Economie

Conférence intergouvernementale sur les migrations: Le calvaire des jeunes migrants

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5408 Le 10/12/2018 | Partager
Agression, privation,... lourdes séquelles physiques et psychologiques
Les premiers résultats d’une enquête menée par l’Unicef

Contrairement aux clichés, ne migrent que ceux qui sont forcés, notamment lorsqu’il s’agit des jeunes. Une étude de l’Unicef vient de confirmer ce constat. Plus de la moitié des jeunes ayant participé à une enquête menée auprès de quelque 4.000 jeunes migrants et réfugiés âgés de 14 à 24 ans indiquent avoir été forcés à quitter leur pays.

Quelque 44 % d’entre eux sont partis seuls. Les résultats de cette enquête viennent d’être publiés à la veille de la tenue du sommet intergouvernemental sûr les migrations qui devra aboutir à l’adoption d’un pacte mondial pour une migration sûre et positive. Un sommet qui démarre aujourd’hui en présence de plusieurs dirigeants du monde entier afin de définir une approche commune qui traite chaque aspect des migrations.

Intitulé «A Right to be Heard: Listening to children and young people on the move (Le droit d’être entendus: à l’écoute des enfants et des jeunes en mouvement), le rapport de l’Unicef a été présenté le 8 décembre dernier. Il fournit justement un aperçu alarmant des difficultés et des privations subies par les jeunes réfugiés et migrants durant leur périple à la recherche de sécurité et d’une vie meilleure.

Près de 90 % des jeunes ayant participé à l’enquête se trouvaient dans des pays situés en Afrique, en Asie et en Europe. Leurs réponses provenaient de pays de départ de migrants et réfugiés tels que la République arabe syrienne ou l’Ukraine, par exemple, ou de pays d’accueil, comme l’Allemagne, la Turquie ou l’Ouganda. Fait tout aussi inquiétant, le manque de soutien à ces jeunes migrants et réfugiés.

Les résultats de l’enquête révèlent en effet la présence de lacunes considérables dans le soutien et les services mis à la disposition des jeunes déracinés. A peine 11% d’entre eux bénéficient d’une aide des organismes onusiens. «Pendant que les responsables politiques se querellent sur les migrations, 4.000 enfants et jeunes déracinés nous disent manquer de soutien», indique Laurence Chandy, directeur des données, de la recherche et des politiques de l’Unicef.

«Nous devons faire de grands progrès pour écouter ces enfants qui jouent leur vie et échanger avec eux. Cette enquête nous montre que les enfants déracinés peuvent nous apprendre beaucoup de choses sur leurs besoins et leurs vulnérabilités, pour peu que nous soyons disposés à les écouter».

Premières victimes de la migration, les enfants sont aussi exposés aux abus en tout genre, à la traite des humains, à l’agression physique et psychologique. Pour la plupart des enquêtés, les moments les plus durs furent les traversées, d’autres ont évoqué les terribles conditions de détention des migrants en Libye.

Dans le monde, environ 30 millions d’enfants migrants et réfugiés ont dû fuir leur foyer pour échapper à des conflits violents, des catastrophes naturelles ou dans l’espoir d’une meilleure vie. Une perte d’une génération entière. Des millions d’enfants et d’adolescents passent leur vie en tant que personnes déplacées, sans perspectives d’avenir positives. Le pacte s’il ne reste pas lettre morte pourrait changer leurs vies.

Pourquoi

■ 57 % des enquêtés ont été forcés à quitter leur pays à cause de la violence ou d’un conflit
■ 44 % ont quitté leur pays seuls
■ 58 % ont indiqué avoir perdu une ou plusieurs années de scolarité
■ 49 % ont indiqué ne pas avoir vu un médecin quand ils en ont eu besoin
■ 38 % n’ont reçu aucune aide de quiconque: ni de leur famille, de leurs amis ou des institutions

Badra BERRISSOULE

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