afin de corriger les faiblesses dans sa fonction de négociateur, mais aussi le développement d’un esprit d’intégration régionale aux quatre coins du monde».o

    J.A.

     

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