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    Dossier Spécial

    Délais de paiement: La situation empire

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5401 Le 29/11/2018 | Partager
    30 jours de plus qu’en 2017 dans l’ensemble des secteurs
    Technologie, transports, industrie pharmaceutique en tête
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    Tawfik Benzakour, DG d’Euler Hermes Acmar: «Selon l’étude annuelle de 2017 publiée par Euler Hermes, le délai moyen de paiement des clients (Days Sales Outstanding) au Maroc dépasse de loin celui à l’échelle mondiale» (Ph. privée)

    Euler Hermes, leader mondial de l’assurance-crédit, en partenariat avec BMCE Bank of Africa, Allianz Maroc, tient ce jeudi 29 novembre pour la 6e année consécutive, l’Observatoire international du commerce. Le portefeuille de risque surveillé par l’assureur s’élève à près de 85 milliards de DH sur une quarantaine de pays africains. Un volume de transaction qui lui permet de relever que les délais de paiement ont sensiblement augmenté.

    - L’Economiste: Comment les délais de paiement ont-ils évolué par rapport à 2017?
    - Tawfik Benzakour:
    Euler Hermes Acmar a la charge du «scoring» et de la surveillance d’un portefeuille de risques de près de 85 milliards de DH répartis entre 40 pays africains, dont 55% afférents au Maroc. Un tel volume de transactions en «monitoring», de plusieurs dizaines de milliards de dirhams, représentant l’exhaustivité des pans de notre économie, permet une analyse suffisamment fine et pertinente de la situation des paiements au Maroc.
    A ce titre, nous pouvons noter que la tendance se confirme. Les délais de paiement ont sensiblement augmenté en 2018, comparativement à 2017.

    - Quels sont les secteurs où les retards de paiement sont les plus longs?
    - Au Maroc, les secteurs de la technologie (140 jours), des transports (114 jours), de l’industrie pharmaceutique (95 jours), des BTP (85 jours) et des services aux collectivités (79 jours) affichent les délais moyens de paiement des clients les plus élevés. Les délais les plus courts concernent la distribution (43 jours), le pétrole & gaz (46 jours), devant l’alimentaire (62 jours) et la métallurgie (71 jours). Sur la base de nos analyses internes, mais également de l’exploitation des notifications d’incidents de paiement émanant de nos assurés, il est possible de quantifier une augmentation en 2018 par rapport à 2017 autour de 30 jours de retard de paiement supplémentaires avec une dégradation des délais de paiement qui touche de plus en plus l’ensemble des secteurs.

    - Le boycott de certains produits et marques va-t-il impacter le business en 2018?
    - Les produits en question étant de toute première nécessité (lait, eau, hydrocarbures…), mécaniquement, la consommation des «boycotteurs» s’est redéployée vers des concurrents des firmes concernées. De ce fait, les secteurs d’activité concernés n’ont pas été impactés dans leur globalité, même si les performances des firmes spécifiques ont vraisemblablement pu pâtir d’un tel état de fait.

    - La succession d’incidents de paiement à l’import apparaît-elle dans votre portefeuille?
    - Tout à fait, une augmentation générale et significative des incidents de paiement a été effectivement observée dans notre portefeuille.

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    Les délais de paiement clients restent désespérément scotchés à 83 jours au Maroc, portant en germe le risque d’un accroissement des défaillances d’entreprises

    - Le dernier classement Doing Business du Maroc reflète-t-il le comportement des paiements des entreprises?
    - Pour répondre précisément à la question, il faut rappeler que le classement Doing Business se base sur des critères spécifiques (facilité de création d’une entreprise, facilité d’obtention de permis de construire, accès au réseau électrique, facilité d’accès au financement…), qui ne se basent pas nécessairement sur le comportement des paiements interentreprises. A ce titre, il convient de souligner le fait que ce sont notamment les excellents scores en termes d’obtention d’un permis de construire (18e mondial), de paiement des impôts et taxes (25e mondial) et de création d’entreprises (34e mondial) qui tirent le classement final de notre pays au titre du Doing Business 2019 (60e mondial). En revanche, nos classements en termes d’obtention de prêts (112e), renseignant ainsi sur la difficulté, pour certaines entreprises marocaines, de renflouer leur trésorerie à court terme en périodes de crises ponctuelles, ou encore d’exécution des contrats (68e mondial) peuvent trouver un écho dans le comportement de paiements des entreprises.

    - Quelle évaluation Euler Hermes fait-elle du règlement judiciaire des contentieux commerciaux?
    - Revenons-en, pour répondre objectivement à la question, au score Doing Business 2019 de notre pays, en termes de règlement de l’insolvabilité. En 2018, Le Maroc a pu réformer son code du commerce et visiblement a fourni beaucoup d’efforts pour passer de la 134e place à la 71e place.  Mais il faut noter que notre classement au titre de cette composante reste et est significativement éloigné de notre classement global final (60e mondial), renseignant ainsi sur les efforts à poursuivre dans ce domaine pour notre pays, d’autant plus que l’analyse plus détaillée de ces sous-composantes révèle des éléments clairement perfectibles, notamment le taux de récupération des créances (29% dans notre pays, 71% dans l’OCDE), le temps de procédure (3,5 années au Maroc contre 1,7 année dans l’OCDE) ou encore le coût du recouvrement (18% du capital au Maroc, contre 9% dans l’OCDE).

    Propos recueillis par Hassan EL ARIF

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